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Il a mis la créativité en équation

JEAN-FRANÇOIS PREVÉRAUD

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Pour aider les entreprises à passer à une conception innovante ce pédagogue de la rupture a développé la théorie C-K, qui modélise l'ingénierie de la conception, au sein de l'École des mines de Paris, où il coordonne la chaire de théorie et méthodes de la conception innovante.

Petit garçon, le père de la théorie C-K, dédiée à l'innovation en conception, courait parmi les amoncellements de sardines sur les quais du port marocain de Safi ou dans les allées de la conserverie de son père. À l'époque déjà, il était fasciné par l'industrie et ses machines. Devenu jeune homme, il fait preuve, au cours de ses études au lycée Lyautey de Casablanca, d'un intérêt certain pour les sciences. Son goût pour la théorie des ensembles et la mécanique quantique s'affirme. La première jouera un rôle central dans l'élaboration de la future théorie C-K. « Elle m'a servi à prendre de la distance vis-à-vis des objets, c'est-à-dire les voir différemment, avec une possibilité de décrire le monde d'une façon souple, flexible, infinie. Alors que la mécanique quantique montre l'interaction observateur-observé, c'est-à-dire que le sujet crée une partie de ce qu'il voit ».

À l'École des mines, qu'il intègre comme élève ingénieur, Armand Hatchuel fait une autre découverte, à travers les stages mine et géologie : le monde réel dépassera toujours son savoir. Il lui faudra donc toujours observer, découvrir. « Ma représentation du savoir, c'est le manteau d'Arlequin. On a des poches de connaissances qui ne sont jamais intégrées et qui ne décrivent pas la totalité de la réalité d'un objet quel qu'il fut. » Voilà qui le rapproche de ses passions mathématiques. D'autant que les Mines sont aussi une école de mathématiques appliquées et de pensée formelle, qui développe des outils de modélisation performants adaptés aux objets très complexes et difficiles à décrire, à des fins opérationnelles.

Du coup, il sera comme un poisson dans l'eau durant toute sa scolarité. À tel point que, diplôme en poche, en 1973, il intègre le centre de gestion scientifique de l'école. Il y fait ses classes de recherche opérationnelle avec Jean-Claude Moisdon et développe son goût pour la modélisation, en gardant à l'esprit que ce n'est qu'un point de passage vers un réel qui, lui, est toujours beaucoup plus compliqué. Pendant dix ans, il invente et utilise des modèles mathématiques pour analyser et comprendre des organisations et process industriels. Des travaux qui seront à la base de la création avec Hughes Molet en 1985 du cursus[…]

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