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Eurosatory 2014 : la DGA dévoile Caméléon, le futur du camouflage optique

Julien Bergounhoux
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Eurosatory 2014 : la DGA dévoile Caméléon, le futur du camouflage optique

© Julien Bergounhoux

Les équipes techniques de la Direction générale de l'armement travaillent à la conception d'un système de camouflage électronique dynamique, capable de s'adapter à n'importe quel environnement, et efficace aussi bien pour le spectre de lumière visible que pour l'infrarouge. Une démonstration en est faite au salon Eurosatory 2014.

La Direction générale de l'armement (DGA) a dévoilé Caméléon au salon Eurosatory 2014, un projet à la pointe des technologies de furtivité et dont le principe de "peau active", composée de macro-pixels qui changent automatiquement de couleur en fonction de leur environnement, a été breveté par la DGA. Afin d'en apprendre un peu plus, Industrie & Technologies s'est entretenu avec Laurent Sauques, expert en matériaux furtifs et pilote technique du projet Caméléon.

La première chose à savoir est qu'il s'agit d'un programme franco-français. Il n'emploie que des sous-traitants et des chercheurs nationaux, dont certains ont été suivis dès l'université. Nexter est le maître d'œuvre du projet, qu'il développe en suivant le cahier technique et fonctionnel établi par la DGA. Le travail sur Caméléon a débuté il y a environ deux ans et son développement est financé à hauteur d'un million d'euros par an.

Il utilise une peau active multispectrale, c'est-à-dire qu'elle engloble les spectres de lumière visible, proche infrarouge et infrarouge bandes 2 et 3. Cela lui confère un camouflage hors du commun, capable de tromper à la fois une vision "normale" et une vision thermique, et que Laurent Sauques juge inégalé dans le reste du monde. A tel point qu'il attire les convoitises étrangères sur le salon, qu'il s'agisse d'offres de participation financière au développement ou de propositions d'achat.

SIX TECHNOLOGIES CONCURRENTES

Caméleon est né d'un simple constat : les peintures utilisées pour le camouflage traditionnel s'abiment parfois rapidement et sont incapables de s'adapter aux environnements variables que nécessite la guerre moderne, par exemple en passant d'un terrain rural à un milieu urbain. Les coûts de remise en peinture et de maintenance dans ce type de scénario sont prohibitifs et irréalisables en situation de combat. Caméleon est donc conçu pour être à la fois dynamique et s'adapter en permanence à son environnement, mais aussi facile à entretenir et à réparer. Les "pixels" qui composent le système peuvent être changés individuellement au besoin pour éviter qu'un pixel mort ne trahisse l'engin camouflé.

Six technologies différentes sont à l'étude dans le cadre du programme, parmi lesquelles on trouve des cristaux liquides cholestériques, des électro-chromes, et des Oled (diodes organiques électroluminescentes). L'un des principaux avantages de ces matériaux est le fait de n'avoir plus besoin de source lumineuse externe pour émettre leur couleur, car ils la produisent eux-mêmes. L'inconvénient est une consommation énergétique importante qu'il faut savoir gérer.


Démonstration de la technologie Caméléon sur le salon

Le projet en est actuellement au deux tiers de son avancement. Chaque technologie est développée en parallèle, et il s'agira ensuite de déterminer laquelle offre le meilleur rendement coût/performances, des performances supérieures, mais avec un coût prohibitif n'étant pas souhaitables.

UN PROJET FUTURE-PROOF

Les prototypes ont été validés dans les centres techniques de la DGA à Bourges et Toulouse. Des essais en extérieur ont été effectués l'année dernière au centre de Versailles-Satory et il a pu être validé que le système fonctionnait de façon optimale même dans des conditions de forte chaleur (+35 °C). Il a également été observé lors des tests que même lorsque le système a été perforé par une balle, la zone autour de l'impact continue d'opérer correctement. Les essais vont se poursuivre cet été, et cet hiver des plaques d'un mètre carré seront testées au centre de Bourges.

Le but est d'équiper des matériels opérationnels d'ici dix ans. Par ailleurs, Caméléon 2 est déjà en cours de développement. Cette seconde phase du projet se concentre sur le support d'un camouflage couvrant l'intégralité du véhicule, le rendant complètement furtif, ainsi que sur l'utilisation de matériaux souples, qui pourraient être utilisés par des fantassins.

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