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Huit lecteurs biométriques

ÉLIANE KAN / AGENCE TCA redaction@industrie-technologies.com
La reconnaissance des empreintes digitales, de l'iris, du visage, de la forme de la main ou du réseau veineux tend à se démocratiser. La sécurisation de l'accès aux lieux de travail figure parmi les premières applications en développement. Chaque technologie présente ses caractéristiques propres. Mieux vaut en faire le tour avant de se décider.

Dans les industries aussi sensibles que le nucléaire, l'armement, la fabrication de la monnaie ou de produits chimiques, le besoin de tracer les allers et venues des salariés et des visiteurs est stratégique. Idem d'ailleurs pour tout autre activité requérant la confidentialité des données ainsi que la sécurité des biens et des personnes. Or le port d'un badge ou d'une carte à puce ne suffit pas à authentifier le passage d'un individu. D'où l'intérêt des lecteurs biométriques qui se démocratisent progressivement sous la poussée de grands fabricants de capteurs ou de lecteurs biométriques. À commencer par Fujitsu et Hitachi pour la lecture du réseau veineux, Panasonic pour celle de l'iris, ou encore L-1 Identity Solutions pour la reconnaissance 3D du visage. Sans oublier bien sûr le coréen Suprema et le français Morpho (ex Sagem) pour la lecture des empreintes digitales.

Qu'ils fonctionnent de manière autonome ou en réseau, les lecteurs biométriques sont livrés avec des logiciels de reconnaissance et de comparaison d'échantillons. Également fourni, le système d'enrôlement qui consiste à capturer les caractéristiques physiques de l'individu (empreintes, contour de main, réseau sanguin, iris...) ou comportementales (signature ou démarche). Ces données biométriques sont alors traitées, numérisées, chiffrées puis stockées dans la base de données du terminal ou sur un support individuel (badge, carte à puce, clé...). Dans le premier cas, la vérification prend plus de temps car le terminal doit identifier dans sa base le gabarit correspondant. Alors que dans le second cas, le lecteur va authentifier la personne en vérifiant que les données présentées correspondent bien aux codes contenus par exemple dans la carte à puce.

Les lecteurs d'empreintes représentent 50 % du marché

La plupart des lecteurs de contrôle d'accès intègrent un logiciel métier qui enregistre l'heure d'arrivée et de départ de chacun des salariés. « Mais il ne permet pas de mesurer leur temps de travail », prévient Michael Jodin, directeur commercial de Verspective, un intégrateur installateur. Lorsque le lecteur fonctionne en réseau, l'application métier peut mémoriser les déplacements de chaque salarié dans le bâtiment.

Le prix des lecteurs varie selon la nature du dispositif et le type de capteur intégré (capacitif, infrarouge, optique, thermique à défilement...). « Il faut compter environ 4 000 à 5 000 euros pour la reconnaissance du visage et 600 à 700 euros pour les lecteurs d'empreintes digitales », estime Alain Choukroun, directeur général de l'intégrateur Zalix.

Compte tenu de leurs prix et de leur ancienneté, les lecteurs d'empreintes détiennent près de 50 % des parts de marché et connaissent un développement continu dans le monde. À l'exception notable de la France où la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) en limite l'usage. Cette instance dispose depuis 2004 d'un pouvoir d'autorisation expresse sur les dispositifs biométriques. Tout projet doit faire l'objet d'une demande préalable d'autorisation. Cette procédure peut durer plusieurs mois. Sauf si les gabarits d'empreinte sont stockés sur un support individuel ou si l'entreprise opte pour un lecteur de reconnaissance veineuse ou de contour de main. Ces trois cas de figures bénéficient d'une autorisation unique de la Cnil. Une simple déclaration saisie sur son site suffit.

Ces procédures simplifiées vont booster en France le développement de la reconnaissance de la main et du réseau veineux. En effet, ces deux technologies sans contact se moquent des coupures, salissures et autres anomalies qui gênent la lecture des empreintes du doigt. De quoi intéresser les entreprises industrielles. Autre avantage, les données biométriques peuvent être stockées sur un support unique ou dans le terminal de lecture. Ce qui évite d'avoir à gérer le vol ou la perte d'identifiants.

Avec plus de 100 000 appareils déjà installés dans le monde, les lecteurs de contour des mains ont fait leur preuve en termes de fiabilité. Un seul appareil domine dans l'Hexagone, il s'agit du HandKey fourni par Schlage Recognition Systems du groupe américain Ingersoll Rand. Le lecteur effectue une analyse en trois dimensions de la main à l'aide d'une caméra infrarouge. Une fois l'image saisie, le contrôle prend en compte jusqu'à 90 caractéristiques (contre 12 pour les doigts). Entre autres, la forme de la main, la longueur et largeur des doigts, la largeur des articulations... « Il s'agit d'une des technologies les plus fiables. À ceci près que des jumeaux peuvent avoir la même morphologie », prévient Medhi Himeur, gérant de Biotime Technology, un distributeur-installateur de systèmes biométriques. Pour limiter les risques de rejeter un salarié ou d'admettre un imposteur, les systèmes proposent aux administrateurs de régler à leur guise le seuil de tolérance.

Un bémol à signaler, ce système requiert de taper un code d'identification. Moyennant quoi, il faut compter environ une seconde pour retrouver la main enregistrée dans le lecteur. « Au niveau du prix, il faut compter entre 3 000 et 5 000 euros pour le lecteur fourni et installé, selon le nombre de portes, la longueur des câbles à tirer... », estime Medhi Himer qui distribue lui aussi le lecteur HandKey.

