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EY monte son propre lab de R&D pour accélérer dans l’intelligence artificielle et la cybersécurité

EY monte son propre lab de R&D pour accélérer dans l’intelligence artificielle et la cybersécurité

© Christophe Rabinovici

Le cabinet de conseil a inauguré hier, mercredi 7 décembre, son Experience Lab. Déployé sur 600 m2, il regroupe dans un même lieu  60 experts R&D d'EY autour du traitement des données, de l'intelligence artificielle et de la cybersécurité. Visite guidée. 

17ème étage de la Tour First, à La Défense. Après avoir passé une porte sécurisée et traversé un long couloir sombre, me voilà au beau milieu d’un plateau lumineux de 600 mètres carrés avec une vue imprenable sur la capitale. L’ambiance est particulièrement studieuse. Nous nous trouvons dans le nouvel Experience Lab d’EY.

60 personnes en pure R&D

Grâce à cette nouvelle structure, inaugurée officiellement mercredi 7 décembre, le cabinet de conseil entend soutenir et accélérer la transformation digitale de ses clients, mais aussi sa propre mutation, autour de trois thématiques : le traitement des données, l’intelligence artificielle et la cybersécurité. Les technologies issues de ce nouveau centre seront ainsi d’abord testées sur les différentes branches métiers concernées d’EY. 

Car à la différence d’autres centres d’innovations déployés par des cabinets concurrents, EY entend développer ses propres technologies pour ne pas être dépendant des solutions propriétaires des éditeurs. « Nous tenons à maîtriser les points technologiques et scientifiques pour pouvoir être capables de faire évoluer nos solutions selon les besoins. Ce sont donc 60 personnes en  pure R&D que nous avons réunies au même endroit » explique Xavier de Boissieu, à la tête du nouveau lab et ex-directeur général de Bluestone, spécialiste de la data science.

Des téraoctets de RAM et des GPU

Une fois les briques technologiques élémentaires développées, les équipes conçoivent des solutions sur mesure pour les clients, en adoptant des démarches de design thinking et de prototypage rapide. Ces solutions peuvent être hébergées in situ et être opérées en services managés. EY s’est en effet équipé d’importantes infrastructures techniques. Les données sont ainsi stockées de manière distribuée sur Hadoop, une technologie big data qui permet de répartir la charge de calcul sur plusieurs serveurs, hébergés dans la tour, et sont traitées grâce à la technologie Spark. « Nous avons également des téraoctets de RAM, mais aussi des GPU (processeurs graphiques, ndlr) pour faire tourner les algorithmes de deep learning » précise le chef des lieux.

Des algorithmes de prévision industrialisés

Après cette présentation technique, ma visite débute par l’open space, où des niches ont été aménagées pour présenter différentes démonstrations aux entreprises clientes. Parmi elles, un outil maison permet de prédire le volume d’appels d’un call center d’un énergéticien, selon l’évolution des températures et d’autres données externes. Objectif : pourvoir mobiliser suffisamment de ressources humaines en cas d’une possible hausse du volume d’appels. Les experts R&D d’EY ont utilisé les mêmes algorithmes scientifiques pour permettre au département RH d'une entreprise de prévoir ses effectifs à cinq ans et de tester l’impact de différentes stratégies de recrutement. « L’objectif est de capitaliser sur ces composants de très bas niveau pour industrialiser notre approche et ensuite adapter les couches supérieures aux différentes problématiques de nos clients » détaille Xavier de Boissieu.

Une intelligence artificielle pragmatique

La visite se poursuit dans un espace de travail collaboratif où trône un immense écran tactile. «Nous développons une R&D très pragmatique. Nous ne sommes pas dans la prospective à 20 ans » indique, en préambule, Xavier De Boissieu. La démonstration qui suit est effectivement très concrète. Sur l’écran tactile, une application basée sur des algorithmes de machine learning permet de catégoriser automatiquement des milliers de factures d’une entreprise, grâce à une analyse sémantique et numérique. Une étape indispensable pour pouvoir optimiser les achats d’une société, mais qui jusqu’à présent s’effectuait manuellement. « En catégorisant 5% des factures, on arrive à un taux de précision de 90% » assure Xavier de Boissieu.

Un SOC pour détecter les cyberattaques

Empreinte digitale, badge d’accès et code d’entrée… Nous entrons à présent dans une salle ultra-sécurisée et qualifiée Passi, par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). C’est ici que planchent les experts cyber d’EY. Une partie d’entre eux sont mobilisés sur un Security operations center (SOC), qui vise à détecter les cyberattaques. Objectif : permettre au client d’adopter une nouvelle position pour être en mesure d’anticiper, de réagir et de gérer correctement une éventuelle crise cyber. Ici, les équipes d’EY ont notamment mis au point une application qui scanne les informations du web et du deep weeb pour identifier les potentielles attaques auxquelles s’expose une entreprise et comprendre quels chemins elles pourraient suivre. Pour améliorer leur capacité de détection, les équipes d’EY travaillent également sur des algorithmes d’intelligence artificielle. « Nous sommes encore au stade de la recherche. Des travaux sont en cours mais nous sommes au tout début » précise, prudent, Fabrice Groseil, directeur associé d'EY. 

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