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Gaudí, le designer qui s’inspirait de la nature

Thibaut De Jaegher
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Gaudí, le designer qui s’inspirait de la nature

Le 14 mai sortira au cinéma un film consacré à l'architecte catalan, Gaudí. Si le documentaire de Stefan Haupt se concentre sur son œuvre magistrale et inachevée la Sagrada Familia, le Barcelonais a tout au long de sa vie cherché à innover en s’inspirant de la nature. Un pionnier du biomimétisme et du design étonnamment moderne.

Certains piliers ressemblent à des trognes, ces arbres que l’on ampute chaque hiver dans nos campagnes. D’autres s’élancent comme les chênes d’une forêt domaniale et portent les voûtes grâce à des branches de pierre. Les toits, eux, imitent la forme des feuilles pour évacuer l’eau "naturellement". Plus loin les arcs ne sont pas brisés mais imitent la courbe de végétaux sous le poids du vent…

De la maison Batlló au palais Guëll en passant par la Sagrada Familia (pour ne citer que quelques bâtiments visibles à Barcelone), les formes dessinées par Antoni Gaudí sont peut-être déroutantes au premier regard mais elles sont familières. L’architecte catalan a toute sa vie durant puisé son inspiration dans la nature pour forger son architecture. Selon lui, pour lutter contre la force d’attraction ou les éléments, les végétaux ont mis au point des stratagèmes architectoniques très précis et surtout très efficaces. Gaudí va donc s’inspirer de la nature, l’imiter pour forger son propre "ordre" architectural. "Je n’invente rien, je copie le grand livre toujours ouvert de la nature", écrira-t-il dans son journal.

L’architecte catalan fut sans conteste un pionnier de ce que l’on appelle aujourd’hui le biomimétisme (l’art d’imiter la nature pour innover) mais ne limiter son travail qu’à cela serait très réducteur. Un Institut a récemment été créé, à Barcelone, pour analyser l’oeuvre et donc les méthodes de travail de Gaudí. Pour Maria Marin i Torne, chercheur de l’institut, il est  "un génie qui nous émerveille par son énorme capacité à créer, à inventer et à innover dans des domaines que le terme d’architecte ne suffit pas à embrasser tout ce qu’il a réalisé. Ce que l’on appelle aujourd’hui le coworking, la co-conception, l’efficacité énergétique, le développement durable dans toutes ses facettes (environnemental et social) constituaient les fondamentaux de sa méthode de travail."

Pour le Catalan, l’architecture était un art global qui pouvait s’appliquer à toutes les parties d’un bâtiment. Structures, formes, fonctionnalités, matériaux, rapports avec l’environnement extérieur, systèmes hydrauliques, accessoires, lumière, flux d’air… Une visite de la Casa Batllo, toute de bleu revêtue, suffit à se convaincre de la justesse de cette analyse. Rien n’est gratuit dans ce qu’il conçoit que ce soit dans les extérieurs ou les intérieurs. Tout a une fonction bien définie et son "dessin", sa "forme" dépend d’abord de l’usage qui en est fait. En contemplant son œuvre, on ne peut s’empêcher de penser que si Gaudí travaillait aujourd’hui, on ne le qualifierait pas d’architecte mais de "designer". Il restera sans doute comme l’un des premiers que le monde ait porté.

Thibaut De Jaegher

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