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Hypovigilance au volant : «Déjà 80% de bonnes détections et pas de fausses alertes ! »

Industrie et Technologies
Le projet de recherche sur l’Hypovigilance touche à son but. Bilan avec Serge Boverie, de Siemens VDO Automotive, qui pilote de ce programme.

Le programme de recherche français sur les transports terrestres Predit (2002-2006), contient un volet dédié à l’hypovigilance dans la conduite automobile qui s’achève cette année.

Serge Boverie, qui dirige les développements avancés en sécurité chez Siemens VDO Automotive (Toulouse) a coordonné ce projet, rassemblant le Laas-CNRS et Actia (analyse des données), l’Inrets (accidentologie), le CHU de Toulouse, le Centre de physiologie appliquée de Strasbourg et l’institut européen sur l’électronique dans les transports (Ierset).

Siemens VDO, lui, s’est focalisé sur les capteurs d’images C-MOS, l’intégration du projet et la conduite des essais sur un modèle Renault Laguna. L’endormissement au volant (30% des accidents sur autoroute) est un thème récurrent chez l’équipementier, qui fût acteur, avec Renault, du programme européen Save (1995-98).

Serge Boverie se réjouit de ses résultats. «Nous obtenons 80% de bonnes détections, et quasiment pas de fausses alertes. Ce, grâce à la fusion de deux sources de données. Des observations de type physiologique sur l’état de l’œil (mouvement des paupières). Et de nature comportementale, comme les à-coups sur le volant, la vitesse, une dérive latérale du véhicule par rapport au bas-côté, etc. Un seul signal ne suffirait pas. Par exemple, une trajectoire trop rectiligne est annonciatrice de danger pour certaines personnes, alors que c’est au contraire une conduite oscillante par laquelle se trahiront d’autres conducteurs. Nos algorithmes font appel au traitement d’image, aux statistiques et ils dotés d’une capacité d’auto apprentissage.»

Cette capacité « d’historiciser » les mesures est essentielle, car « les comportements de chaque personne au volant varient sensiblement, ne serait-ce qu’en fonction de leur âge. Les symptômes d’endormissement sont à analyser en fonction du contexte général de la conduite. »

Les progrès algorithmiques en analyse d’image et en extraction de données sont très lents. Et on justifié des années de travail, d’échec et parfois d’abandons chez nombre de constructeurs et d’équipementiers.

Ce coup-ci, pourtant, Serge Boverie semble très optimiste : «D’abord, on a profité de l’explosion exponentielle des moyens de calcul et des capteurs de vision. Ce qui rend l’analyse d’image mature pour l’automobile. Pour seul exemple, cette année, un modèle de PSA sera équipé d’un système optique d’alerte en cas de franchissement de ligne continue (Lane Departure Warning), que nous avons conçu.»

De même les prochains systèmes de détection des passagers (pour piloter finement le déclanchement des airbags) seront en bonne partie optiques.

Les capteurs étant aujourd’hui très bon marché, on va pouvoir enrichir l’examen des yeux et du comportement par stéréovision (plusieurs caméras).

L’équipementier toulousain profite également de nouveaux types d’informations sur le conducteur. «On ne peut évidemment se permettre aucune mesure «invasive», type électroencéphalogramme ou cardiogramme. Mais sont en train d’apparaître de nouveaux capteurs de siège, capables de mesurer le rythme cardiaque, une donnée très utile au diagnostic. »

Ce type de mesure n’a pas été prise en compte dans le cadre du Prédit, mais va Siemens va pouvoir en tirer profit au sein d’un nouveau projet européen de quatre ans, Aprosys (Integrated Project on Advanced Protective Systems), réunissant pas moins de 45 (!) partenaires.

Ce projet qui démarre au mois d’avril, couvre, une problématique très large. Il vise au développement de nouveaux systèmes de sécurité, dans l’automobile, mais aussi le transport aérien, la conduite de machines, etc. Il est donc compartimenté.

Les nanotechnologies qui font une entrée remarquée, par le biais de capteurs physiologiques, implantés par exemple sous la peau.

Serge Boverie estime que la détection d’hypovigilance pourrait voir le jour d’ici peu d’années, «certainement d’abord pour des application chez les transporteurs routiers. Mais dans ce cas, le diagnostic de l’endormissement n’est pas tout ! Encore faut-il que la pression économique n’oblige pas le chauffeur à continuer de rouler, alors qu’il n’est plus à même de le faire ! »

Thierry Mahé

Pour en savoir plus
- Siemens VDO Automotive : http://www.siemensvdo.com/
- Predit (Programme national de recherche et d'innovation dans les transports
terrestres) : http://www.predit.prd.fr/
- Programme européen Aprosys : http://www.aprosys.org/

 

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