Nous suivre Industrie Techno

Heineken recycle ses vapeurs

PAR RIDHA LOUKIL, THIERRY MAHÉ, MARIE-CATHERINE MÉRAT ET SONIA PIGNET
Grâce à son procédé Pfaduko, le brasseur limite ses pertes d'énergie thermique et supprime les odeurs émanant de son site de production.

On a beau aimer la bière, on n'apprécie par forcément les odeurs liées à sa fabrication. Surtout que, à en croire le technicien environnement d'Heineken à Marseille (Bouches-du-Rhône), les odeurs s'apparentent plus à celles de légumes cuits qu'à celles des vapeurs d'alcool. Implantée en zone urbaine, l'unité de production de ce brasseur parfumait donc désagréablement le quartier, en recrachant dans l'air des diméthylsulfures (DMS). Une pollution nuisible aussi pour l'entreprise car les vapeurs rejetées représentaient autant d'énergie thermique dissipée dans la nature.

En janvier dernier, Heineken a résolu ces problèmes en mettant en service le procédé Pfaduko. D'une part, il réduit les émissions polluantes et, d'autre part, il permet de récupérer l'énergie thermique lors de la phase d'ébullition du moût ou brassin. Au lieu d'être évacuées dans l'air, les vapeurs créées lors de cette étape rejoignent désormais une cuve de stockage d'eau, via un échangeur tubulaire. Cette eau est ensuite réutilisée en cours de process pour préchauffer le moût du bassin suivant, avant d'être finalement évacuée sous forme liquide dans le circuit des eaux usées.

Un retour sur investissement en 4 ans

Adieu donc les odeurs alimentaires et le panache de vapeur qui s'élevait au-dessus du quartier marseillais de La Valentine. En n'évacuant plus les fumées, ce procédé réduit de 10 % les gaz à effet de serre émis par la brasserie (principalement des gaz de combustion). Cela représente grosso modo 1 000 tonnes d'équivalent CO2 par an. « Nous estimons également une économie d'environ 15 % d'énergie thermique », rapporte Patrick Gharbi, technicien environnement de la brasserie. Ce qui se traduit par une diminution de la facture d'énergie du site de l'ordre de 7 à 8 %. Aussi, malgré une dépense importante consacrée à cette installation (518 000 euros), le retour sur investissement ne devrait pas se faire attendre plus de quatre ans.

Initié en 2006 à l'occasion d'une démarche d'économie d'énergie, Pfaduko n'est pas le premier projet réalisé en ce sens par Heineken. L'entreprise s'est investie depuis vingt ans pour réduire sa consommation d'eau, valoriser ses déchets et favoriser l'utilisation d'énergies propres ou renouvelables. Sur ses cinq brasseries implantées en France, celle de Marseille est cependant la première à s'équiper de ce système. Une initiative qui pourrait faire des petits dans les 120 usines mondiales du groupe, notamment celles implantées dans des zones résidentielles.

POINTS FORTS

- Investissement 518 000 euros - Économie 15 % d'énergie thermique. Une réduction de 10 % des gaz à effet de serre émis. - Impact En plus du gain environnemental et financier, le système a éliminé la pollution olfactive générée par l'usine.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0895

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2007 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies