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« Face à la complexité croissante des produits, le PLM doit tirer les leçons de ses échecs », Stéphane Guignard (Aras)

« Face à la complexité croissante des produits, le PLM doit tirer les leçons de ses échecs », Stéphane Guignard (Aras)

Stéphane Guignard, Directeur France et Europe du Sud d’Aras

Les pièces produites sont de plus en plus complexes. Face à ce constat, il est nécessaire que le système de la gestion du cycle de vie des produits - le PLM (pour Product Lifecycle Management) - évolue. Stéphane Guignard, Directeur France et Europe du Sud d’Aras, nous donne quelques clés pour tirer partie au mieux des outils numériques mis à disposition des industriels.

Déception, frustration, constat d'échec... Le moins que l'on puisse dire, c'est que les premières générations de PLM (Product Lifecycle Management, système de gestion du cycle de vie des produits) n'ont pas tenu leurs promesses. Avec ces outils informatiques qui étaient censés fédérer les métiers de l'entreprise, les industriels espéraient faciliter le partage de données, de la conception au SAV, de bénéficier d’un vrai référentiel de données produits (« single source of truth »). Et mieux prendre en compte la complexité croissante des produits : une boîte de vitesse automobile, par exemple, n'est plus un simple assemblage d'engrenages, mais un système constitué de composants mécaniques, d'actionneurs, de circuits électroniques et de logiciel. Du coup, le PLM devait répondre à des problématiques nouvelles, en termes de conception, bien sûr (avec les délais de mise sur le marché de plus en plus courts), mais aussi aux enjeux de qualité, de respect des réglementations, de sécurité...

Or, après des années d'efforts, les pionniers du PLM ont dû déchanter. Le constat tient en une formule : 10-10-100. 10% des fonctions sont effectivement disponibles, 10% des utilisateurs potentiels y ont accès... et 100% du budget a été dépensé ! En fait, la plupart des industriels n'ont toujours pas l'outil informatique adapté à leurs besoins. Pour s'en convaincre, un exemple suffit : dans l'industrie, on estime qu’en moyenne 35% des demandes de modifications sur un produit qui sont instruites ne sont finalement jamais mises en application. Faute d'un moyen efficace de communication et de partage de données, de décloisonnement entre les services concernés (marketing, maintenance, production, achats...).

Un patchwork de solutions plus ou moins bien intégrées

Certes, les entreprises elles-mêmes ont souvent du mal à faire communiquer leurs différents métiers. Mais les échecs sont largement imputables aux lacunes des PLM de première génération. Ainsi, les premiers PLM avaient le défaut de se focaliser sur le développement technique du produit. Rien de surprenant, car l'idée même de gestion du cycle de vie des produits est d’abord née de l'informatisation des bureaux d'études, grâce à la CAO, complétée ensuite par des systèmes de Gestion de Données Techniques (GDT).

Pour tenter de prendre en compte tous les aspects de la chaîne, les éditeurs de logiciels de PLM ont alors complété leur offre au fil de fusions et acquisitions. Ce qui aboutit à un patchwork de fonctions et d'applications plus ou moins bien intégrées. Pas étonnant, dans ces conditions, qu'il soit difficile d'assurer la traçabilité des demandes de modifications émanant de différents services (marketing, production, qualité, SAV...). Enfin les logiciels PLM traditionnels imposent leur propre modèle de données, intégré dans le code source. Ce qui ne répond pas forcément aux besoins spécifiques de l'utilisateur et freine toute velléité d'évolution.

Adopter une vision globale de la vie des produits

La solution ? Passer enfin au « business of engineering ». Autrement dit, adopter effectivement une vision beaucoup plus large de la vie du produit, qui ne se limite pas exclusivement aux sciences de l'ingénieur. Au-delà de la CAO mécanique, de la simulation et de la maquette numérique du produit, le « business of engineering » intègre toutes les autres composantes techniques (électronique, logiciel), mais aussi les données des autres métiers tels que la qualité, la production, la documentation technique, le SAV… Il supporte une approche de l’ingénierie des systèmes basée sur les modèles (Model-Based Systems Engineering), qui permet un pilotage de la collaboration entre tous les métiers et toutes les disciplines.

Il est donc temps pour les industriels de rééquilibrer leurs investissements dans le digital entre maitrise des processus collaboratifs fédérateurs et outils scientifiques de conception ! 

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