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Galva Union joue collectif pour économiser

MATHILDE FONTEZ redaction@industrie-technologies.com

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Douze petites entreprises spécialisées dans le traitement de surface métallique ont allié leurs forces, sous le nom de Galva Union, pour améliorer leur productivité. Résultat : un gain de 5 % sur la consommation électrique, 10 % sur le gaz et 20 % sur le gasoil. A quoi s'ajoute un bilan carbone exemplaire.

Leur point commun : le traitement de surface des pièces métalliques. Douze entreprises de 150 à quelques employés se sont réunies il y a dix ans et ne cessent d'en tirer avantage. Qu'il s'agisse de galvanisation à chaud, de thermolaquage ou de fabrication de pièces d'équipement de route, chacune a sa spécialité. Mais toutes mutualisent leurs bonnes pratiques.

Car, dès le départ, un responsable qualité, hygiène sécurité, environnement a été nommé. En charge d'une fonction transversale, Eric Kolasinski avait pour objectif d'optimiser les procédés et la consommation énergétique des sites. « Nous souhaitions uniformiser le groupe... mais sans appliquer les mesures de manière "rouleau compresseur" et sans utiliser des outils dimensionnés pour les grosses entreprises. Très tôt, sans attendre une demande de la part de nos clients, nous avons eu l'envie de nous pencher sur les économies d'énergie possibles », relate-t-il.

Dès lors, le fil directeur a été la normalisation : « Pour nous, les exigences réglementaires sont des outils de progrès. Nous avons donc décidé de prendre de l'avance sur les normes. » Le groupe est donc l'un des premiers de ce secteur à avoir été certifié ISO 9001 et, depuis quatre ans, est conforme à la norme ISO 14001. « L'application de ces normes nous a orientés vers des pistes d'amélioration possibles de notre production. C'est ce qui nous a permis de réaliser les premières économies. » Sur chacun des sites, Galva Union a procédé à un diagnostic énergétique. « Nous avions remarqué que sur les sites qui fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, l'éclairage était démesuré par rapport à l'activité nocturne de l'usine, détaille Eric Kolasinski. Nous avons donc procédé à l'installation de minuteurs et de capteurs de mouvements pour réduire les consommations. »

Tous les postes passés au crible

Galva Union a ainsi pu optimiser les sources d'économie les plus évidentes. Mais depuis deux ans, l'entreprise est passée à la vitesse supérieure et s'est lancée dans un bilan carbone. « Quand on commence à vouloir faire des économies en consommation énergétique, c'est une étape indispensable, précise Eric Kolasinski. J'ai donc été formé par l'Ademe à appliquer les méthodes de calcul nécessaires. Aujourd'hui, le bilan a été effectué sur 60 % des sites et d'ici à 2010, la totalité des usines seront évaluées. »

Première étape du bilan carbone, la collecte des données. L'industriel a donc dû se pencher sur ses factures EdF et GdF, mais aussi sur une multitude de détails comme l'étude des déplacements : utilisation du train, des transports en commun, voitures des commerciaux, livraisons par avion, acheminement des matières premières... Tout y passe. « Tous les postes doivent être passés au crible : la principale matière première, le zinc, est-il extrait ou provient-il d'une seconde fusion ? Quel est le volume de déchets ? Quelles sont les filières de retraitement ? », énumère Eric Kolasinski. En somme, une gigantesque mise à plat dont l'objectif, à terme, est de faire ressortir les pôles principaux qui génèrent des gaz à effet de serre.

A charge ensuite pour l'entreprise de mettre en place des solutions pour réduire ses émissions : filières de valorisation des déchets ou initiatives pour le ramassage des salariés. « Pour réduire la consommation de gasoil, nous avons optimisé l'utilisation des chariots de manutention, précise Eric Kolasinski. Après étude de leur consommation, nous nous sommes rendu compte que leur moteur tournait à vide un tiers du temps ! Nous avons donc installé des coupe-circuits avec une temporisation et nous nous sommes dotés d'engins de substitution qui fonctionnent à l'électricité. »

Dix fois en dessous des quotas

Mais c'est le gaz qui est le pôle de consommation le plus important du groupe, car il sert notamment à la chauffe des fours. « L'isolation des bains de zinc et le réglage des brûleurs ont permis une baisse de 10 % de la consommation. » Aujourd'hui, le groupe se penche sur son process : « Le zinc vient de loin, d'Australie ou d'Afrique du Sud, et il faut le convoyer par bateau. Si l'on veut réduire notre empreinte carbone et notre coût de production, la prochaine étape sera la réduction de notre consommation de matière première. » L'entreprise a déjà commencé à optimiser la galvanisation en revoyant le temps d'immersion des pièces dans le bain de zinc. Le but, limiter la prise de zinc au juste nécessaire. « Dans la mesure où on touche ici au process, il est nécessaire de prendre des précautions », prévient Eric Kolasinski.

Galva Union a donc mis au point une procédure désormais systématiquement appliquée. L'entreprise commence par définir un groupe de travail qui est chargé d'étudier les techniques utilisées sur chacun des sites. Une fois identifiée la méthode la plus efficace, le groupe s'attelle à la généraliser. Cette diffusion des bonnes pratiques fonctionne, à la condition que l'ensemble des acteurs y soient mêlés.

Et les résultats sont là. Galva Union, toutes entreprises confondues, a gagné 5 % sur la consommation électrique, 10 % sur le gaz et 20 % sur le gasoil. Et surtout, il est dix fois en dessous des quotas fixés pour la production de carbone. « C'est un point très important, car nous sommes persuadés qu'à terme les PMI et PME seront soumises au marché du carbone. Notre positionnement est un pari sur l'avenir. » Le groupe ne compte donc pas s'arrêter en si bon chemin. Il travaille actuellement sur la récupération d'énergie des fours de cuisson pour la réinjecter... dans le process.

Pour le groupe, les exigences réglementaires sont des outils de progrès.

DURABLE

Cent pour cent des sites de Galva Union réaliseront leur bilan carbone en 2010.

L'ENTREPRISE EN BREF

GROUPE GALVA UNION Métier Galvanisation, thermolaquage et production d'équipements de sécurité pour la route. Effectif 530 personnes. Chiffre d'affaires 60 millions d'euros. Le groupe est aujourd'hui composé de douze entreprises Galva Eclair, Gal'Valence, Galva Sud Ouest, Galva Saône, Galva Lyon Service, Galva 08, spécialistes de galvanisation ; Deco Galva, CMI, Thermolac 08, spécialistes du thermolaquage ; LPC, SLER qui fabriquent des équipements de sécurité pour la route et enfin, Fret Eclair, société de transport.

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