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François Bracq, Google France : "S'associer à un incubateur, c'est une forme de R&D"

Mis à jour le 03/01/2018 à 11h32

François Bracq, Google France :

Chargé des relations entre Google et les start-up, François Bracq nous a fait part de sa vision sur la fertilité des liens entre les mastodontes de l'économie et les jeunes pousses dans un entretien exclusif.

Quel est votre rôle chez Google ?

J’ai intégré l’entreprise en 2014 pour lancer un programme d’accompagnement des start-up. C’est un enjeu primordial pour Google, car beaucoup d’entre elles utilisent nos produits. Depuis janvier 2017, je dirige une division responsable du développement des start-up et des partenariats.

Qu’est-ce qu’une start-up ?

La taille de l’entreprise ou l’investissement de départ ne comptent pas vraiment dans la définition. Une start-up est une société qui a fait le choix d’une hypercroissance. Elle veut aller vite. Et cette vélocité se traduit par des levées de fonds ou par le réinvestissement des bénéfices pour se développer et prendre de court la concurrence, réelle ou non. C’est cette notion de vitesse qui caractérise les start-up.

Sommes-nous entrés dans une économie de la start-up ?

Non, car le modèle économique de la start-up, reposant encore principalement sur des levées de fonds, est par essence fragile. En revanche, ces structures sont exemplaires en termes d’efficience et de capacité opérationnelle. Elles sont capables de passer très rapidement du concept au produit et de tester l’impact d’une innovation sur le marché. Cela les rend intéressantes pour notre économie.

Quelle est votre vision de l’écosystème français ?

Nous sommes dans une période à la fois très intéressante et faste. La France a mis les bouchées doubles et rattrapé, en cinq ans, son retard sur ses voisins européens dans la création de start-up. En revanche, elle a toujours des difficultés à générer des licornes. Deux raisons à cela : un problème d’échelle, lié probablement à un manque d’ambition, qui empêche les entreprises de se développer à l’international, et des choix technologiques qui ne permettent pas de grandir suffisamment.

La plupart des incubateurs sont fortement ancrés localement, est-ce une bonne chose ?

Oui, car la spécialisation est une nécessité. Les régions possèdent des spécialités économiques historiques. Il y a une logique de continuité. Souvent, l’écosystème local favorise l’émergence d’un type de start-up. La région de Bordeaux en possède ainsi beaucoup dans la food tech en raison de son lien avec le vin. Il sera d’ailleurs intéressant de voir si les régions s’orienteront à l’avenir vers d’autres activités, portées par les outils numériques. Les incubateurs permettent de dépasser le cadre régional par un effet de massification. Les start-up partagent des moyens et gagnent en visibilité.

Quel est l’intérêt, pour un grand groupe, de se rapprocher des jeunes pousses ?

La flexibilité des start-up et leur prise de risques sont très séduisantes. Cela permet de générer rapidement de l’innovation. Il est donc naturel pour un industriel de s’associer à un incubateur. Il s’agit d’une nouvelle forme de R & D pour les entreprises. Chez Google, nous investissons également dans certaines structures prometteuses via notre filiale Google Ventures. Si, pour le moment, aucune start-up française n’a été sélectionnée dans le cadre de ce fonds d’investissement, nous soutenons pleinement ces structures autour de leurs enjeux principaux : la création de licornes et le développement des écosystèmes en région.

Son parcours

François Bracq a créé sa première société à 25 ans dans le secteur des télécoms. En 2008, il rejoint le cabinet de conseil en stratégie Bain & Cie, qu’il quitte en 2010 pour fonder la start-up Giving Corner. En 2014, il entre chez Google France et devient, en janvier 2017, le responsable des relations entre le groupe et les start-up.

 

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