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Ils s'équipent

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Voici quelques exemples de sociétés qui viennent de compléter l'équipement de leurs bureaux d'études. Leurs responsables nous expliquent leurs motivations. Cette semaine : Renault F1 ; Johnson Screens.


Renault F1 met l'emphase sur la simulation aérodynamique

On sait que l'aérodynamique est un facteur crucial pour la victoire en Formule 1. Afin de renforcer ses capacités dans ce domaine, l'écurie ING Renault F1 vient de faire, pour un montant d'environ 50 millions de dollars, l'acquisition d'un nouveau super-calculateur auprès de Appro.

Celui-ci, un Xtreme-X2, fournira aux spécialistes de la mécanique des fluides de l'écurie, une capacité de calcul cinq fois supérieure à celle de l'équipement précédent. La puissance de calcul installée sera en pic de l'ordre de 38 TFlops (un Tera Flops est égal à mille milliards d'opérations en virgule flottante par seconde).



Il servira essentiellement à faire tourner le code Star-CD de CD Adapco dont la gestion et le stockage des résultats de simulation seront confiés à NetApp. Il servira aussi a faire tourner des applications d'aérodynamique propriétaires développées en collaboration avec Boeing.

Ce super-calculateur sera installé dans les semaines qui viennent à l'usine d'Enstone en Grande-Bretagne, à proximité de la soufflerie qu'il complétera. Il permettra dans un premier temps de comprendre parfaitement et d'optimiser le fonctionnement aérodynamique de la R28 qui court cette saison, et sera un véritable atout dans le développement de la future R29, qui devra répondre à une réglementation totalement nouvelle de la FIA concernant l'aérodynamique. Notons qu'en décembre 2006 BMW Sauber a déjà fait un choix similaire avec un système d'une puissance de 12 TFlops et a ainsi développé sa voiture pour la saison en cours. Un exemple suivit par AT&T Williams Formula One, qui c'est équipé en juillet 2007 d'un super-calculateur ayant une puissance de 8 TFlops.

« Nous utilisons la simulation en mécanique des fluides depuis 1995, mais nos premiers vrais investissements en supercalculateurs dédiés à cette application remontent à 2004. Nous nous réjouissons de pouvoir disposer de ce nouveau matériel d'ici la fin juin, car il va sensiblement améliorer nos capacités de simulation en mécanique des fluides », explique Bob Bell, directeur technique de l'ING Renault F1 Team. « Appro non seulement nous a offert une solution rentable, mais a également amélioré notre spécification technique requise grâce à une meilleure fiabilité, une plus grande tolérance aux pannes et à la redondance du matériel ainsi qu'à une plus grande flexibilité quant à l'évolutivité du système ».

Outre la F1, cette nouvelle ressource en mécanique des fluides servira aussi aux efforts de recherche et de développement du groupe Renault-Nissan. « Ce nouveau centre va devenir un véritable centre d'excellence en aérodynamique externe pour l'ensemble des véhicules proposés par l'alliance Renault-Nissan », confirme Bob Bell.

Le Xtreme-X2 qui sera mis en place, est basé sur le processeur quadri-cÅ“ur à nÅ“ud de calcul de la série Opteron AMD (Quad-Core AMD Opteron). Ainsi configuré, l'ordinateur dispose d'une capacité de pointe de 38 TF et est géré comme un seul système unifié. Le système dispose de 4,4 TB de mémoire locale de haute performance utilisable avec une bande passante globale de plus de 8 TB/s. Chaque nÅ“ud, qui comporte deux processeurs, a une capacité de pointe de plus de 70 GigaFlops. Les nÅ“uds de calcul sont interconnectés par un réseau Infiniband Interconnect, double rail, à vitesse de données double (Double Data Rate), ayant pour effet de réduire la latence entre les inter-processeurs et d'améliorer la fiabilité du système.

Hormis les superordinateurs, Appro va également livrer à ING Renault F1 Team, des stations de travail XtremeWorkstations basées sur les processeurs Quad-Core AMD Opteron, et également dotés d'une grande quantité de mémoire et de performance en traitement graphique.




« L'arrivée de ce nouvel équipement va nous permettre de modéliser beaucoup plus finement l'aérodynamique de notre voiture, tout en réduisant le délai d'obtention des résultats. La simulation va ainsi devenir aussi productive que les souffleries tout en étant beaucoup moins chère. Actuellement 90 % de nos développements aérodynamiques étaient faits de manière empirique à l'aide d'essais physiques dans la soufflerie et 10 % à l'aide de la simulation. Nous comptons rapidement porter cette part à 50 %. Autre gros avantage de la simulation numérique est de pouvoir réellement comprendre le fonctionnement aérodynamique de la voiture, alors que la soufflerie ne vous permet que de la constater. Le fait de disposer du plus gros outil de simulation numérique dédié à l'aérodynamique du plateau de F1 va aussi être un réel avantage en course, car il y a une corrélation directe entre le nombre de simulation que vous pouvez faire entre deux courses et l'amélioration des performances de la voiture », conclut Bob Bell.

