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Futur en Seine 2015 : un marathon technologique

Juliette Raynal
Futur en Seine 2015 : un marathon technologique

Du 11 au 14 juin dernier, le festival Futur en Seine permettait au public de découvrir 150 innovations.

© Juliette Raynal

Hologrammes, simulateur de réalité virtuelle, Google Street View français, cyborgs... La rédaction d'Industrie & Technologies s'est rendue, le week-end dernier, au Village des innovations du festival du numérique Futur en Seine. Voici une sélection des projets innovants rencontrés au cours de ce marathon technologique.

Une machine à hologrammes, un cahier de dessins animés, une application pour mieux trier ses déchets, un outil de narration multimédia, une plate-forme collaborative pour faciliter le déploiement de dispositifs écologiques en ville, une "implant party"…  Pour son édition 2015, le festival Futur en Seine permettait au public de découvrir, du 11 au 14 juin dernier, 150 inventions regroupées au sein du Village des innovations, situé à la Gaîté Lyrique et au Cnam. Soyons honnêtes : s’arrêter à chaque stand relevait de l'impossible tant l'événement a eu du succès. D'autant plus que la chaleur était au rendez-vous ! Nous nous sommes donc laissés guider par l'intuition. Voici nos coups de cœur.

Un simulateur de réalité virtuelle pour l'industrie automobile 

Les équipes de Renault présentaient le projet Vari3. Développé en partenariat avec le CEA-List, les entreprises On-X, Lumiscaphe et Theoris, il s’agit d’un simulateur de réalité virtuelle qui permet aux concepteurs automobiles, comme les architectes d’intérieur de véhicule, de vérifier une batterie d’éléments comme les contraintes ergonomiques, la combinaison des couleurs ou encore "l’atteignabilité" de certaines zones. Le tout, sans passer par un prototype physique, qui exige plusieurs semaines de développement et dont le coût peut parfois atteindre plusieurs millions d’euros.

 

Des projecteurs d'hologrammes interactifs

Toujours dans la partie "expériences immersives", la start-up Holusion (déjà vue à Laval Virtual) conçoit des projecteurs d’hologrammes interactifs à partir d’une photo 360° ou d’une animation en 3D. Au village des innovations, les visiteurs pouvaient manipuler à l’aide d’une manette de jeu vidéo une montre holographique. « Pour créer cette illusion d’optique, nous utilisons des écrans dotés d’un système qui fonctionne comme les filtres anti-espion, c’est-à-dire qui ne laisse passer de la lumière que dans un seul sens », précise Benjamin Cliquennois, le CEO de la start-up basée à Tourcoing. L’ensemble est combiné à un jeu de miroirs qui donne effectivement l’impression que l’objet flotte dans l’air. Coté usages, la jeune pousse imagine des applications pour la simulation 3D dans l’industrie, pour la formation des étudiants en médecine ou encore comme un outil d’aide à la vente dans le milieu du commerce. La start-up a mené une campagne de crowdfunding sur la plate-forme Anaxago et entend désormais développer de nouveaux outils pour permettre au plus grand nombre de créer un hologramme en quelques clics.

 

 

Un cahier de dessins animés 

Juste à côté, le stand de Wakatoon attire de nombreux curieux. Nous sommes dans un tout autre domaine, celui des  "savoirs partagés". Deux start-up y présentent l’application Wakatoon. Reliée à un cahier spécifique, elle transforme les différents coloriages en dessins animés. Après avoir colorié un premier dessin, l’enfant le prend en photo à l’aide d’un smartphone ou d’une tablette pour le voir ensuite prendre vie. Au fur et à mesure des coloriages, les dessins animés s’imbriquent selon un scénario établi pour raconter une histoire. Disponible en librairie, le cahier de dessins animés a été édité à plus de 30 000 exemplaires après une campagne de crowdfunding menée sur KissKissBanBank.

 

 

Un outil de narration multimédia pour les écoles et les fablabs

Toujours dans la partie consacrée aux "savoirs partagés", des étudiants chercheurs de l’EnsadLab présentaient Do Doc, un outil de narration multimédia. Destiné en premier lieu aux écoles, l’outil se présente sous la forme d’un kit composé d’une partie "capteurs" pour enregistrer les différentes activités et d’une partie "interface" qui restitue les données et propose de les organiser pour créer une narration multimédia et interactive. Une fois créé, le récit peut être automatiquement publié sous la forme d’une page web accessible à tous. Lors du festival, les jeunes visiteurs pouvaient tester le dispositif équipé d’un tissu thermosensible et d’un stylo chauffant. Outre les écoles, l’outil pourrait également être déployé au sein de fablabs afin de documenter les différentes expériences menées.

