Nous suivre Industrie Techno

Geneviève Fioraso décriée par 7 000 universitaires et chercheurs

Geneviève Fioraso décriée par 7 000 universitaires et chercheurs

© IT

Une semaine à peine après la prise de fonction de Benoit Hamon à la tête du ministère de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le maintien de Geneviève Fioraso dans le gouvernement comme Secrétaire d’Etat à la recherche semble se confirmer. 7 000 universitaires et chercheurs ont signé une tribune contre la possible reconduite de l’ancienne ministre.

Après deux ans à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso a laissé sa place à Benoit Hamon dans le cadre d'un portefeuille élargi ; conséquence du remaniement ministériel. D’après les rumeurs, et comme l'a laissé entrevoir son successeur pendant la passation de pouvoir, mercredi dernier, l’ancienne ministre devrait être reconduite en tant que Secrétaire d’Etat dédiée à la recherche. Un maintien contesté par 7 000 universitaires et chercheurs, qui remettent en cause le bilan de Geneviève Fioraso, pourtant jugé positif par de nombreux observateurs. "On ne veut pas la tête de Geneviève Fioraso, ce qu'on veut, c'est un changement de politique à l'égard de l'université et de la recherche", a expliqué Marie-Laure Basilien-Gainche, coauteur du texte et professeur de droit à l'Université de Lyon-3, à l’AFP.  

Vers une faillite

Dans cette tribune publiée sur Internet, chercheurs et universitaires soulignent notamment la dégradation de leurs conditions de travail, énumérant les "chargés de TD congédiés la veille des cours", une "précarisation de fait des non-titulaires", la "mise sous tutelle de certaines universités par les rectorats (contrairement aux promesses de campagne)", le "chauffage coupé".  "Hier impensable, l'idée d'une faillite financière des universités semble aujourd'hui une quasi fatalité", déplorent les auteurs du texte. Selon eux, ce "désastre" est "le résultat d'un effet mécanique de la LRU", la loi d'autonomie des universités votée en 2007 et poursuivie par Geneviève Fioraso. "Contrairement à ce qui est affirmé aujourd'hui, on ne pourra certainement pas échapper à l'augmentation des droits d'inscription", met en garde la communauté universitaire, qui regrette le "peu d'intérêt porté à une véritable politique de la recherche" et le "peu de crédit accordé à la parole même des chercheurs et des enseignants". Selon Pascale Laborier, coauteur et professeur de sciences politiques à l'université de Nanterre, la tribune a été envoyée mardi au nouveau ministre de l'Éducation Benoît Hamon. "Nous sommes en train de nous concerter sur les suites à donner", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Bilan pas si consensuel

Cette tribune vient démentir les analyses portées par plusieurs articles, dont le quotidien le Monde, qui évoque une réforme plutôt consensuelle. Pendant son mandat, Geneviève Fioraso a engagé plusieurs réformes, en essayant de rétablir la confiance entre le monde universitaire et le gouvernement, considérée comme entachée au cours des années précédentes. Le 9 juillet, sa loi est adoptée sans résistance, ni dans l’hémicicle ni dans la rue. Elle consiste à simplifier le système : « Nous avons fait des licences avec des socles plus larges. Nous avons réduit le nombre d’intitulés de licence, passant de 1 500 à moins de 300, de même pour les masters », a détaillé Geneviève Fioraso, lors de la passation de pouvoir mercredi 2 avril. L’ancienne ministre a aussi engagé des réformes dans la gestion d’université et a débloqué des fonds pour le plan "Campus" : « Nous avons débloqué 35 000 logements destinés aux étudiants ».  A peine commencé, le chantier des regroupements d’universités, de grandes écoles et d’établissements devra être poursuivi par Benoit Hamon, dans un climat tendu. 7 000 universitaires et chercheurs exigent la rupture plutôt que la continuité.

Sophie Eustache

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Thales réalisera FLEX, le satellite qui observe la photosynthèse

Thales réalisera FLEX, le satellite qui observe la photosynthèse

En 2023, la mission Fluorescence Explorer (FLEX) de l’Agence spatiale européenne ira scruter la faible lumière infrarouge[…]

[Meilleures technos de l'année] Effervescence autour des vols spatiaux habités

[Meilleures technos de l'année] Effervescence autour des vols spatiaux habités

Sonde martienne, aile ionique, intelligence artificielle… les innovations qui (re)donnent le sourire

Sonde martienne, aile ionique, intelligence artificielle… les innovations qui (re)donnent le sourire

L’escorte CubeSats d’InSight remplit sa mission avec succès

L’escorte CubeSats d’InSight remplit sa mission avec succès

Plus d'articles