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Ils reconstruisent le Colisée … en bois

Jean-François Preveraud

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Ils reconstruisent le Colisée … en bois

Pourrait-on construire le Colisée en bois ?

© DR

Afin de démontrer les performances de la construction bois, le fournisseur finlandais Metsä Wood a demandé à ses ingénieurs, aidés par l’architecte Antti Laiho, de reconcevoir le Colisée de Rome en utilisant ce matériau naturel. Un concept original mais viable malgré le gigantisme de l’édifice !

Le Colisée de Rome aurait-il pu être construit en bois ? C’est l’idée originale émise par Metsä Wood, un fournisseur finlandais de bois de haute qualité pour le monde de la construction, dans le cadre de son projet Plan B.

Le Colisée de Rome (amphitheatrum Flavium - amphithéâtre Flavien) est le plus grand amphithéâtre elliptique jamais construit dans l'empire romain. Ses deux axes mesurent 189 et 158 mètres, tandis que sa façade culmine à 48 m. Ce colosse de pierre a été édifié entre 70 et 80 après J.C. sous les règnes de Vespasien, puis de Titus. Il a été utilisé dans sa destination initiale pendant plus de 500 ans et plusieurs fois remanié. Il pouvait suivant les époques accueillir de 50 000 à 75 000 spectateurs.

A partir de 600, le lieu changea d’usage et devint au fil du temps à la fois logement, caserne, forteresse, église… Le tremblement de terre de 1349 mit à mal sa structure en pierre dont tout un pan du mur extérieur du côté Sud s’effondra. Une grande partie des pierres fut alors récupérée pour construire d’autres monuments dans Rome et le bâtiment laissé à l’abandon. Les premières consolidations puis restauration eurent lieu au début du XIXe siècle et se poursuivent de nos jours.

Du bois déjà en l’an 90

Dès la construction du monument, pour alléger l’ensemble, le dernier niveau de gradins, ajouté au sommet de l'édifice sous le règne de Domitien, était construit en bois posé sur la structure en pierre (mænianum secundum in ligneis - 2e étage en bois). En pente très raide, il était destiné aux pauvres, aux esclaves et … aux femmes. Ces gradins ont été détruits par un incendie dû à la foudre en 217. Les ingénieurs romains avaient donc déjà pensé à ce matériau lors de la construction initiale. Mais ils n’avaient pas été aussi loin que le projet Plan B.

             
                                    Détail de la structure en bois envisagée

Metsä Wood a demandé à l’architecte finlandais Antti Laiho, du cabinet Helin & co, de concevoir une version à la fois reconnaissable et moderne du monument en respectant les dimensions originelles et en utilisant le bois comme matériau principal. Il a été aidé en cela par les ingénieurs du bureau d’études de Metsä Wood. « Au départ, je pensais que l’utilisation du bois n’était pas adaptée pour un tel édifice. Mais au fur et à mesure du développement du projet, j’ai radicalement changé d’avis. Non seulement la construction était possible, mais également plus facile », explique l’architecte.

La construction bois, ici du lamellé/collé en couche de 3 mm Kerto LVL, outre sa résistance mécanique dans des dimensions réduites (les colonnes mesurent 500 mm d’épaisseur contre 1,5 m pour celles en pierre d’origine, tout en résistant à une descente de charge de 800 tonnes), permet une construction rapide et une baisse des coûts grâce à une large préfabrication en atelier. Globalement, ce mode de construction permettrait de gagner 12 % de surface intérieure, grâce à la réduction des épaisseurs des structures.

                        
                                 Coupe longitudinale du Colisée en bois

Côté sécurité, le lamellé/collé brûle à partir de 270°C et s’auto-enflamme à partir de 400°C ; il brûle alors à raison d’une épaisseur de 0,7 mm/min, sans perdre sa résistance à cœur. Son comportement au feu est donc supérieur à celui d’une structure en acier qui perd rapidement ses caractéristiques de résistance lors d’un incendie.

« Nous ne sommes pas en train de dire que tout devrait être construit en bois, mais plutôt que le monde de la construction a besoin d’une alternative. Le bois devrait toujours être considéré comme une option sérieuse à chaque étape de la construction, depuis la structure jusqu’au revêtement intérieur », estime Esa Kaikkonen, Vice-Président de Metsä Wood.

                         
                             Impression 3D de la structure bois envisagée

Afin de démontrer le concept, d’autres monuments de renommée mondiale seront eux aussi reconçus en bois pendant l’année 2015 dans le cadre de Plan B et publiés sur le site web de Metsä Wood, aux-côtés de réalisations plus actuelles.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.metsawood.com

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