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HyVolution 2020 : « Une filière hydrogène se dessine sur toute sa chaîne de valeur », lance François le Naour, vice-président de l’Afhypac

Alexandre Couto

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HyVolution 2020 : « Une filière hydrogène se dessine sur toute sa chaîne de valeur », lance François le Naour, vice-président de l’Afhypac

Alors que l'édition 2020 d'HyVolution, salon dédié aux technologies de l'hydrogène, tient sa seconde journée ce 5 février au parc Floral de Paris, François le Naour, chargé de programme au CEA Liten et vice-président de l'Afhypac,se félicite de la multiplication des acteurs industriels de l'hydrogène. Une véritable filière s'esquisse, étape indispensable pour accélérer le développement et le déploiement des technologies hydrogène, en particulier dans l'énergie.

HyVolution 2020 se termine ce soir, à Paris. Quel est votre sentiment sur cette édition ?

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis la première édition en 2016. Lorsque l’Afhypac a lancé ce rendez-vous autour des solutions hydrogène, le sujet était très confidentiel. Il s'agissait presque d'une réunion de bons copains ! Mais cela a permis de mettre en place une vision technologique de la filière française est d’enraciner ce rendez-vous dans une perspective d’innovation. En 2018, le rendez-vous a pris de l’ampleur, notamment en doublant le nombre d’exposants, mais nous étions toujours dans une logique très franco-française. Le programme de colloques était particulièrement riche et comme il y avait des frémissements au niveau politique et chez les grands acteurs de l’énergie, beaucoup cherchaient des renseignements sur le potentiel des technologies hydrogène. Cette année nous avons recentré le salon sur la partie exposition pour en faire un vrai salon industriel.

Y-a-t-il de nouveaux profils d'exposants ?

Oui tout à fait ! Il y a une multiplication des acteurs. Nous avons beaucoup plus d’équipementiers de rang 1, 2 ou 3. Des sociétés qui font du traitement de surface, des brides, des ponts, des vannes… Tout un ensemble de fabricants de composants qui n’étaient pas très nombreux lors des éditions précédentes. Pour la première fois, nous voyons se dessiner une filière hydrogène sur toute sa chaîne de valeur. C’est important, car l’Etat veut investir dans l’hydrogène mais a encore quelques hésitations et attend de voir comment cette filière va se construire et se mettre en œuvre.

Des hésitations ? Pourtant le gouvernement a montré son intérêt pour l'hydrogène, notamment dans le cadre du pacte productif…

La volonté politique est bien présente et il y a un consensus pour pousser les technologies hydrogène. Je participe moi-même au groupe "décarbonation" du pacte productif dans lequel les filières ont présenté leur feuille de route pour décarboner leur activités, et l’hydrogène se retrouve un peu partout. La décision a été prise d’y aller. C’est sur le comment que se focalisent les interrogations. Au niveau des services de l'Etat, c’est-à-dire principalement la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) et la direction générale des entreprises (DGE), ils se demandent encore à quoi ressemble cette filière.

Pourquoi est-il difficile d'appréhender votre filière ?

Il y a effectivement une lecture un peu compliquée par le fait que l’hydrogène touche deux domaines de l’industrie : l’automobile et l’énergie. Le premier a un poids important dans la vision de l’hydrogène en France. Il est structuré depuis longtemps, avec de nombreux équipementiers intervenant à différents niveaux et travaillant pour de grands donneurs d’ordres. C’est une filière intégrée dont on a une vision relativement claire. Par contre, ce n’est pas le cas du côté de l'énergie, pour laquelle il faut tout construire. C’est beaucoup moins visible. Mettre côte à côte un Total, un Engie, un EDF, ou encore un Air Liquide, qui rentre avec l’hydrogène dans le domaine de l’énergie, ne suffit pas à offrir une vision ni une filière industrielle autour de cette thématique. L’intérêt d’HyVolution est justement de pouvoir mettre autour d’une même table ces acteurs aux profils différents, du plus petit équipementier jusqu’au géant de l’énergie. Le salon permet de cartographier l’ensemble de ces acteurs.

Quelle sont les orientations technologiques perceptibles sur le salon ?

Cette année, les technologies liées à l’hydrogène ont élargi leur champs d’application. Auparavant, elles étaient très liées à l’automobile et aux transports, en tant que source d’énergie alternative. L’hydrogène est désormais considéré plus largement comme une brique essentielle de la décarbonation. Les technologies d’électrolyse sont de plus en plus présentes pour produire de l’hydrogène en se passant des énergies fossiles. Il y a encore du chemin à faire dans ce domaine car il faut convaincre des géants industriels à passer à d’autres modes de production. Des sociétés de taille intermédiaire comme McPhy, apportent des solutions innovantes et viennent dynamiser le secteur.

Dans la course à l'hydrogène, quelle est la place de la France ?

La France n’est pas en avance dans ce domaine, mais n’a pas à rougir. Elle peut s’appuyer sur une recherche fondamentale dans le domaine de l’énergie très solide, que ce soit au CEA ou au CNRS. La plupart des start-ups et ETI innovantes sont issues de la recherche. Lorsque la filière se sera pleinement structurée, tout devrait avancer beaucoup plus vite.

 

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