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Faut-il avoir peur du BPA?

Bien qu'ayant déjà fait l'objet d'une kyrielle d'études, les éventuels effets du BPA sur la santé humaine restent difficiles à évaluer.

Etudié dans les années 1930 pour sa capacité à mimer l’action des œstrogènes en se fixant aux récepteurs de ces hormones sexuelles féminines, le BPA a finalement été relégué au profit de molécules plus actives, avant de réapparaître avec le développement des plastiques. Depuis, les études s’enchaînent au rythme de la survenue de doutes sur les possibles effets délétères du BPA sur le cerveau, les fonctions cardiovasculaires, les organes reproducteurs, l’intestin, le système immunitaire associé à ce dernier ou même son éventuel impact sur l’obésité. Avec un intérêt particulier pour les périodes sensibles avant et après la naissance.

Reste que cette avalanche de données ne suffit pas à faire consensus, comme en témoignent les atermoiements des principales agences d’évaluation sanitaire (voir encadré). Parmi les points d’achoppement figure la question de savoir si le BPA se retrouve réellement sous forme libre en présence des organes sur lesquels il pourrait avoir un effet. Une chose est sûre : sous forme polymérisée, il n’a pas d’effet biologique. Toute la question est alors de savoir s’il est libéré et en quelle quantité. Une augmentation de la température -lorsque l’on chauffe un biberon par exemple- ou l’effet à long terme du pH peuvent dégrader le matériau. « La migration dépend à la fois du vernis et du produit », précise Christian Wallbrou, directeur du laboratoire d'études et de recherche des emballages métalliques (LEREM).

Quoi qu’il en soit, selon les chimistes américains par la voix de l’american chemistry association, le BPA ne s’accumule pas dans l’organisme. Il y serait métabolisé. « C’est exact mais l’omniprésence de ce produit fait que nous y sommes confrontés en permanence », objecte Eric Houdeau, chercheur à l’institut national pour la recherche agronomique (Inra) de Toulouse et auteur d’une récente étude sur l’impact des faibles doses de BPA sur l’intestin. « On peut considérer que l’intestin n’est jamais en présence de ces quantités, puisque la dose journalière acceptable (DJA), qui sert de référence légale pour les industriels, est définie en divisant par cent la dose à laquelle aucun effet biologique néfaste n’est observée chez l’animal. Mais nous estimons qu’on est trop près des seuils, d’autant plus que la DJA ne tient compte que des expositions orales, alors que certaines études indiquent un passage à travers la peau ».

Muriel de Vericourt

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