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Huit logiciels de gestion d'entrepôt

cWILFRIED MAISY
Véritables chefs d'orchestre de l'entreposage, de la préparation de commandes voire de l'ensemble d'une chaîne logistique, les WMS (warehouse management systems) sont des logiciels haut de gamme dont les fonctions doivent être examinées au plus près de son activité industrielle. Ils peuvent être acquis en mode licence ou locatif. Voici quelques clés pour cesser de stocker à l'aveuglette.

Des milliers de produits référencés dans des milliers de mètres carrés, comment s'y retrouver ? Pas d'inquiétude : l'offre logicielle en gestion d'entrepôt est bien mature. Elle est composée de produits fiables et qui ont fait leurs preuves dans de nombreux domaines industriels et logistiques. Pour choisir un warehouse management systems (WMS), il faut plonger dans le détail des opérations logistiques : la réception, l'entreposage (mise en stock avec optimisation des emplacements), la préparation de la commande, l'expédition, l'inventaire, la gestion des volumes, pour ne citer que les fonctions les plus courantes. Toutefois, il est difficile de juger sur le papier des performances ou de l'ergonomie d'une application. Tous les logiciels sont capables de gérer les mouvements de marchandises, mais ils le font plus ou moins vite. D'où la nécessité d'un cahier des charges précis prenant en compte la productivité.

Distribution d'e-commerce, agroalimentaire, pharmacie... le choix d'un logiciel est d'abord celui d'un éditeur solide financièrement et fort de références phares dans son activité. « Un acheteur potentiel veut voir des clients qui lui ressemblent », note Évelyne Raynaud, directrice commerciale France de A-Sis. Et le prospect a raison, car on ne gère pas de la même manière des pièces automobiles, des flacons de parfums ou des produits périssables. Lorsque le besoin de traçabilité est essentiel, par exemple, on recherchera un logiciel performant dans l'étiquetage de lots et la prise en charge de terminaux logistiques codes-barres et RFID (identification radiofréquence).

De 1 500 à 1 million d'euros

Si le ticket d'entrée d'un WMS tourne autour de 15 000 à 20 000 euros, voir moins s'il s'agit de gérer le stockage d'un petit site de commerce ou d'artisanat, le prix d'acquisition d'une licence reflète peu le coût global d'un tel projet logistique. Les fournisseurs s'accordent sur une proportion d'1/3 à 2/3 voire de 1/4 à 3/4 entre le WMS proprement dit et les services annexes : paramétrage sur mesure, interfaces avec un système informatique existant, prise en charge de chariots automatisés, formation, etc. Le coût total est fonction du nombre d'utilisateurs et de la surface du site. Une superficie de 10 000 m2 représente un repère utile en logistique. « En dessous, il faut compter 50 000 à 100 000 euros, indique Évelyne Raynaud. Jusqu'à 30 000 m2, pour un site faisant travailler une cinquantaine d'opérateurs, il faudra débourser de 100 000 à 200 000 euros. Ensuite, lorsqu'on considère la gestion optimisée de plusieurs établissements mécanisés, la facture peut atteindre le million d'euros. »

En alternative à l'acquisition classique de WMS, le marché n'échappe pas à la révolution informatique de ces dernières années : la location via Internet ou Saas (software as a service). Mais attention : un industriel doit mesurer le risque engagé lorsque sa logistique s'imbrique avec sa production en flux tendus. Si l'Internet est indisponible, combien de temps peut-il immobiliser sa matière première ou ses pièces sans se mettre en danger ?

Facturation au nombre de lignes

Cette précaution prise, plusieurs avantages concourent à l'inévitable montée en puissance du mode locatif : le retour sur investissement quasi immédiat ; la rapidité d'implémentation ; la sécurisation des échanges. Selon Philippe Guilhaumou, directeur de marché supply chain et transport de Generix Group, « la facturation se fait en fonction de l'activité, calculée sur la base des consommations métiers (nombre de lignes de préparation, de bons de livraison, etc.). Nous considérons un noyau dur logiciel comprenant les fonctions standard, auxquelles peuvent venir s'ajouter des fonctionnalités moins demandées, telles que la gestion des produits dangereux, la préparation de commandes vocales, et divers indicateurs de performances. Ces options sont proposées en pourcentage (de 10 à 30 %) de la redevance mensuelle. »

L'éditeur Negsys indique pour sa part un prix « plancher » de 500 euros par mois, en « full service » comprenant l'utilisation du programme Spidy, le paramétrage, etc. « Le coût moyen est de 1 000 à 1 200 euros mensuels, précise Pierre Seguin, fondateur de la SSII. Le montant du forfait dépend du nombre d'accès à la solution. Et de souligner un autre avantage du Saas : « Les mises à jour sont plus fréquentes qu'en mode serveur. Dans des métiers où la réglementation et les technologies évoluent beaucoup, c'est essentiel. »

Via leur plate-forme de services, plusieurs éditeurs proposent un accès à différentes solutions : WMS, TMS (transport management system) et EDI (échange de données informatisées). Un industriel doit s'intéresser aux interactions possibles entre son ERP (enterprise ressources planning) et le WMS. Il aura sans doute besoin de moins de sophistication dans le produit qu'un « pur » logisticien, mais de plus de synergies avec sa production.

