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Gravity réinvente l'apesanteur au cinéma

Gravity réinvente l'apesanteur au cinéma

Les deux héros de Gravity

© DR

Le film Gravity sort en France demain. Lors d’une banale sortie dans l’espace, une experte en ingénierie médicale et un astronaute subissent un accident et se retrouvent seuls dans l’espace. Pour rendre l’action la plus réaliste possible et choisir parmi les technologies les plus récentes, le réalisateur Alfonso Cuaron s’est entouré de spécialistes de la NASA, d’anciens astronautes et de techniciens des effets spéciaux.

« Que la conquête de l’espace soit un vecteur  important de l’innovation technologique est un fait bien établi. Ainsi lorsqu’un projet spatial est lancé, une partie importante des défis technologiques nécessaires pour le mener à bien n’ont pas encore trouvé de solutions », expliquait ce matin Jean-François Clervoy, spationaute et PDG de Novespace sur France Inter. Pourtant, confiance est faite aux ingénieurs pour trouver des solutions aux problèmes posés. De son côté, pour rendre toujours plus réaliste les films dans l’espace, le cinéma innove aussi. Petite revue des technologies marquantes du film Gravity.

La ''Light Box'' pour simuler l’espace

Durant une bonne partie du film, les deux héros sont en apesanteur, autrement dit en ''gravité zero''. Pour rendre compte au mieux du phénomène, les équipes du film ont mis au point la ''Light Box'' : un parallélépipède de plus de 6 mètres de long et de haut, sur 3 mètres de large fait de 196 panneaux comportant chacun 4 096 LED. Dans cette énorme ''boîte'' aux parois intérieures constituées de panneaux couverts de minuscules lampes LED, des images de l’espace ont été projetées pour simuler les lumières qui en émanent et ainsi apporter un réalisme encore plus important sur les acteurs (reflets sur les combinaisons, les casques, les yeux et même la peau. Lorsque l’on voit le héros tourner dans l’espace, l’ensemble des lampes est dirigé à distance par ordinateur, de même que les caméras, fixées sur des bras robotisés semblables à ceux utilisés dans l’industrie automobile.

               

                                         Une vue intérieure de la Light Box

Des câbles de marionnettistes pour les déplacements en apesanteur

Quant aux acteurs, ils sont attachés à des sortes de cônes. Une plaque tournante installée sous le plancher les renverse et les soulève de sorte que les mouvements simulés de la plate-forme conjugués avec ceux de la caméra donnent l’impression qu’ils flottent sans contrainte. Pour leurs déplacements, six câbles étaient attachés aux épaules des acteurs et six autres à la taille, de chaque côté, pour éviter l’effet de balancier. Le système était ensuite manipulé et piloté par des marionnettistes ! 

               

                              Un bras robotisé semblable à ceux utilisés
                            dans l'industrie a été utilisé lors du tournage


Le ''simulateur de la poupée de chiffon'' pour comprendre les mouvements du corps humain

Pour bien comprendre en amont comment un personnage se déplace dans l’espace, les responsables de l’animation virtuelle ont fait appel au ''simulateur de la poupée de chiffon'', un personnage souple qu’on lance dans l’espace virtuel et qui simule les mouvements du corps humain. « Il nous a fallu revoir toutes nos règles physiques, puisqu'en général, nous partons du principe que le mouvement d'un objet est déterminé par son poids », explique un animateur du film, David Shirk. « Nous avons dû remettre en question ces postulats, et accepter l'idée que, par exemple, lorsqu'un objet se met à tournoyer, il continuera à tournoyer indéfiniment – jusqu'à ce qu'il heurte un autre objet qui le déviera de sa trajectoire ».

Enfin, pour reconstruire au mieux les décors du film, les décorateurs n’ont rien trouvé de mieux que de reconstruire en dur la capsule Soyouz. Résultat pour un tel panel de technologies mises en place, Eugène Aldrin Junior, dit Buzz Aldrin, le deuxième homme à avoir mis les pieds sur la lune, juste après Neil Armstrong, était lui-même impressionné par le réalisme du film. Quant à l’astronaute français Jean-François Clervoy, employé en tant que consultant pour s’assurer que le film était réaliste, il remerciait le réalisateur pour lui avoir permis de « retourner dans l’espace à nouveau ! »

Phillipe Passebon

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