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Google veut réinventer le diagnostic médical grâce aux nanotechnologies

Philippe Passebon
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Google veut réinventer le diagnostic médical grâce aux nanotechnologies

Un projet de diagnostic grâce à des nanoparticules est en gestation au Google X Life Sciences.

Google a dévoilé mardi 28 octobre un projet de diagnostic révolutionnaire. La compagnie américaine travaille sur des nanoparticules présentes en continu dans le sang avec pour mission de détecter les premiers signes de cancer, mais aussi d’autres maladies.

Ce mardi 28 octobre, Andrew Conrad,  le chef de l’équipe Life Sciences du laboratoire Google X, a dévoilé lors de la Wall Street Journal Digital Conference un projet de diagnostic des maladies grâce à des nanoparticules. Injectées dans le sang, ces nanoparticules un millier de fois plus petites que les globules rouges peuvent alors «patrouiller» en continu dans le corps à la recherche de traces de tumeurs ou autres signes de maladies, de manière totalement transparente pour l’utilisateur. Les nanoparticules pourraient être administrées sous forme de pilules et seraient capables de rechercher un type de cellules, de protéine ou de molécule et de s’y accrocher. Un appareil portable permettrait ensuite d’attirer par aimantation les nanoparticules et de les compter, permettant ainsi de recueillir des informations sur les cellules auxquelles elles se sont accrochées.

Selon Andrew Conrad, tous les tests jamais réalisés chez un docteur seront désormais possibles. Et la technologie pourrait être mature d’ici cinq ans ! Quant aux informations ainsi extraites du corps des patients, Andrew Conrad se veut rassurant, le système devrait être commercialisé sous forme de licence, sans que Google n’ait directement accès aux données collectées. Google n'est d'ailleurs pas le seul à travailler sur les nanotechnologies dans le domaine de la santé. Depuis 2001, le gouvernement américain a investi près de 4,3 milliards de dollars dans des projets de nanotechnologies portés par des agences spécialisées dans la santé. Elles s’appellent Nanosphère, T2 Biosystems ou  encore Bind Therapeutics et ont pour objectif d’injecter des nanoparticules dans le corps humain pour diagnostiquer des maladies ou pour délivrer des médicaments au plus près des cellules ciblées.

Encore de nombreux défis techniques à surmonter

Selon les spécialistes, relate le Wall Street Journal, la mise au point d’un tel système de diagnostic devrait prendre bien plus de cinq ans, et son utilisation présentera divers défis. D’un point de vue technique, les chercheurs doivent identifier les couches fonctionnelles dont doivent être équipées les nanoparticules pour s’accrocher aux cellules, protéines ou molécules ciblées, mais aussi déterminer combien de nanoparticules sont requises pour que le système fonctionne. Le système portatif doit aussi être assez léger pour être porté sans occasionner de gêne. D’autres questions liées à l’utilisation des nanoparticules dans le corps humain se posent également. Combien de temps fonctionneront ces nanoparticules, comment pourra-t-on en arrêter le fonctionnement et les éliminer du corps, et que sait-on des effets collatéraux à l’injection de ces nanoparticules dans le sang ?

La santé, un secteur stratégique pour Google

Le projet de Google X n’a en fait pas de quoi surprendre. Le groupe de la Silicon Valley ne cache pas son ambition d’augmenter de manière conséquente la durée de vie de l’être humain grâce aux nouvelles technologies (résumées sous l’acronyme NBIC, pour nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives), voire de le rendre immortel. Dans la même veine, Google devrait commercialiser dès 2015 sa lentille connectée pour mesurer le taux de glucose des diabétiques. Google X Life Sciences a également lancé une étude scientifique appelée Baseline Study visant à déterminer ce qu’un individu «sain» signifie d’un point de vue moléculaire et cellulaire. Enfin, en septembre 2013, Google avait créé Calico (California Life Company), une société de biotechnologies dont la mission principale est de s’attaquer au vieillissement et aux maladies dégénératives. Non content de veiller sur nos données, Google sera bientôt notre médecin. De quoi se faire un sang d'encre...

Dans cette vidéo, Andrew Conrad détaille le projet :

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