Le maître d'oeuvre de la chaîne logistique

À l'image d'Hardis, qui a intégré cette année l'éditeur de TMS Sextant dans son application Reflex, la tendance est à la consolidation de solutions complémentaires. L'interopérabilité d'un WMS avec l'ensemble de la chaîne logistique est essentielle. Interconnecté à un TMS, le WMS prend en compte les arrivées et départs de camions dans sa gestion des flux. Il construit les chargements de manière optimale, pour que les véhicules passent le minimum de temps sur site. Il aide même au choix du transporteur, selon des critères de coûts et de disponibilité. « La solution peut être complétée par les modules Reflex WRM (gestion des ressources) et Reflex RMS (rapports d'analyse et des tableaux de bord) pour aider à la décision », ajoute Jean-Yves Costa, directeur des solutions logistiques chez Hardis.

Amenés à traiter une quantité de données toujours plus importante, les WMS les plus pointus sont capables d'analyser la performance globale de plusieurs entrepôts, liés à de multiples usines et distributeurs. S'adaptant notamment à l'essor du e-commerce et à la saisonnalité des achats, ils gèrent différents types de commandes (colis unitaires, groupés, palettes...) et réseaux de distribution (direct ou via un prestataire logistique). Une organisation baptisée gestion multicanal. « Nous pouvons gérer des vagues de préparation dans un ordre de priorité selon l'urgence des commandes, développe Alexandre Morel, directeur commercial d'Acteos. Dans le domaine pharmaceutique, par exemple, nous intégrons les dates de péremption des médicaments mais aussi les retraits du marché et les diverses réglementations des pays destinataires. »

Et d'éclairer un dernier point : la gestion des flux humains dans l'entrepôt. Si les opérateurs ne sont pas encore suivis par GPS, leurs positions peuvent être déterminées par celle de leur dernière tâche, remontée en temps réel dans le logiciel. « Il s'agit d'optimiser le picking - préparation de commandes qui consiste à collecter des articles stockés dans différents rayons pour les regrouper - en organisant le travail d'un opérateur suivant le plus court chemin dans l'entrepôt » poursuit Alexandre Morel. En effet, 70 % du coût d'un site logistique sont liés aux déplacements des individus, si l'on considère à la fois le poids économique social et celui des véhicules. Quelque 20 % découlent de la prise et de la dépose des marchandises. Les 10 % restant tiennent à l'identification des marchandises (lecture codes-barres essentiellement). Ce calcul est incontournable. Il relativise le coût d'un WMS en soulignant l'ampleur des économies générées par son installation.

SOLUTION

Environ 20 % des utilisateurs de logiciels WMS ont fait le choix du locatif Saas (software as a service). Source : Generix Group.

LE PLUS COMPLET

LM DE A-SIS LM7 est une solution experte en préparation de détail. Il s'accompagne d'un TMS complémentaire permettant de gérer une flotte en propre ainsi que de modules de gestion des EDI transport et de pilotage des outils d'assistance aux opérateurs (terminaux RF, solutions vocales, systèmes pick-to-light) et des équipements mécanisés (convoyeurs, lancements automatiques, étiqueteuses, machines d'emballage). FICHE TECHNIQUE Plates-formes matérielles : Unix, Windows, Linux Interfaces : Certification avec SAP. Expérience d'interfaces avec les principaux ERP du marché. Fréquence des échanges paramétrable. Prix : À partir de 70 000 euros

LE PLUS SOUPLE

SPIDY DE NEGSYS Spidy fonctionne en mode ASP (application service provider). La solution intègre le logiciel, le matériel, l'hébergement, la maintenance et les mises à jour. Elle est surtout adaptée aux PME qui n'ont pas en interne les moyens de se tourner vers une solution classique et veulent éviter l'achat de licence, l'installation de matériel informatique et une équipe dédiée en interne. Trois versions sont disponibles : Spidy One à partir de 500 euros/mois ; Spidy 3PL (orientée prestataire logistique) à partir de 750 euros/mois ; Spidy B2C (distribution et e-commerce) à partir de 1 000 euros/mois. FICHE TECHNIQUE Plates-formes matérielles : iSeries / DB2/UDB Interface graphique Windows Interfaces : Système intégré d'interface fichiers afin de faciliter les échanges avec tous les ERP : Sage ligne 100, Inofor (s21), Performance 400, Rubis de loginor, Lineasoft, Magento, Minos. Prix : À partir de 500 euros/mois

LE PLUS INTÉGRÉ

REFLEX DE HARDIS Adéquat pour la gestion de surfaces allant de 350 m² à plus de 100 000 m². Multisite, multiactivité, Reflex est adaptable à tout secteur d'activité avec des déclinaisons sectorielles permettant de diminuer le temps de mise en place. Cette solution intègre en standard des fonctions de gestion du transport TMS (rendez-vous transporteurs, EDI et étiquettes aux standards GS1, préfacturation des transports). FICHE TECHNIQUE Plates-formes matérielles : I-Series (ex AS400) sous DB2, Windows / SQL Server, Unix- Java Oracle Interfaces : Interfaces utilisateur (IHM) graphique en client-serveur et des fonctions en client Web. Prix : À partir de 25 000 euros

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