 

 

Un Google Street View made in France

Notre marathon technologique se poursuit dans la cour du Cnam où il est impossible de passer à côté de Terra Mobilita, classé dans la partie "Villes ingénieuses", tant le stand est imposant. Porté par 1Spatial et une série de partenaires, ce projet de R&D vise à développer des technologies automatisées de relevé (mobile maping) et de cartographie 3D de l’espace public avec une précision centimétrique. Le projet s’appuie sur un Lidar monté sur des supports fixes ou mobiles. « Un million de tirs laser sont effectués chaque seconde. Cela nous permet de reconstruire des modèles 3D précis au millimètre près » nous assure-t-on. Fixé à un scooter ou à un van, le système permet d’acquérir des nuages de points et d’obtenir un modèle extrêmement dense. Grâce à cette approche, l’IGN a déjà modélisé toutes les rues de Paris. Objectif : créer un Google Street View français en 3D. L’étape suivante consiste à « mettre de l’intelligence » dans les modèles pour aménager, par exemple, le parcours des personnes à mobilité réduite. Couplé à des algorithmes d’apprentissage automatique, le dispositif permettrait également de mener des enquêtes de stationnement pour dimensionner l’offre proposée par chaque collectivité.

 

 

Une application pour mieux trier ses déchets

Le village des innovations ne met pas uniquement en avant des projets français. Développée par une start-up italienne, Junker est une application mobile qui vise à faciliter le tri sélectif en déterminant les matériaux qui constituent les déchets ménagers. « En Italie, les particuliers peuvent écoper d’une amende très lourde s’ils se trompent dans leur tri sélectif. Et pour compliquer la tâche, chaque ville a ses propres règles », explique Noemi De Santis, à l’origine du projet. Pour palier ces difficultés quotidiennes, la start-up a développé sa propre base de données dans laquelle 800 000 codes-barres de produits sont recensés. Pour l’agrandir et la mettre à jour, la jeune pousse mise sur le crowdsourcing : « Si l’utilisateur tombe sur un code-barres qui ne figure pas dans notre base, il envoie la photo du produit sur notre plate-forme et nous nous engageons à lui répondre dans les quatre minutes qui suivent », assure Noemi De Santis.

 

 

Une application d'urbanisme participatif

Un peu plus loin, le projet Smart Favela attire notre attention. Encore à l’état de prototype, il s’agit d’une application d’urbanisme participatif qui vise à faciliter le déploiement de dispositifs écologiques en milieu urbain. Développé par l’entreprise Toolz, en partenariat avec l’association brésilienne Equilibrio Sustentavel, le démonstrateur propose une vue 3D et interactive d’une favela. En naviguant dans la cartographie, les habitants peuvent découvrir différentes solutions, comme une toiture filtrante. Un onglet permet ensuite de comprendre le fonctionnement de chaque outil et une autre fonctionnalité propose une simulation, à l’échelle locale, des impacts de la mise en place d’une telle solution. Un outil de discussion permet enfin aux habitants de voter pour tel ou tel projet et de laisser des commentaires. « L’objectif est de faire jouer l’intelligence collective » résume l’un des responsables du projet, qui nous confie avoir récemment noué des partenariats avec les villes de Bordeaux et de Marne la Vallée.

 

 

Et les premiers cyborgs français...

Il est 19h, le village de l’innovation ferme ses portes mais il nous reste une dernière étape avant de clore notre visite. Nous retournons à la Gaîté Lyrique pour assister à la première Implant Party de France. Le concept : se faire implanter une puce NFC (grande comme un grain de riz) entre le pouce et l’index pour « vivre l’expérience du corps connecté » et interagir d’une autre manière avec notre environnement. Ce nouveau mouvement est né en Suède sur l’initiative de Hannes Sjoblad, le fondateur du groupe de biohackers Bionyfiken. Dans le hall de la Gaîté Lyrique, une dizaine de personnes signent « un contrat d’implantation ». Parmi elles, Edouard, qui nous raconte vouloir se faire implanter pour le « fun ». « Comme ça, je pourrai indiquer sur mon CV que je suis un cyborg. C’est une bonne démonstration de mon intérêt pour les nouvelles technologies ! », explique-t-il en plaisantant. Tous rejoignent ensuite l’auditorium, comble, où est organisée la soirée débat, car oui il y a débat ! « Lorsqu’ Hannes Sjoblad nous a contactés pour nous proposer d’organiser cette soirée, nous avons d’abord été très surpris et effrayés. Cette pratique pose de nombreuses questions sur les interactions entre les hommes et les machines. Puis nous nous sommes dits qu’il était important de se poser ces questions et d’aborder les problèmes que cela entraîne » explique Camille Pène, directrice du festival. Pendant deux heures, chercheurs, biologistes et spécialistes des nouvelles technologies échangeront donc sur ce sujet épineux pendant que les volontaires se feront implantés, chacun leur tour, sous le regard curieux du public... 

 

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