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Hitachi expose sa R & D

Philippe Pélaprat

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Le japonais mise fortement sur l'innovation. Il a dévoilé plusieurs de ses projets.

À l'occasion de l'événement d'envergure européenne "Hitachi Inspire Life" qui se déroulait à Paris, avant l'été, le groupe a présenté un grand nombre de projets de R&D ainsi que des réalisations, sous le slogan « L'innovation au service des générations futures ».

Grand nom de l'industrie japonaise, Hitachi est membre d'un "keiretsu", ces groupements d'entreprises nés après la Seconde Guerre mondiale du démantèlement par les Américains des "zaïbatsu", les trusts familiaux accusés de complicité avec la politi- que impérialiste du Mikado. Comme toutes les entités semblables, le keiretsu Fuyo (lotus en japonais), qui inclut Hitachi, s'organise autour d'un pôle bancaire - initialement Fuji Bank, devenue Mizuho Bank - et fédère plusieurs grandes sociétés comme Canon, Oki, Marubeni, Ricoh, Yamaha. Mais au-delà de quelques liens capitalistiques ou commerciaux privilégiés, l'appartenance à un même keiretsu n'impose nullement une image uniforme. Au contraire, ces entreprises affichent toutes de fortes identités, fondées sur des histoires particulières, des valeurs portées en exemples et des personnalités emblématiques.

Plus de vingt laboratoires de R & D

Hitachi a été créé en 1910 par Namihei Odaira en tant qu'atelier de réparation électrique puis fabrique d'équipements. C'est aujourd'hui un groupe industriel présent sur tous les continents qui emploie 390 000 personnes et génère un chiffre d'affaires supérieur à 112 milliards de dollars. Il est structuré en sept secteurs d'activité : systèmes d'information et de télécommunication (21 % du chiffre d'affaires groupe), équipements électroniques (11 %) ; systèmes industriels et énergie (26 %) ; supports numériques et équipements grand public (13 %) ; composants matériels et électroniques (15 %) ; logistique et services (10 %) et services financiers (4 %).

Sa capacité d'innovation industrielle s'appuie sur une politique de recherche et développement financée par un investissement représentant près de 4 % du chiffre d'affaires global. Six grands laboratoires de R & D sont implantés au Japon, quatre en Europe dont un en France, à Sophia Antipolis dans les Alpes-Maritimes, (il est consacré aux réseaux de télécoms, à la sécurité et aux réseaux mobiles) et enfin trois aux États-Unis. Par ailleurs, un important centre de R&D comprenant sept laboratoires spécialisés est installé en Chine ainsi qu'un autre ailleurs en Asie. Les équipes de chercheurs totalisent quelque 9 000 personnes (deux tiers hors Japon) et déposent environ 67 000 brevets par an. Hitachi compte généralement une dizaine d'années entre l'idée d'un nouveau produit et sa commercialisation. Sa charte de l'environnement a conduit à la mise sur le marché de 5 500 produits "eco friendly" en 2007, avec un objectif de 7 000 produits pour 2010 et une révision générale de l'offre pour être plus conforme aux exigences du développement durable.

Des chercheurs réputés

Pour soutenir la recherche fondamentale, le groupe a aussi créé le titre d'"Hitachi fellow" pour accompagner des chercheurs réputés comme le docteur Hideki Kambara qui a mis au point un séquenceur d'ADN, le docteur Akira Tonomura, spécialiste de l'holographie électronique ou Hideaki Koizumi, sommité en matière d'étude du cerveau humain.

COMMUNICATION MOBILELes véhicules dialoguent

Développée dans le cadre de la norme 802.11p/ 1609, la Wavebox est un équipement de communication embarqué à bord des véhicules qui dialogue avec les autres automobiles ou avec les infrastructures routières. Le boîtier est relié à une série de capteurs qui scrutent l'environnement. Il échange des données avec les mobiles ou avec des équipements fixes plus rapidement qu'en Wi-Fi. Il informe de la situation de la circulation ou de l'état de la voirie, en régime normal comme en situation d'urgence. Les liaisons radioélectriques à large bande passante et sont gérées par un dispositif de qualité de service et un double émetteur-récepteur donne priorité aux messages d'urgence. Des essais sont en cours dans plusieurs pays avec des matériels similaires et l'intégration dans les véhicules pourrait intervenir à partir de 2012. Quant à la technologie de communication sans fil Ultra wide band (UWB), elle est utilisée pour tracer les déplacements des personnes et des mobiles avec une précision de 30 m.

