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Face à la recrudescence des piratages d’objets connectés, Matooma propose un réseau privé sécurisé pour l’industrie

Kevin Poireault

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Face à la recrudescence des piratages d’objets connectés, Matooma propose un réseau privé sécurisé pour l’industrie

© Matooma

Pour assurer une meilleure sécurité aux appareils de l’internet industriel des objets (IIoT), la start-up montpelliéraine Matooma, récemment rachetée par le britannique Wireless Logic, a développé un réseau privé et sécurisé, indépendant d’internet.

La multiplication des objets connectés est considérable : de 13,4 milliards en 2015,  ces derniers devraient être au nombre de 38,5 milliards en 2020, selon le cabinet d’analyse Juniper Research. Un constat désormais bien connu des groupes cybermalveillants puisque les cyberattaques sur ces appareils a été multiplié par 9 entre 2018 et 2019, passant de 12 à 105 millions, d’après la spécialiste russe en cybersécurité Kaspersky.

Face à ce fléau, la start-up montpelliéraine Matooma, qui fournit des cartes SIM pour les industriels désireux d’interconnecter leurs machines, a décidé, depuis 2016, de développer MatooWan, un réseau non exposé sur internet et sécurisé – un « backnet », selon les mots de Frédéric Salles, PDG de Matooma – afin d’interconnecter l’internet industriel des objets (IIoT) de ses 3 000 clients, en France et en Europe, quel que soit l’opérateur qui fournit le réseau.

« Il y a deux manière de connecter un objet par carte SIM, commence le chef d’entreprise montpelliérain. Lorsque la communication ne s’opère que dans un sens, on peut lui attribuer une adresse IP privée : c’est le cas pour les SIM de nos smartphones, dont l’adresse IP est celle, privée, fournie par l’opérateur. Mais si l’on souhaite se connecter à distance avec l’objet ou le faire communiquer avec d’autres appareils, comme dans le cas d’une caméra de surveillance, par exemple, on devra avoir recours à une adresse IP publique. » C’est là que le bât blesse.

Un intranet à grande échelle sécurisé et taillé pour l’IIoT

Si de plus en plus d’experts s’inquiètent du manque de sécurité des logiciels de bon nombre d’objets connectés, la carte SIM, elle est encore plus critiques, car elle constitue le point d’entrée vers cette couche logicielle. Comprendre : même l’appareil le plus sécurisé du monde est vulnérable si sa carte SIM possède une adresse IP publique. « Certaines organisations développent des logiciels qui réclament successivement l’accès à tous les objets connectés sur internet – ce qu’on appelle un « ping ». Quand elles en trouvent, soit elles attaquent par déni de service [un procédé qui consiste à effectuer un nombre important de requêtes pour faire planter les serveurs sur lesquels sont hébergés les logiciels, ndlr] soit elles s’en servent comme outil pour communiquer avec d’autres appareils et potentiellement les infiltrer. »

Matooma a donc développé un Access Point Name (APN), un réseau privé baptisé MatooWan qui permet, sans passer par internet, de faire communiquer tous les appareils IoT entre eux, quel que soit leurs protocoles (Bluetooth, Sigfox, LoRa, wifi, 3G, 4G…). Une sorte d’intranet à grande échelle pour les industriels, reposant sur deux serveurs, un à Montpellier, un à Paris, pour lequel Matooma assure un chiffrement de bout en bout et garantit une « communication en temps-réel pour la supervision et la maintenance à distance » assure Frédéric Salles.



Sur les 600 000 appareils connectés équipés par Matooma (dont 95% en France), seuls 100 000 sont aujourd’hui connectés au MatooWan, mais Frédéric Salles espère bien convaincre l’ensemble de ses clients de l’intérêt d’un tel réseau. « A Paris, l’ensemble du système Velib’ fonctionne sur MatooWan », lance le PDG. Depuis quelques mois, la start-up montpelliéraine de 50 employés fait profiter de son réseau privé à Wireless Logic Group, ancien concurrent britannique qui l’a rachetée le 25 juillet 2019, après avoir mis la main sur des concurrents en Allemagne, en Espagne et en Italie. « Avec la puissance de frappe de Wireless Logic, nous pouvons mieux nous préparer à l’arrivée de la 5G », glisse enfin Frédéric Salles.

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