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Henri Seydoux, l'autodidacte qui offre la technologie au grand public

Henri Seydoux, l'autodidacte qui offre la technologie au grand public

Il met les drones dans toutes les mains

© Mohamed KHALFI

Qu'ils soient plutôt entrepreneurs ou scientifiques de haut vol, agitateurs d'idées ou orchestrateurs de talent, passionnés de technique ou fins analystes de ses usages, les cinquante pesonnalités dont nous vous proposons de découvrir le portrait jouent un rôle majeur dans l'innovation en France. C'est le cas d'Henri Seydoux, le patron de Parrot, dont les jouets high-tech ont séduit une très large audience.

Son arrière-grand-père, Marcel Schlumberger, était un ingénieur de l’Ecole centrale de Paris qui avec son frère Conrad (X-Mines) créa le groupe éponyme spécialisé dans la géophysique et le pétrole. Son grand-père René Seydoux était géophysicien. Son père Jérôme Seydoux, diplômé de l'École nationale supérieure d'électronique, d'électrotechnique et d'hydraulique de Toulouse (ENSEEIHT), s’est orienté très tôt vers les affaires (finances, transport maritime et aérien, presse, cinéma).

Henri Seydoux est, quant à lui, un autodidacte. Avec juste un bac scientifique (C) en poche, il entre dans la vie active à 18 ans en 1978 comme stagiaire au magazine Actuel, avant d’y être employé en tant que journaliste de 1979 à 1980. A l’occasion d’un reportage, il va rencontrer Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puce, qui lui donne le goût de la programmation informatique.

Il intègre en 1982 SSCI comme développeur de systèmes d’exploitation, puis poursuit l’expérience de 1983 à 1984 chez Microarchi. En 1985, il se lance et crée la société BBS, société destinée à commercialiser ce système d’exploitation. En 1986, il crée BSCA qui réalise des images de synthèse 3D, mais c’est un échec et il jette l’éponge en 1990.

En 1991, il fonde, avec trois autres associés, la société Christian Louboutin, qui n’est pas encore le chausseur de luxe bien connu, et en devient administrateur. Mais il revient aussi à ses premières amours et se lance dans la reconnaissance vocale, avec l’idée d’un agenda électronique qui pourrait parler comme son propriétaire, un vrai perroquet, parrot, en anglais. Cela aboutira à la création avec Christine de Tourvel et Jean-Pierre Talvard de Parrot en 1994, dont il devient le PDG. L’agenda ne verra pas le jour, mais les ingénieurs de Parrot vont développer cette technologie pour l’usage du téléphone en voiture avec les ‘‘kit mains libres’’. « On a été les premiers à vraiment croire, dans le domaine de l’automobile, à l’utilisation de Bluetooth. On avait déjà tout le savoir-faire en traitement audio. On a fait les téléphones Bluetooth pour la voiture ». L’entreprise passe de la start-up constamment à la recherche de fonds pour se développer à une entreprise de haute technologie capable de se développer par ses propres moyens.

Mais Henri Seydoux pense déjà à d’autres applications ludiques de l’informatique. « C’est un garçon délicieux, totalement ailleurs, c’est celui qui a le plus compris la poésie de la science », dira de lui son ami et designer fétiche depuis plus de dix ans, Philippe Starck. C’est ainsi que l’on verra apparaître au catalogue de Parrot des autoradios, des casques audio et des enceintes, mais ce qui fera la notoriété de Parrot dans le grand public c’est l’AR Drone. Cet engin volant, pilotable à l’aide d’un simple smartphone, bénéficie largement de tous les capteurs embarqués dans le smartphone (accéléromètres 3D, gyroscopes…) qui sont autant de sources d’utilisations innovantes. On a vu depuis arriver des drones roulants et sauteurs.

« Plus généralement, tous les objets vont être connectés dans un futur relativement proche. Pour cela, il faudra qu’ils soient équipés de capteurs. Des capteurs qui pourront être aussi utilisés pour en améliorer le fonctionnement. Par exemple, dans une enceinte audio, ils pourront mesurer le comportement du haut-parleur et envoyer les informations nécessaires pour en améliorer les performances en temps réel, jusqu’à en faire une enceinte active grand public », expliquait récemment Henri Seydoux dans une interview. Car la philosophie de Parrot, c’est de faire des produits très techniques, qui sont utilisés par des centaines de milliers d’utilisateurs.

L’autodidacte est bien devenu un entrepreneur, comme ses ancêtres. D’ailleurs, c’est lui qui depuis 2009 représente les intérêts de la famille au conseil d'administration du Groupe Schlumberger.

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