SIMULATION 3DPour les ascenseurs et... les inondations

Pour aider les concepteurs de bâtiments et d'espaces publics, Hitachi propose un système de simulation en trois dimensions qui permet de valider l'implantation et la configuration des ascenseurs de grande capacité. La simulation permet d'établir différents scénarios de déplacement de foules et de valider la capacité et les modes d'accueil des bâtiments. Le simulateur d'inondation DioVista calcule les débits d'eau en fonction de l'hydraulique des sites étudiés et de la dynamique des fluides. Cela permet de calculer et prévoir les zones inondables à partir d'un scénario de rupture de digue provoquée en un clic sur la carte. DioVista simule le niveau d'eau des rivières à partir de prévision ou de projection de précipitations qui permettent de planifier des évacuations, et d'évaluer les risques au profit des compagnies d'assurance.

ÉNERGIEL'essor du générateur solaire flexible

Hitachi a développé un grand nombre de produits destinés à produire, à conserver ou à économiser de l'énergie. Le générateur solaire flexible est constitué de couches minces photosensibles stratifiées de 20 nm d'épaisseur permettant de produire du courant électrique sur une vaste gamme de supports, rigides ou souples comme les volets roulants. Les cellules solaires sensibilisées aux colorants sont constituées de couches minces de dioxyde de titane dont la nanostructure contrôlée est déposée sur un substrat de verre. Ce procédé de fabrication triple la surface photosensitive et induit une baisse de coût importante par rapport aux capteurs conventionnels constitués de tranches de silicium. Hitachi propose également de convertir toutes les eaux résiduelles produites par les systèmes industriels de réfrigération et de climatisation grâce à de petites turbines génératrices d'électricité. Ces machines peu encombrantes et à haut rendement, récupèrent environ 60 % de l'énergie. Deux modèles sont commercialisés : une turbine pouvant produire 3 kW est destinée aux installations d'immeuble et qui récupère l'énergie du flux d'eau en fonction de la hauteur. Un modèle plus puissant - 9 kW - est utilisable sur les systèmes industriels mais également pour récupérer l'énergie des eaux de source en montagne ou d'irrigation agricole. Hitachi développe aussi, avec le concours du Nedo (New energy and industrial development organization), une pile à combustible qui fonctionne avec du méthanol, de l'air et de l'eau. Elle est capable de fournir une puissance de 100 W en courant continu, moins d'une minute après son activation et à une température ambiante de 5 °C.

SANTÉLe cerveau en prise directe avec l'ordinateur

La branche médicale d'Hitachi a développé le système Kokoro Gatari destiné à entretenir une communication "cérébrale" minimale (oui ou non) avec les patients atteints de paralysie totale. L'appareil s'appuie sur la topographie optique, une technologie qui utilise des ondes lumineuses proches de l'infrarouge émises par des faisceaux placés dans un bandeau placé autour de la tête du patient. Une partie de ces ondes est réfléchie par l'hémoglobine contenue dans le sang et ce signal en retour est capté par des récepteurs également placés autour de la tête. L'analyse par interpolation des signaux permet de déterminer les concentrations sanguines, donc le volume sanguin régional cérébral. Ce procédé permet de tracer une carte en temps réel des zones en activité du cerveau. Le dispositif mis au point par les chercheurs d'Hitachi est portatif et doté d'une autonomie de trois heures. Il se connecte sans fil à une base de réception centrale capable de recevoir les informations de 24 enregistreurs en même temps. Pour que le dispositif soit opérationnel, il faut que le patient se soumette à une phase d'apprentissage : pour dire oui, le patient doit stimuler sa pensée en chantant mentalement, pour dire non, il doit compter lentement. Ces activités cérébrales induiront des débits du sang différents qui seront détectés par les capteurs du bandeau.

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