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Grâce au neuromorphique, la rétine artificielle de Prophesee réinvente la vision

Manuel Moraguesmanuel.moragues@industrie-technologies.com
Grâce au neuromorphique, la rétine artificielle de Prophesee réinvente la vision

Chaque pixel du capteur Metavision est indépendant et réagit aux changements d’illumination à la microseconde près.

Pionnière de l'électronique neuromorphique appliquée, la start-up parisienne Prophesee a lancé la première rétine artificielle prête à être intégrée dans une caméra. De quoi amorcer le déploiement d’une rupture technologique inédite dans la vision.

L'électronique inspirée du cerveau ne se cantonne pas à la R & D. La preuve chez Prophesee, start-up d’une centaine de personnes installée Passage de l’innovation, dans le XIIe arrondissement de Paris. Son PDG et cofondateur, Luca Verre, tient entre ses doigts une puce aux reflets jaune orangé packagée au standard mini-BGA et prête à être soudée sur un circuit intégré. « Notre Metavision Sensor est la première rétine artificielle qui arrive sur le marché à l’état de produit. Nous sommes parvenus à l’industrialiser en étant compatible CMOS [la technologie de fabrication standard des composants électroniques, ndlr] », se félicite-t-il. Son lancement a été annoncé fin septembre, mais elle équipe déjà une caméra industrielle fabriquée par Imago Technologies. Ce spécialiste allemand de la vision industrielle a bâti sa caméra autour du capteur neuromorphique de Prophesee. Baptisée VisionCam EB, elle intègre un microprocesseur qui fait tourner les logiciels de Prophesee, dont des réseaux de neurones. Ceux-ci sont dédiés à de premières applications industrielles – surveillance de chaîne cinématique, analyse vibratoire, comptage – testées par des démonstrateurs installés dans la cave voûtée de la start-up parisienne.

Prophesee a lancé une technologie de rupture. Une façon de voir radicalement différente des systèmes de vision existants. Démonstration… par l’image. Placé sur la table, son premier prototype de caméra fait face au dirigeant, immobile. Un PC affiche ce qu’elle voit. Quand rien ne se passe, l’écran reste blanc. Luca Verre lève le bras, l’écran s’anime d’une fugace nuée de pixels noirs. Une bizarre combinaison de contours et de formes a brièvement fait apparaître le bras, une partie du torse et de la tête. L’image était pauvre esthétiquement, mais le mouvement a été parfaitement capté. Et pour cause : Prophesee ne voit que ce qui bouge, mais le voit avec une acuité inédite. Elle offre une vision événementielle (event-based), en rupture avec la vision par trames (frame-based) utilisée jusqu’ici. Dans la vision classique, le capteur remonte, à une certaine cadence (fréquence de trame), les valeurs d’illumination de l’ensemble de ses pixels, générant une succession d’images fixes (les trames). Avec Prophe­see, chaque pixel est indépendant et n’envoie une information que lorsque l’intensité de la lumière qu’il reçoit change significativement. Exactement comme l’œil humain.

« Cette manière d’acquérir l’information apporte trois avantages majeurs, détaille Luca Verre. Tout d’abord, cela réduit drastiquement la quantité de données : seules celles qui sont pertinentes, liées au changement, sont captées. Ensuite, cela permet d’être extrêmement rapide puisqu’il n’y a plus de notion de temps d’acquisition, de fréquence de trame. Nos pixels réagissent au changement à la microseconde près. C’est comme si l’on avait une caméra capable d’enregistrer des dizaines, voire des centaines de milliers d’images par seconde. » Des caméras ultra-rapides[…]

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