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[Global Industrie 2020] Simplicité, collaboration, adaptabilité : les trois mots d'ordre des roboticiens

Enguerrand Armanet

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[Global Industrie 2020] Simplicité, collaboration, adaptabilité : les trois mots d'ordre des roboticiens

© Fanuc

Lors du salon Global industrie 2020, un webinar dédié à la robotique s'est tenu le 1er juillet. L'occasion pour les grands acteurs du secteur tels Fanuc, Kuka, Staübli et ABB de mettre en avant l'évolution de leurs robots vers plus de simplicité, d’adaptabilité et de collaboration avec l'humain.

Des robots pour tous, et partout. Les roboticiens sont venus exposer leurs produits sur le salon virtuel de Global Industrie, qui s'est tenu du 30 juin au 3 juillet. Le 1er juillet, une dizaine d'entre eux, dont Staübli, Kuka, Fanuc et ABB France ont présenté l'évolution de leur offre lors d'un webinar.

Trois lignes de forces ce dégagent : plus de simplicité de programmation et d’utilisation, plus d’adaptabilité et de diversification, plus de collaboration. « On va aller vers une robotique qui sera sans doute plus simple, qui intègrera de nouveaux usages », avance Serge Nadreau, président du syndicat professionnel Symop.

Un cap qui s'inscrit dans une évolution déjà engagée face aux transformations du marché : « Aujourd’hui, le marché de la robotique n’est plus simplement tiré par l’automobile, mais bien par le tissu des entreprises industrielles de taille moyenne », poursuit-il. En outre, la crise du COVID-19, qui a fragilisé l’industrie de l’automobile, encourage les fabricants de robots à explorer d'autres secteurs industriels.

Vers une simplification des interfaces de programmation

Les difficultés soulignées par Vincent Lemonde, directeur général de la société Panarobotics du groupe Galilé, au sujet de la programmation des robots, servent de leitmotiv à certains constructeurs qui cherchent des interfaces de programmation simplifiées, voir intuitives. « Le robot n’est qu’un élément parmi d’autres, et il doit interagir avec de plus en plus d’éléments complexes », souligne-t-il.

Le fait que chaque fabriquant possède son propre langage et sa propre interface – qui sont souvent loin des standards actuels d’ergonomie imposés par le numérique - est un obstacle à la démocratisation des robots dans l’industrie. En effet la formation d’un opérateur aux différents langages robotiques est coûteuse et chronophage.

Pour éviter cet écueil, Panarobotics propose sa plateforme Kactus, destinée à regrouper et universaliser les langages robotiques en les rendant accessibles via une interface ergonomique. Cette interface, déjà disponible sur certains produits de Fanuc, permet à l’opérateur de programmer un robot en glissant-déposant des blocs graphiques.

Désireux d’évoluer vers toujours plus d’ergonomie, Fanuc propose une tablette tactile, dotée de la programmation graphique et d’une bibliothèque de fonctions. « Beaucoup d’entreprises, des TPE, des PME, vont vouloir s’équiper prochainement de robots simples à installer et à utiliser », avance Nicolas Couche, responsable produit de la division robotique chez Fanuc France.

De son côté, ABB mise sur son environnement Wizard Easy Programming (WEP), une autre interface de programmation basée sur un système graphique de déplacement de blocs. Programmable sur un PC, ou directement sur le pupitre du robot, ce type d’interfaces fait appel aux capacités visuelles du programmeur, qui s’affranchit ainsi du langage du constructeur. Cet environnement de programmation « préfigure ce que va être le futur de la programmation robotique chez ABB », lance Guillaume Pradels, chargé d’affaire chez ABB France.

Favoriser la collaboration en toute sécurité

Travailler avec un humain est parfois difficile, pour les robots aussi. La tendance actuelle tient en une phrase : « L’homme pour le savoir-faire, la machine pour les tâches pénibles et difficiles », résume Nicolas Couche, de Fanuc France. Mais la sécurité des collaborateurs est primordiale pour la mise en place de robots collaboratifs.

Pour respecter les normes ISO 10218-1 et ISO 10218-2 qui encadrent la mise en place des applications collaborative, les constructeurs doivent rechercher les solutions technologiques qui permettent de les respecter, tout en essayant de maximiser la vitesse et la capacité de charge des robots collaboratifs – les cobots.

Ainsi, dans sa nouvelle gamme de cobots CRX, Fanuc mise sur les capteurs intégrés pour augmenter la maniabilité tout en gérant la présence des opérateurs. Chacun des 6 axes du robot porte un capteur d’effort ce qui le rend extrêmement sensible. De même, Bosch-Rexroth essaye d’adapter ses produits à la présence de l’homme, en mettant en place une technologie de peau capacitive sur son robot APAS.

« L’intérêt est que l’APAS est collaboratif et totalement sûr, et qu’il permet de supprimer les barrières et les cellules autour du robot», détaille Jean-Baptiste Reymondon, de Bosch-Rexroth. Cette technologie permet d’éviter les collisions, en évitant tous contact. A moins de 50 mm de l’opérateur, l’APAS s’arrête net. Dans ces conditions de travail qui imposent le ralentissement des robots, il est difficile de maintenir la cadence rapide propre aux robots traditionnels.

Tout l’enjeu est de gagner en agilité pour combiner rapidité, sécurité, et capacité de charge élevée. Ainsi, certains n’hésitent pas à construire plus petit. Eduardo Jara, ingénieur commercial chez HumaRobotics, présente la série A de la gamme Doosan : des robots de capable de porter jusqu’à 9 kg, soit 6 kg de moins que leurs prédécesseurs de la série M. « On est sur des robots plus rapides, avec une safety un peu plus élevée ».

Diversifier les secteurs d’implantation

La crise engendrée par le COVID-19 pousse les roboticiens à chercher des clients hors des secteurs traditionnellement utilisateurs de robots. « L’idée est de sortir la robotique de son carcan industriel, pour aller vers des milieux plus divers », expose Quentin Hérisson, tout en présentant les nouveautés du constructeur japonais Yaskawa.

De même, Vincent Cheminel, commercial chez Staübli, insiste sur le fait que des secteurs comme l’industrie pharmaceutique ou encore l’agro-alimentaire, deviennent des marchés extrêmement porteurs. « Nous sommes déjà très présent sur ces marchés qui émergent, et par rapport auxquels nous sommes fortement optimistes. »

Comment procéder ? On peut prendre l’exemple de l’entreprise Kuka, qui a étendu la plage de température sur laquelle son robot KR IONTEC peut fonctionner convenablement. Le constructeur japonais cherche ainsi à élargir les applications industrielles de ses produits. « 0 °C pour l’industrie pharmaceutique par exemple, et 55 °C si le robot se trouve à côté d’une source de chaleur comme un four. Cela permet d’employer ce robot dans beaucoup d’applications différentes», explique Emmanuel Bergerot de l’entreprise Kuka.

Autre exemple d’ouverture : la nouvelle gamme de robot Doosan. Eduardo Jara pointe sur le fait que « ces robots sont personnalisables en terme de capteurs de couple et d’effort sur chaque axe, ainsi qu’en terme d’accessoires et d’outils », ce qui peut être un atout pour adapter ces robots à différents environnements industriels.

 

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