Cet équipement va prendre place dans un centre en cours de construction. C'est APC qui fournira les racks ainsi que le système électrique et de refroidissement pour les serveurs qui équiperont ce centre. Les solutions d'APC dans le domaine de l'optimisation d'énergie ont d'ores et déjà été utilisées dans l'actuel centre de données de l'équipe qui permet de stocker 121 millions de MB sur 112 serveurs.

Sites des entreprises citées :
http://www.ing-renaultf1.com/fr/
http://www.appro.com


Johnson Screens accélère la conception de ses filtres grâce à Autodesk

Spécialiste de la fourniture de médias de filtration, Johnson Screens dispose d'une implantation internationale, avec plusieurs usines et bureaux en Europe, Afrique, États-Unis, Inde, Asie et Australie et emploie ainsi 1 500 employés dans le monde. Fondée en 1904 aux États-Unis par l'inventeur de la crépine à filtration continue, Johnson Screens est une filiale du groupe Weatherford. Elle offre son expertise dans de nombreux secteurs : le captage et le traitement de l'eau par différents procédés, l'agroalimentaire, le raffinage et la pétrochimie, la fabrication du papier ou encore l'architecture et la construction. En France, l'entreprise est présente sur deux unités de production : Châtellerault, qui fabrique des filtres industriels pour les secteurs de l'agroalimentaire et de l'industrie, c'est également le siège de la direction européenne, et Lille.

Les responsables du bureau d'études, composé de 6 projeteurs, se sont très tôt tournés vers la CAO et Autodesk, pour réaliser les plans de leurs produits et améliorer l'ensemble du processus de conception et de fabrication. « Nous faisons les plans de nos produits et nous avons donc besoin d'outils logiciels dans une perspective quotidienne de production. Nous avons commencé la CAO avec Autocad. Autocad Mechanical en a été la suite naturelle, plus centrée sur nos problématiques internes, de clientèle, mais aussi nos relations fournisseurs », explique David Bruxelle, responsable du bureau d'études chez Johnson Screens. Le passage de la 2D à la 3D s'est présenté comme une évidence, compte tenu de l'activité de la société et de ses besoins d'industrialisation de processus de sous-ensembles. « Nous nous sommes aperçus qu'il nous faudrait également acquérir un outil 3D. Nous avons donc fait le tour des éditeurs, mais souvent les produits concurrents demandaient un investissement trop lourd ».




L'évolution technologique des outils de conception du site a accompagné celle des machines, sous la direction du groupe, lui aussi largement équipée des solutions Autodesk. « Nous avons choisi de jouer la complémentarité entre Inventor et Autocad Mechanical depuis un an et demi. Une formation préalable a bien sûr été nécessaire, mais les 6 utilisateurs des 2 produits au sein du bureau d'études sont positifs sur cette cohabitation 2D-3D et sur l'amélioration des performances qui en découle », constate David Bruxelle.

Comme pour de nombreuses autres entreprises, le maintien des outils 2D performants était indispensable. Autodesk a donc assisté Johnson Screens dans cette migration en proposant Inventor pour la conception et la documentation 3D, la création des systèmes routés, la validation des conceptions, la gestion des données, comme Autocad Mechanical le permet pour les dessins 2D.
Aujourd'hui, les logiciels sont utilisés par Johnson Screens tant pour l'industrialisation de ses processus que pour modifier les plans existants. Près de 60 % de l'activité du bureau d'études fait intervenir de la 2D. La 3D représente les 40 % d'activité restante.

Pour concevoir les filtres et crépines inox qui ont fait la réputation mondiale de Johnson Screens, le bureau d'études se sert des fonctions métier d'Inventor tels les environnements de tôlerie et de mécano-soudure ou encore des bibliothèques normalisées de pièces et de contenus. Les concepteurs apprécient également d'autres fonctionnalités, comme l'imagerie ou l'exportation de fichiers.




« Inventor et Autocad Mechanical sont utilisés à la fois pour les besoins de notre site industriel, mais également pour partager de l'information à destination de nos fournisseurs et de nos clients, grâce aux fonctionnalités de rendu utilisées par le service marketing. Enfin, un des points que nous apprécions le plus avec Inventor, c'est sa facilité de paramétrage avec Excel », conclut David Bruxelle. La liaison entre Excel et Autodesk Inventor permet en effet de stocker les paramètres pilotes d'un assemblage dans le tableur et de mettre à jour un fichier d'assemblage dans le logiciel de modélisation 3D. Du coup, les suites logicielles d'Autodesk sont regardées de près, dans la perspective de la mise en synergie des différentes entités globales du groupe.

Sites des entreprises citées :
http://www.weatherford.com
http://www.autodesk.fr

Jean-François Prevéraud


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