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Horizon Europe : trois conseils d’entreprises pour se lancer dans le programme d’innovation européen

Alexandre Couto

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Horizon Europe : trois conseils d’entreprises pour se lancer dans le programme d’innovation européen

Le programme-cadre européen pour l’innovation et la recherche a été officiellement lancé la semaine dernière en France. Un webinaire dédié aux entreprises a été organisé le 26 mai par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Objectif : convaincre les entreprises françaises de se lancer dans l’aventure, grâce aux témoignages de sociétés qui ont déjà franchi le pas de l’innovation collaborative européenne.

 

Qu’est-ce qui freine la participation des entreprises françaises aux programmes d’innovation européens ? Cette question a été débattue le 26 mai lors d’un webinaire organisé par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) dans la foulée du lancement en France du nouveau programme-cadre Horizon Europe.

Selon le Medef, le niveau de participation des français est en effet en dessous des attentes : « Nous manquons de candidats sur ces programmes ! » a déploré Dominique Carlac’h, vice-présidente de l’organisation patronale « Seulement 10% des aides à l’innovation et à la recherche versées aux entreprises françaises proviennent des programmes européens. Or, la Direction générale des entreprises (DGE) a estimé que ce pourcentage devrait se situer autour de 15-20%.».

Le nouveau programme-cadre pour la recherche et l’innovation Horizon Europe, qui couvre la période 2021-2027, est l’occasion de changer la donne. Doté d’un budget supérieur de 25% par rapport à Horizon 2020 (H2020), il constitue une opportunité à saisir selon l’Agence nationale de la recherche technologique (ANRT) pour « dérisquer » les projets d’innovation et accélérer la mise sur le marché de nouvelles technologies. Un dispositif qui s’articule parfaitement avec les objectifs du plan de relance, selon les participants du webinaire.

Pour inciter les entreprises à franchir le pas, le webinaire a donné la parole à plusieurs entreprises, de la start-up au grand groupe, qui ont déjà fait l’expérience d’un projet européen d’innovation collaborative afin de partager conseils et bonnes pratiques sur le sujet. Trois conseils ressortent des différentes tables rondes.

1- Ne pas surestimer la complexité des projets européens

« L’un des a priori tenaces que l’on entend sur les projets européens, c’est qu’ils sont complexes et difficiles à mettre en place. Beaucoup imaginent que cela représente beaucoup de paperasserie. Mais c’est en réalité très facile de candidater sur ces projets,  », a témoigné François Birot, cofondateur de la start-up Go Sense, spécialisée dans des solutions d’aides au déplacement pour les mal-voyants. La jeune pousse s’était lancée, en compagnie du CEA, dans le projet H2020 Inspex qui visait à mettre en place un détecteur d’obstacles pour les personnes déficients visuels. Selon François Birot, il faut démystifier la charge administrative liée à ces projets, d’autant plus que de nombreux accompagnements sont aujourd’hui mis en place pour soutenir les entreprises qui souhaitent s’engager.

Les pôles de compétitivité et les agences régionale de l’innovation sont considérés comme les principaux relais pour aiguiller et soutenir les sociétés dans leurs démarches.

« Ce n’est pas plus compliqué qu’autre chose. On retombe très vite dans les bases de la gestion de projet, c’est-à-dire à déterminer quelle tâche est dévolue à chaque partenaire », explique Jean-Jacques Bernardini, responsable du département des affaires européennes de l’Agence d’innovation du Grand Est « En tant qu’organisme accompagnateur, nous mettons en place les outils et les méthodes pour nous assurer que chacun reste focalisé dans son rôle : les équipes scientifiques sur les développements, la gestion de projet sur la supervision ».

Selon Pierre Brignou, chargé de projet innovation au sein de la PME de recherche industrielle Rescoll, les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) comme le CEA ou l’ADEME, jouent également des rôles majeurs en orientant les entreprises vers les projets les plus pertinents et en favorisant les collaborations.

Enfin, la plupart des intervenants ont salué le rôle du MESRI dans la promotion et l’accompagnement du dispositif Horizon Europe.

2- Créer son écosystème et trouver sa place au sein du projet

Au-delà de l’accompagnement par les organismes publics, plusieurs participants au débat ont mis en exergue l’importance de  construire des partenariats en amont pour faciliter la mise en place des projets. Certains projets pouvant comporter jusqu’à 12 partenaires, une bonne connaissance des expertises de chacun est en effet nécessaire pour trouver sa place au sein des programmes.

« Pour que le projet soit fructueux, mon conseil est de se construire un écosystème de partenaires européens en amont », estime Jean-Luc di Paola Galloni, directeur délégué affaires publiques et développement durable du Groupe Valeo « Lorsqu’une société rejoint un projet, elle apporte sa contribution Pro Bono aux feuilles de route de celui-ci. En participant à régulièrement à des sessions de networking européens, il est possible de déterminer avec quelle start-up, quel laboratoires de recherche, on souhaite s’associer pour tirer profit du projet. Ce n’est pas sous la contrainte d’un appel à projet, en une dizaine de jours, que l’on peut trouver les bons partenaires ».

Ce conseil est partagé par de nombreux participants de ces tables rondes, notamment par les start-ups. « Les projets européens sont un formidable tremplin pour développer de nouvelles solutions, mais pour cela il faut trouver les partenaires technologiques les plus pertinents. Ce volet est souvent plus facile pour les start-up qui sont déjà dans une logique forte de partenariats », abonde François Birot.

Pour Bertrand Villerobe, directeur de la technologie du spécialiste de la bioimpression Poietis, la démarche est souvent plus aisée pour les sociétés qui possèdent des liens étroits avec le domaine de la recherche académique. « Les entreprises comme Poietis se situent à l’interface entre la recherche fondamentale et l’industrie. Cela nous permet d’échanger avec de nombreux partenaires et cela nous donne plus de facilité à nous projeter vers l’Europe. », juge-t-il.

3 – Mieux comprendre les attentes de la Commission Européenne

Pour tirer profit de ces projets européens, il est conseillé de bien comprendre les attentes de la Commission Européenne. «Il faut clairement identifier ce que demande la Commission européenne avec ces appels à projets », estime Jean-Luc di Paola Galloni « Cela nécessite une connaissance intime de la culture européenne, et des stratégies d’innovation. Il y a des pays comme l’Autriche ou les Pays-Bas, qui, sans avoir une recherche publique forte, possèdent une véritable stratégie au niveau de l’UE pour innerver ces projets d’innovations ».

Pour Elena Billi-Rizza, directrice de la recherche et de la valorisation à Sorbonne Université, la phase d’écriture du projet -  notamment la mise en place d’un accord de consortium entre les partenaires européens -  est essentielle. « Il faut définir très tôt dans l’écriture du projet comment s’organisera la gouvernance », explique-t-elle « C’est une étape qui est souvent délaissée. Il arrive souvent au cours du projet qu’un imprévu arrive et qu’aucune décision ne puisse être prise faute d’une gouvernance clairement établie ».

Enfin, Elena Billi-Rizza rappelle que ces projets doivent avant tout répondre à des attentes publiques. « Il ne faut pas oublier que ces projets ont été mis en place pour atteindre des objectifs établis par le Parlement européen ou par des consultations citoyennes. C’est une approche qui privilégie l’impact attendu de l’innovation. Il faut en tenir compte lors de la rédaction et la conception du projet afin de répondre pleinement aux objectifs fixés par l’UE », conclut-elle.

 

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