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Futurol ou la réindustrialisation française

Ludovic Fery
Futurol ou la réindustrialisation française

Le pilote de Futurol sur le site agro-industriel de Bazancourt-Pomacle.

© © M. JOLYOT PROCETHOL 2G

Des enzymes et des microorganismes artisanaux, une matière première de proximité, l’intégration à un site industriel existant… Le projet Futurol, qui vise à proposer une alternative viable au pétrole, a aussi vocation à protéger un savoir-faire français dans les biocarburants de deuxième génération.

Le 11 octobre dernier à Bazancourt-Pomacle (51) était donné le coup d’envoi du projet Futurol, soit un démonstrateur de production de biocarburants de deuxième génération d’une capacité de 180 000 litres par an. Il associe 11 partenaires, dont l'INRA et IFP Energies Nouvelles. Par opposition à la voie thermochimique (Biomass to liquid en anglais), qui soumet la biomasse à de fortes pressions et températures pour en extraire du diesel, Futurol fait appel à un procédé en majeure partie biologique.

Après le pré-traitement mécanique et chimique des végétaux (paille, bois, miscanthus, switchgrass…) , ce sont en effet des organismes vivants qui prennent le relais : des champignons réalisent l’hydrolyse de la cellulose en sucres, puis des levures fermentent ces sucres en éthanol. Comme l’a souligné le jour de la visite Dominique Dutartre, président de la société Procéthol 2G, porteuse du projet, il s’agit, pour atteindre un rendement satisfaisant, de transformer non seulement le glucose, mais aussi les autres sucres fermentescibles, notamment ceux des parois cellulosiques.

Dans les réacteurs de 750 litres, le but est aussi de faire produire aux microorganismes des enzymes en quantité et qualité suffisantes pour les réinjecter dans le procédé. Autre particularité du projet Futurol, le fait que la matière première provienne d'un rayon de 50 kilomètres autour du site, et ne nécessite pas de plantations dédiées. Des taillis à courte rotation, tels que les cultures de saules ou de peupliers, combleront une partie de l’approvisionnement. Le reste proviendra essentiellement des co-produits des agro-industries voisines (le céréalier Chamtor, le producteur de bioéthanol de première génération Cristanol…).

La ligne de mire est le démarrage, à l’horizon 2015, d’un prototype industriel d’une capacité de 3,5 millions de litres par an. Mais il y aura, avant cela, une étape décisive : dans deux ans, un test de grande ampleur sera mené pour vérifier à nouveau la faisabilité économique du projet. Pour être compétitif, le carburant doit en effet atteindre le même prix que le bioéthanol de première génération, soit environ 50 centimes du litre. Ce qui veut dire qu'il faudra, d'ici là, diviser encore le prix de revient du carburant d'un facteur deux. 

Ludovic Fery

Pour en savoir plus : projet-futurol.com
 

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