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Forer 2 000 lieues sous les mers

Philippe Passebon

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Pour répondre à la demande croissante en hydrocarbures, les grandes compagnies s'éloignent toujours plus des côtes pour chercher de nouvelles ressources. Une démarche qui les contraint à adapter leurs équipements aux conditions extrêmes liées à la production en offshore profond.

Une tête de puits 3 165 mètres sous le niveau de la mer ! C'est le record établi le 20 février 2013 par le leader mondial du forage en mer, Transocean, dans les eaux du golfe du Bengale. Impensable il y a encore une dizaine d'années, l'exploit témoigne de la révolution dans l'exploitation du pétrole offshore. Confrontées à des difficultés croissantes pour accéder à de nouvelles réserves conventionnelles, les grandes compagnies exploitent des ressources plus complexes à produire. Le baril se maintenant à un prix élevé, le recours aux technologies plus avancées et coûteuses nécessaires à leur exploitation devient judicieux. Le jeu en vaut la chandelle : l'offshore profond - les champs situés au-delà de 500 mètres - et l'offshore très profond -au-delà de 1 500 mètres - concentrent plus de 75 % des volumes exploitables découverts ces dernières années dans certaines zones (Afrique de l'Ouest, Amérique du Nord et du Sud).

Des solutions de forage adaptées à l'offshore profond

En 2015, la production de pétrole issue de ces grands fonds pourrait atteindre 10 millions de barils par jour (Mb/j), soit près de 10 % de la production mondiale ! Reste que la profondeur de la tranche d'eau à traverser, les conditions extrêmes qui règnent au fond et les caractéristiques particulières des réservoirs et des hydrocarbures issus de l'offshore profond constituent un véritable défi.

À commencer par l'étape de forage. Dans de nombreux cas, une épaisse couche de sel très corrosive sépare le réservoir du fond de l'océan, comme c'est le cas dans les gisements situés au large du Brésil, à 300 kilomètres des côtes. « Pour traverser les couches de sel, nous proposons des tubes aux épaisseurs plus fortes, » indique Alain Delain, directeur R&D de Vallourec, qui fournit les pétroliers en tiges de forage et en conduites de production. Plus généralement, « la diversité des configurations d'exploitation en offshore profond a exigé que nous proposions des gammes de produits plus complexes et plus variés. 85 % de nos produits d'aujourd'hui n'existaient pas il y a cinq ans. »

Lors de la phase de production elle-même, une fois arrivés sur le plancher sous-marin, les hydrocarbures doivent affronter une température qui ne dépasse pas 4 °C et[…]

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