Identification rapide et sans contact

Arrivés plus récemment en France, les dispositifs de reconnaissance veineuse constituent une alternative séduisante aux lecteurs de contour de main. Moins volumineux, les appareils envoient un faisceau dans le proche infrarouge qui va être absorbé par les veines révélant ainsi la complexité du réseau. Pour l'heure, le marché mondial est dominé par deux fabricants japonais : Hitachi et Fujitsu. Ce dernier a développé un système de reconnaissance veineuse basé non pas sur le doigt comme son concurrent, mais sur la paume de main. « Point fort, ce dispositif est sans contact et permet d'avoir une meilleure identification avec un taux d'acceptation erroné très bas », assure Nicolas Sautier, de chez Fujitsu. « Notre technologie requiert en moyenne deux secondes pour l'enrôlement et autour de la seconde pour la lecture », indique le fabricant qui a d'ailleurs noué un partenariat avec Zalix.

Même stratégie pour Hitachi qui a signé un partenariat avec l'intégrateur Safetic (ex Easydentic). Leur collaboration a abouti au Biovein, un lecteur sans contact. Un peu moins de deux secondes sont nécessaires pour identifier un individu. Du coup, l'usage du lecteur est limité à 1 000 personnes. Néanmoins, cette technologie pourrait bien être concurrencée, à terme, par une solution combinant reconnaissance veineuse et empreintes digitales. C'est du moins l'ambition du tandem Morpho-Hitachi qui vise la sécurisation des sites hautement sensibles. Cela offrira une plus grande rapidité de lecture et plus de sécurité. « Et réduira aussi le nombre de rejets dus à des empreintes non lues », prévient Patrick Fornas, PDG de Safetic qui commercialisera en fin d'année cette technologie. Reste à obtenir l'agrément de la Cnil.

PARC

891 installations biométriques ont reçu en 2009 l'agrément de la Cnil. Près de la moitié utilise la reconnaissance veineuse pour le contrôle d'accès sur les lieux de travail.

LE PLUS ERGONOMIQUE

VEINACCESS INTELLIGENT SECURITY DE ZALIX Équipé du capteur de reconnaissance vasculaire de la paume de main Fujitsu, le terminal de contrôle d'accès ''VeinAccess Intelligent Security'' de Zalix joue la simplicité. Il suffit d'approcher la main du lecteur pour ouvrir la porte. Il s'installe aussi bien en intérieur qu'à l'extérieur, et fonctionne en identification de la main mais aussi en mode ''badge plus main''. Le logiciel mémorise le trajet emprunté et les ouvertures de portes. FICHE TECHNIQUE Capacité 1 000 utilisateurs Traitement moins de deux secondes Taux d'acceptation erronée 0,00008 % Taux de faux rejet 0,01% Le terminal fonctionne en réseau et intègre un badge MiFare Prix 1 940 euros

LA PLUS GROSSE MÉMOIRE

CABABOX DE CDVI Le Cabaprox du français CDVI couple l'empreinte digitale et le badge sans contact (tag Mifare). Il bénéficie d'une capacité mémoire illimitée. En outre, la lecture de l'empreinte se fait par défilement du doigt pour ne pas laisser de traces sur le capteur. Ce dernier autorise les doigts moites. Le lecteur de contrôle d'accès est fourni avec un logiciel dédié et un programmateur de badges. Il est possible d'affecter des tags pour une seule ou plusieurs portes ou différents sites. FICHE TECHNIQUE Capacité illimitée Temps de traitement 1 à 2 secondes Lecteur de Tag Mifare intégré disposant d'une antenne de lecture et d'écriture et d'une centrale d'accès commandant une porte Prix 830 euros

LE PLUS INNOVANT

FINGER VP DE MORPHO-HITACHI Associant l'empreinte digitale et le réseau veineux, Finger VP capture et traite simultanément les deux jeux de données biométriques. Il intègre aussi le système de détection de faux doigt fourni par Morpho, le co-concepteur du système avec Hitachi. Grâce à ce partenariat, le taux d'échec à l'enrôlement devrait baisser et l'appareillement s'améliorer. Ce qui augure une diminution du nombre d'impostures et de rejets erronés. Les premiers terminaux de contrôle d'accès seront commercialisés cette année. FICHE TECHNIQUE Capacité jusqu'à 50 000 utilisateurs Temps de traitement moins d'une seconde en authentification Le système peut s'intégrer dans un terminal de contrôle d'accès ou se connecter à un PC Prix pas encore disponible

JEAN-JACQUES RICHARD DIRECTEUR DE LA SÛRETÉ ET DE L'INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE CHEZ LE TRANSPORTEUR TNT EXPRESS FRANCE.

« Notre centre opérationnel de contrôle est stratégique car il supervise les dispositifs de protection physiques et électroniques des sites ainsi que le suivi des véhicules équipés de GPS. Moins de 10 personnes y ont accès. Nous avons opté pour un système biométrique en plus du badge d'identification car il garantit un accèspersonnalisé. Il y a deux ans, nous avions un lecteur d'empreintes digitales qui émettaient des rejets. Ce qui n'est pas le cas avec Biovein, le lecteur de réseau veineux du doigt de SafeTic (vendu à 2 500 euros hors installation). Comme il bénéficie d'une autorisation unique, il nous a suffi de faire une déclaration auprès de la Cnil. Nous avons bien sûr informé et consulté les instances représentatives du personnel. Nous envisageons d'utiliser ce système pour protéger certaines zones très sensibles renfermant du fret à forte valeur ajoutée. »

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