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Exploiter au mieux de multiples savoir-faire

Mirel Scherer

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- Mixant les compétences électromécaniques et celles d'automatisme, l'équipe mécatronique du groupe français privilégie l'approche globale.

Réputé pour ses produits d'appareillage électromécanique et d'automatisme, Schneider Electric a accumulé, au fil des ans, un savoir-faire mécatronique considérable. L'entreprise a donc été confrontée à une question de bon sens : comment exploiter au mieux ce savoir-faire multiforme pour l'injecter dans les produits de demain ?

Mixer les différentes technologies présentes

La réponse est venue avec la création d'un groupe associant les équipes "mécatronique" et "contacts électriques". L'entité a pris, aujourd'hui, ses quartiers dans les nouveaux locaux de Schneider à Grenoble (Isère) aux côtés des autres spécialistes de la direction scientifique et technique. Ce regroupement, qui décloisonne et rapproche les équipes, "booste" le travail collaboratif en favorisant une circulation plus facile et plus rapide de l'information.

L'équipe mécatronique-contacts électriques est pilotée par Christian Jarrige. Elle rassemble aussi bien des spécialistes de l'électromécanique que de l'automatisme. Mais pose un défi : comment aborder un tel sujet polymorphe, technologiquement parlant ?

« Nous n'avons aucun a priori face à la mécatronique », précise simplement ce diplômé de l'École nationale supérieure de mécanique et de micromécanique de Besançon. Au quotidien, ses deux petites équipes peuvent se consacrer à leurs recherches sans subir la moindre pression marketing et même, dit Christian Jarrige, « un produit purement mécanique peut être le fruit de nos recherches mécatroniques s'il correspond à un cahier des charges qu'on nous a confié ».

Cela dit, le gros des développements consiste en des dispositifs qui marient, dans le plus pur esprit mécatronique, mécanique, électronique et logiciels. Objectif commun à tous ces projets : « Répondre aux besoins des utilisateurs en mixant, avec intelligence, les différentes technologies disponibles. » Des utilisateurs qui, naturellement, veulent des produits qui consomment toujours moins, soient plus compacts, réduisent les coûts et améliorent les performances...

« Démarche globale, la mécatronique est une approche naturelle pour nous », insiste le spécialiste pour lequel la présence des experts en automatisme dans l'équipe est essentielle. « La démarche fonctionnelle mise en oeuvre par Schneider dans ses installations d'automatisme se révèle très efficace dans les projets mécatroniques. » Une approche systémique, que connaissent parfaitement les membres de l'équipe formés aux automatismes et au traitement de signal.

Faire collaborer toutes les équipes

Bien sûr, les compétences de base en électromécanique, le métier premier de Schneider, sont tout aussi incontournables. Tout comme la connaissance approfondie des normes et des produits. « Il est indispensable de mixer les compétences, c'est l'un des postulats d'une démar-che mécatronique réussie », conseille Christian Jarrige à tous ceux qui font leurs premiers pas dans cette voie. Autrement dit, il faut assurer les bonnes interfaces entre les différents métiers tout en faisant évoluer les frontières de chacun d'entre eux. Et ne pas perdre de vue l'objectif premier : faire passer les innovations dans les produits. Ce qui suppose non seulement une connaissance parfaite des produits maison pour pouvoir injecter les innovations qui les feront évoluer, mais aussi une collaboration intime avec les autres équipes.

Un exemple : comment préparer les produits à mieux résister à des cas d'application extrême ? La méthode classique, celle du surdimensionnement par rapport au mode de fonctionnement habituel de l'appareil, coûte trop cher. Les ingénieurs mécatroniciens de Schneider usent et abusent donc des outils de prototypage virtuel rapide. En faisant appel à des logiciels de simulation multiphysique qui apparaissent sur le marché pour tester ces cas critiques et trouver les réponses (sécurité, fiabilité, etc.) mécatroniques les mieux adaptées. L'utilisation de ces outils permet le juste dimensionnement de ces produits si particuliers qui ont le redoutable privilège de marier courant fort et courant faible pour répondre efficacement aux besoins des différentes applications.

Mener une réflexion avec le marketing

L'une des premières solutions développées suivant cette démarche - dont le premier commandement est "remise à plat complète du produit à mécanotriser" - est le départ moteur Tesys U. Non seulement il offre de nouvelles fonctionnalités à l'utilisateur, mais il est plus compact et répond aux besoins de communication entre les différents systèmes d'une installation (voir encadré).

Parmi les autres défis qu'affronte l'équipe figure la mutualisation des innovations sur les différents produits d'une gamme, ce qui, parfois, peut aller jusqu'à une remise en cause de la segmentation de l'offre. Pour les spécialistes de Schneider Electric, concevoir les produits avec une vision mécatronique assure un enrichissement fonctionnel quasi gratuit. C'est, par exemple, le cas de la fonction communication, dont le coût peut être souvent prohibitif si on la développe individuellement.

L'un des enjeux de l'équipe mécatronique est de mener une réflexion avec le marketing sur le développement à long terme et d'alerter en permanence les autres services - bureaux d'études, développement, etc. - que les problèmes techniques peuvent être abordés différemment. Que des solutions alternatives sont susceptibles d'offrir un réel bénéfice. Christian Jarrige cite ainsi l'apport de la mécatronique à la possible convergence entre deux produits aussi différents que les contacteurs et les disjoncteurs. « Un véritable travail de mutation culturelle et technique qui donne une nouvelle jeunesse à ces produits dont les premiers principes ont été développés, comme pour les contacteurs, dans les années 1920. »

En amont du développement de produits, qui fait suite à des demandes marketing précises, le groupe mécatronique de Schneider a ainsi une fonction d'anticipation pour détecter les cibles dans les projets de développement. Un positionnement mécatronique s'apparente, en effet, à un exercice permanent d'équilibriste entre les besoins du marketing et ceux de l'innovation. « C'est la seule façon pour développer les produits de demain qui utiliseront des briques génériques pour construire la solution la mieux adaptée », conclut l'ingénieur.

L'ORGANISATION

- Le groupe mécatronique a été mis en place en 2001 et regroupé avec les services de la direction scientifique et technique sur le site de Grenoble (Isère). - Il compte une douzaine de spécialistes dans les différents domaines, électromécanique, automatismes, etc., que croisent les produits du groupe.

TESYS U UN DÉPART MOTEUR INTELLIGENT

Le système remplace une solution entièrement électromécanique mise au point il y a vingt ans. - À la simplification de la gamme, le Tesys U ajoute l'enrichissement de fonctionnalités. - Le nombre de références a été divisé par 40 %, le câblage a été réduit de plus de 50 %, la consommation de 60 % et la taille de l'armoire de 37 %. - L'intégration d'un Asic de mesure et de capteurs de courant permet de couvrir tous les moteurs de 0 à 32 A avec seulement six références. Points forts - Grâce au module de contrôle électronique, l'utilisateur peut adapter le Tesys U à son application et le faire évoluer suivant ses besoins. - Le système est compatible avec les bus de terrain.

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