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Face à l’interdiction des sacs plastiques, Carbios réinvente le biodégradable

Philippe Passebon

Mis à jour le 03/10/2014 à 17h24

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Face à l’interdiction des sacs plastiques, Carbios réinvente le biodégradable

© DR

Le projet de Loi sur la transition énergétique prévoyant entre autres l'interdiction des sacs plastiques à usage unique en 2016 est discuté actuellement au Parlement. Est-ce la fin de la production de sacs plastiques pour la France ? Carbios, une start-up française, travaille sur une technologie qui pourrait permettre de mettre au point des sacs plastiques biodégradables constitués des mêmes matériaux que les sacs classiques.

Anne Hidalgo a annoncé le 30 septembre son intention de faire voter l’interdiction des sacs plastiques à usage unique à Paris. De son côté, Ségolène Royal souhaite aussi supprimer pour l’ensemble du territoire français les sacs plastiques à usage unique dès 2016. La proposition est discutée aujourd’hui au Parlement dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique. Ces mesures visent à lutter contre la pollution générée par les déchets plastiques, un désastre environnemental, non seulement du fait de leur éparpillement et de la place qu’ils prennent mais aussi parce que les microparticules issues de leur dégradation auraient des effets néfastes sur la santé.

Intégrer la dégradabilité du plastique dans le procédé de fabrication

Une alternative à l’interdiction des sacs plastiques existe pourtant : la fabrication de sacs biodégradables. Mais ceux-ci sont généralement peu résistants, et n’ont pas encore trouvé leur public. Une jeune pousse française, Carbios, propose une solution innovante qui permette de faire des sacs biodégradables avec les mêmes qualités que les sacs traditionnels. « Plutôt que de travailler sur l’origine du plastique, nous avons essayé de trouver des microorganismes dont les enzymes sont capables de dégrader sélectivement chaque sorte de plastique existant déjà. A chaque polymère nous associons une enzyme, que nous intégrons lors du procédé d’extrusion du plastique, avant que le sac n’arrive sur le marché. Puis nous cherchons à maîtriser le temps que l’enzyme va mettre à dégrader le plastique », explique Jean-Claude Lumaret, le directeur de Carbios. En travaillant sur des polymères déjà utilisés par les industriels, et non pas par exemple sur des nouveaux matériaux d’origine végétale, le procédé ne nécessite pas pour les plasturgistes de changer leurs procédés. « On ne va pas forcer les industriels à arrêter de bosser avec l’éthylène. Le biosourcé n’est pas aujourd’hui la meilleure solution », résume jean-Claude Lumaret. L’entreprise créée en 2011 a déjà fait la démonstration de la technologie sur un polyéthylène en juillet et envisage une mise en œuvre pré-industrielle du procédé dès 2016.

« Les sacs à base d’amidon de maïs existent déjà », rappelle Jean-Claude Lumaret, « mais si les sacs 100 % amidon sont biodégradables, ils présentent l’inconvénient d’être aussi très peu résistants à l’eau. Ce n’est pas très pratique quand on veut ramener ses salades. Pour résoudre le problème, les plasturgistes mélangent ces polymères à base d’amidon avec d’autres polyesters pour modifier la structure du sac et lui conférer de nouvelles propriétés. Le problème, c’est que la partie qu’ils ont ajoutée a rendu le matériau non biodégradable. » Un inconvénient que supprime Carbios avec sa technologie. Reste pour la société à bien maîtriser la vitesse de la dégradation du matériau, qui commence dès qu’il est mis en contact avec le soleil, une propriété qui peut s’avérer contrariante, par exemple pour des bouteilles en plastique.

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