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Ils relèvent tous les défis

J.-C. G.

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- À chaque type de signal, à chaque environnement, son câble !

Demandez-leur n'importe quoi, ils le feront ! Enfin, presque n'importe quoi. À l'impossible nul n'est tenu... C'est en quelque sorte le message que veut faire passer François Bouziane, directeur du pôle industrie de CAE Groupe, une entreprise dont une bonne partie de l'activité s'articule autour des câbles réalisés sur spécifications. « D'une façon générale, les bureaux d'études ne prennent pas assez en compte les liaisons dans leurs projets. Nous savons réaliser des tours de force, mais pas toujours », insiste-t-il ! Et de citer l'exemple d'un constructeur d'ascenseurs qui a finalement été dans l'obligation de revoir en bonne partie sa copie (un renouvellement de gamme) lorsqu'il s'est aperçu que le câble nécessaire n'était matériellement pas réalisable compte tenu de l'ensemble des contraintes mécaniques, électriques et dimensionnelles inscrites dans le cahier des charges. Au final une perte de temps - et d'argent - considérable faute d'avoir pris l'aspect câblage suffisamment au sérieux.

Fort heureusement, s'ils sont correctement anticipés, la plupart des projets, y compris les plus spéciaux, sont menés jusqu'à leur terme. Pour CAE, cela a récemment été le cas d'un bus de terrain équipant la partie mobile d'un hangar d'Airbus A380. Le point à surveiller était, en l'occurrence, la résistance mécanique à des mouvements répétés et très fragilisants. La solution retenue a consisté à faire appel à une âme en cuivre extra-souple (brins de 0,05 mm de diamètre en très grand nombre) revêtue d'une isolation en polyoléfine cellulaire, d'un double blindage avec tresse et ruban aluminium et, pour finir, d'une gaine polyuréthane. Petit plus : l'utilisation de rubans non tissés facilitant le glissement des conducteurs sans usure de la gaine.

Bien que ce soit le plus souvent au niveau des isolants et du blindage que se situe le savoir-faire, les conducteurs peuvent aussi donner du fil à retordre aux câbliers. Dans le domaine de la mesure tout particulièrement. Pour le compte d'un motoriste aéronautique, CAE a ainsi développé un câble capable de véhiculer de très faibles signaux issus de capteurs (six au total : pression, accélération, température...) grâce à des conducteurs optimisés (nickel-silicium, cuivre allié...) en fonction des conditions de température ambiante.

De la robotique au médical...

Autre secteur réclamant des produits bien à part : la robotique. Une spécialité pour laquelle Axon, notamment, a conçu une gamme baptisée Axomove. « Agressions mécaniques (flexion, torsion, abrasion...), chimiques (huiles, solvants...), électriques et électromagnétiques : aucun autre domaine ne sollicite autant les câbles », affirme ce fabricant qui ajoute que « les défaillances sont ici proscrites compte tenu du coût prohibitif des arrêts de production en usine. » Rien de tel, finalement, pour innover, par ici au moyen de rubans autolubrifiants, par là avec des gaines ultrarésistantes en élastomère extrudé... En fin de compte, la durée de vie d'un câble Axomove peut valoir cinq fois celle d'un câble conventionnel à isolation PVC, avec une tenue en flexion portée à plusieurs millions de cycles ainsi que des diamètres et rayons de courbure diminués de 50 % à résistance mécanique inchangée.

La grande famille des câbles coaxiaux est, elle aussi, très souvent, l'objet de réalisations spéciales. Toujours chez Axon, on trouve, par exemple, un diélectrique breveté appelé Cellofon (du polytétrafluoroéthylène expansé à 80 % de porosité et à constante diélectrique réduite de moitié) permettant d'obtenir des produits à la fois légers, souples et à très haute fréquence de coupure (jusqu'à 65 GHz). Autre câble très spécial, le Pico-coax est si fin (moins de 0,2 mm de diamètre) qu'il passe à travers le chas d'une aiguille et qu'il est possible d'en placer plus de 500 dans une seule gaine. Intéressant pour les sondes échographiques, entre autres.

En restant dans le médical, on rencontre par ailleurs des câbles et des cordons gainés silicone particulièrement résistants aux coupures et surtout stérilisables tant en phase vapeur (autoclave) qu'à l'oxyde d'éthylène ou qu'en phase plasma. Ils supportent même l'alcool, ce qui n'est en revanche peut-être pas le cas du Drincable d'Aristoncavi. Atoxique et imperméable grâce à sa gaine en élastomère réticulé (2 % d'humidité absorbée au bout de 200 jours contre 30 % pour les produits courants), il a été conçu pour être immergé en permanence dans l'eau potable. On pourra l'employer dans les pompes, les fontaines à eau, les appareils de chloration... La preuve que l'eau et l'électricité peuvent parfois faire bon ménage.

LES EXIGENCES

- Résistance aux mouvements répétés - Tenue aux agressions mécaniques et chimiques - Compatibilité avec les environnements médicaux ou alimentaires

LES SOLUTIONS

> L'utilisation de rubans non tissés, autolubrifiants... > Revêtements polyuréthane > Revêtements silicone ou élastomère

Câble pour panneau photovoltaïque de Huber+Suhner

- Section : 2,4 mm2, 4 mm2 ou 6 mm2 - Isolation : double couche - Intensité (connecteur) : jusqu'à 38 A - Indice de protection (connecteur) : IP67

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