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Ils ont fait la technologie en 2014 : en novembre, Roland de la Chapelle, de Locken, verrouille électroniquement les coffres-forts

Jean-François Preveraud

Mis à jour le 01/01/2015 à 14h51

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Ils ont fait la technologie en 2014 : en novembre, Roland de la Chapelle, de Locken, verrouille électroniquement les coffres-forts

Roland de la Chapelle, PDG de Locken, révolutionne les serrures

© DR

En proposant un système de reconnaissance qui n'est plus mécanique, mais électronique, Roland de la Chapelle a fait passer la clé dans le XXIe siècle. Plus de 100 000 sites en Europe ont déployé cette technologie permettant de gérer les accès en temps réel.

Locken remporte un grand succès sur le salon Sécurité à Lausanne, le pays des coffres forts !

La technologie de Locken est le genre d'idée devant laquelle on se pose la question : pourquoi personne n'y a pensé plus tôt ? Dans la bouche de Roland de la Chapelle, le PDG de Locken et l'un des trois fondateurs de la société, elle semble aussi simple qu'un tour de clé. Dans les locaux de la société, situés à Courbevoie, dans la banlieue ouest de Paris, les portes s'ouvrent à l'aide d'une petite clé cylindrique à l'allure sobre. Ce dispositif intelligent a révolutionné la serrurerie. Depuis les serrures à gorges, inventées en 1778 par l'anglais Robert Barron, le secteur n'avait plus connu d'évolution majeure ; en passant d'une serrure mécanique à une serrure électronique, Roland de la Chapelle et son équipe ont proposé une technologie de rupture, et délesté les trousseaux. Ce qui leur vaut en 2007 le prix de l'innovation de la sécurité privé. « Je suis monté sur scène pour faire la démonstration. J'ai posé la clé contre mon téléphone portable, lequel a transmis l'autorisation d'accès en temps réel, et j'ai pu ouvrir le cadenas », raconte le dirigeant. Passionné par la technologie qu'il a vu naître, Roland de la Chapelle est avide d'en faire comprendre le fonctionnement, et quand les mots ne suffisent pas, il n'hésite pas à se saisir de la clé pour ouvrir la porte - équipée de la serrure électronique - qui ferme son bureau.

Un système de contrôle sans câblage

Fruit d'une idée et de l'analyse précise d'un besoin de souplesse et de traçabilité, la clé électronique a été massivement adoptée. Cent mille cylindres ont été mis en place en Europe, sur des sites aussi variés que le Parc Astérix, les gares de Madrid, et plusieurs opérateurs télécoms. « SFR nous a choisis parce que le taux d'échec de l'accessibilité de leur ancien système était trop élevé et parce que les solutions mécaniques n'avaient pas de traçabilité ».

La souplesse du système de Locken a fait sa force. « On peut même faire du contrôle d'accès sur des cadenas », s'enthousiasme Roland de la Chapelle. Et de renchérir : « Nous avons développé un système de contrôle qui fait abstraction d'un certain nombre de contraintes, il n'y a plus aucun câblage comme dans un système d'accès par badge, ni de problème de maintenance. Avec notre technologie, l'intelligence se trouve dans la clé, pas dans un câblage qui remonte l'information au système ». La clé électronique est dotée d'une puce infrarouge, programmable à distance via un smartphone. Il s'agit d'un dialogue crypté entre deux puces. Une clé peut ouvrir une seule porte aussi bien que la totalité d'un parc. « Le système est décentralisé ». Pas de problème de perte de clé donc, ni de maintenance de câble.

Développée dans ‘‘un garage’’ par trois innovateurs, Arnaud Flecchia, Stéphane Conreux, l'ingénieur de l'équipe, et Roland de la Chapelle, un ancien de l'Institut supérieur de gestion (ISG), la clé électronique est le fruit d'une idée et d'une conjecture technologique. « Nous avons surfé sur la miniaturisation de l'électronique, sur l'explosion des outils de gestion de données et sur l'amélioration de l'autonomie des batteries ». Le PDG se remémore les flottements du début. Le processus a été long et difficile, avec des difficultés financières et opérationnelles. Mais l'adoption de la technologie par SFR et Kopp marque le début d'une success story pour la petite start-up. Venu du domaine des opérateurs télécoms, Roland de la Chapelle connaît les problématiques côté client, il sait l'importance de pouvoir gérer avec souplesse un parc d'antennes relais souvent éclaté sur le territoire.

Un produit simple, fiable et communicant

Selon lui, Locken répond à ce besoin. « Ce qui coûte cher au client, c'est la non-accessibilité d'un site. Le temps réel aussi coûte cher. Souvent, seulement quelques portes ont besoin d'une ouverture en temps réel, et sur un laps de temps court, la clé électronique permet de gérer ces accès ». En plus de travailler à la souplesse du système, l'équipe s'attelle à la fiabilité du produit. « En amont, nous avons analysé toutes les faiblesses possibles et nous les avons concentrées dans un point facilement accessible, c'est-à-dire dans la clé. Les faiblesses mécaniques ont été supprimées. Par exemple, la saleté ne peut pas s'introduire dans le cylindre ». Le design du produit est simple, et c'est ce qui garantit sa fiabilité, souligne Roland de la Chapelle. Autre axe d'amélioration : la connectivité. « On travaille sur la communication de la clé. Par exemple, le portable reçoit une autorisation d'ouvrir la porte pendant 5 minutes, et transfère aussitôt cette autorisation à la clé, par une communication de puce à puce ». En octobre dernier, la société a d'ailleurs lancé une application destinée aux smartphones et aux tablettes. Disponible sur le Google Play ou dans l'App Store, l'application permet de consulter la validité de la clé et la date d'expiration des droits. La technologie continue à se déployer ; preuve de sa crédibilité, et du travail de plaidoyer de Roland de la Chapelle, qui défend sa clé dans toute l'Europe. Dernièrement, l'opérateur Telefonica et UK Power Network ont acquis la cyber-clé pour sécuriser leurs infrastructures.

De même, la société irlandaise ESB Telecoms a signé un contrat, qui sera opéré au début de l'année 2014, et qui prévoit l'équipement de quelque mille accès aux antennes relais, réparties sur quatre cents sites dispersés sur l'île. Preuve que l'amélioration continue de la technologie contribue bien à ouvrir des portes !

Sophie Eustache

La clé ni piratable ni reproductible

La clé intelligente Locken est une solution de contrôle d'accès en quasi-temps réel. Dotée d'une puce infrarouge, elle communique avec d'autres dispositifs électroniques, - smartphone, tablette, PC -, pour recevoir l'autorisation d'ouvrir une serrure. Le dispositif électronique reçoit les droits d'accès par messages cryptés, et transmet à la clé les droits par communication puce à puce. « Cette clé, ce n'est que du code, elle ne peut être ni reproduite, ni piratée », souligne le cofondateur de Locken, Roland de la Chapelle. Dotée d'une batterie lithium-ion, la clé peut garder en mémoire les 3 900 derniers événements horodatés. Une fois connectée par port USB, elle transmet les informations au serveur de gestion, ce qui permet de conserver une traçabilité.

 

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