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C’est pas nouveau, quoique !

Facom : de la 101 au smartphone

Jean-François Prevéraud

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Facom : de la 101 au smartphone

Près de 100 ans d'évolution technologique

© JF Prevéraud

Facom, entreprise française bientôt centenaire spécialisée dans l’outillage à main, développe ses gammes de produits électroniques en lançant des appareils mobiles (smartphones et tablettes) dotées d’applications de protection des travailleurs et de communication pour le travail en équipe.

Si il est bien un nom qui vient à l’esprit lorsque l’on parle d’outillages à main, c’est celui de Facom. Il faut dire que cette société conçoit et fabrique en France depuis pratiquement 100 ans des outils réputés pour leur qualité.

Tout a commencé le 8 mai 1918, lorsque Louis Mosès, un jeune ingénieur des Arts et Manufactures, crée, avec quelques parents et amis, la société Franco-Américaine de Construction d'Outillage Mécanique, spécialisée dans l'outillage à main. Les initiales FACOM s'imposeront rapidement et seront frappées sur les outils. Il s’agit d’un petit atelier employant une dizaine d’ouvriers qui mise à la fois sur la qualité de ses produits et sur la référence aux Américains, qui sont venus un an plus tôt au secours de nos ‘‘poilus’’ avec une débauche de matériel militaire et de techniques industrielles novatrices.

Le premier outil créé par Facom est une clé à molette de trente centimètres de long aux deux mâchoires arrondies, qui est destinée aux chemins de fer, la Clé 101. Elle sera fabriquée jusque dans les années 60 sans grandes modifications et fait aujourd’hui le bonheur des collectionneurs.

La Facom quitte en 1920 le quartier de la Gare de Lyon à Paris pour s’installer à Gentilly. L’entreprise va alors surfer sur la vague de l’automobile naissante et élargit rapidement sa gamme pour répondre aux besoins des mécaniciens. Facom signe même un contrat avec Renault, pour la fourniture d’une clé à crémaillère de 23 cm frappée à son nom, puis avec Peugeot, pour une clé ‘‘anglais’ dotée d'un manche en bois.

Le ‘‘boulon ailé’’

Pour promouvoir ses fabrications, Facom édite dès 1924 un catalogue de quelques pages, ce sera le premier d’une longue lignée qui deviendra l’outil de travail quotidien d’une équipe de six représentants et la bible des ateliers utilisateurs. Facom s’intéressera aussi à l’industrie aéronautique en pleine construction, pour laquelle elle développera de nombreux outils spécifiques. C’est de ces deux industries que naitra le premier logo de Facom, le ‘‘boulon ailé’’, que l’on retrouve toujours stylisé dans le logo actuel.

La société va continuer à se développer dans les années 30 et élargir la palette de ses fabrications, tout en innovant. Ainsi apparaitront les premiers outils à douilles et les outils chromés qui n’étaient jusque-là que ‘‘brunis’’ par traitement thermique.

L’après-guerre et les Trente glorieuses seront marqués par l’industrialisation des productions qui deviennent plus automatisées et par une explosion du nombre de références d’outils pour faire face aux demandes d’une industrie en pleine expansion. Ce sera le début des camions de démonstration qui iront jusque dans les ateliers et les garages les plus reculés pour présenter directement aux utilisateurs les outillages.

Innovation et garantie à vie

Très à l’écoute des utilisateurs, le bureau d’études de Facom sera sans cesse tiré par l’innovation. Les premiers extracteurs de roulements arriveront en 1945 et les premiers cliquets pour douilles en 1946. Le premier brevet pour une clé dynamométrique sera déposé en 1948, tandis que les premiers tournevis à manche plastique ‘‘Isoryl’’ apparaitront en 1950. Les équipements de garage, telles les équilibreuses de roues, arriveront à partir de 1954.

Mais l'innovation majeure de cette période sera l’arrivée en 1952 de la ‘‘garantie à vie’’, qui établira la réputation de la marque. C’est du jamais fait dans le monde industriel européen. Elle est vraiment ‘‘totale’’, sans limitation dans le temps, quel que soit l'état de l'outil, pourvu qu'il ait été utilisé dans des conditions ‘‘normales’’. Aujourd’hui cette garantie concerne encore la plupart des outils du catalogue.

Plusieurs usines sont ouvertes en région parisienne et en province, Facom devient le leader français de l’outillage à main dès 1960.

Entré en bourse en 1971, Facom va rapidement s’internationaliser dans les deux décennies suivantes avec de nombreuses filiales européennes, puis américaine. Ce sera aussi l’époque de l’acquisition de sociétés spécialisées dans certains types d’outils : Piolé (tôlerie) ; Bost (pinces) ; Garnache (tournevis) ; Virax (outils pour le travail du tube) ; Dela (mesurage) ; Mingori (cintreuse) ; Britool (outillage automobile et industriel) ; USAG (numéro un italien de l'outillage à main) ou SK Hand Tool (spécialiste américain du serrage). En 1983, Facom est le numéro un européen de l'outillage à main (9 % de parts de marché), et troisième sur le plan mondial. Un outil sur trois est vendu hors de France.

Au début des années 90, l'entreprise s'affirme comme un multi spécialiste. Elle est présente sur des marchés aussi divers que la mécanique, l'aéronautique, l'électricité, l'électronique, les travaux publics, le bâtiment ou l'automobile. En 1999, après une OPA, l'entreprise passe dans le giron du groupe Fimalac, puis fait son entrée en janvier 2006 dans le groupe américain Stanley Black & Decker. Parallèlement Facom aura développé toute une gamme de produits énergisés sur batteries (perceuses/visseuses, clés à chocs, cliquets, lampes…) et inclus de l’électronique dans de nombreux outils (clés dynamométriques, métrologie…).

L’ère des mobiles

Dernière évolution en date, grâce à un partenariat avec Adar General Telecom Services, Facom lance aujourd’hui une gamme de produits mobiles, du téléphone hybride à la tablette, en passant par les smartphones, conçue pour résister aux conditions de travail les plus extrêmes. La gamme comprend le smartphone F400, le téléphone à clavier F100, le téléphone hybride F200 et la tablette F1000. Ces produits durcis sont adaptés à une utilisation professionnelle dans un environnement industriel, grâce à un indice de résistance aux chocs et d’étanchéité IP68. Pluie, poussière, boue, graisses, rien ne peut altérer leur fonctionnement.

Les mobiles et tablettes sont équipés d’écrans ultra-durcis et renforcés par une structure interne en magnésium qui leur confère une solidité à toute épreuve. Les modèles à clavier, en plus de leurs fonctions pratiques telles que la lampe torche, offrent des niveaux d’autonomies exceptionnels (500 h). Les smartphones, quant à eux, proposent des applications embarquées indispensables dans le quotidien des travailleurs :

  • PTI (Protection du travailleur isolé) est un service intégré qui détecte les situations anormales (chutes, pertes de verticalité, immobilité), qui localise le travailleur en permanence à l’aide du GPS. En cas de suspicion d’accident, l’application déclenche une sirène d’alerte sonore et visuelle, et prévient automatiquement une liste de contacts via un SMS pré-enregistré et en déclenchant des appels vocaux. Lorsque quelqu’un décroche et l’application passe en mode ‘‘haut-parleur’’ pour que la communication puisse avoir lieu sans avoir à manipuler le téléphone avec les mains.
  • PTT ou Push to talk est un système gratuit de communications en VoIP (protocole de voix sur IP) permettant d’utiliser son terminal mobile à la manière d’un talkie-walkie et d’un système de messagerie instantanée. Il permet ainsi de relier un grand nombre de personnes d’une même équipe de travail et de faciliter leurs échanges, sans limite de distance et sans surcoût.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : https://www.facommobile.com/

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