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Euromold 2001 - L'emboutissage se passe de matrice.

Philippe Beaufils
Avalanche d'innovations au salon européen de moulistes Euromold (28/11/2001 au 1/12/2002) avec des machines de prototypage toujours plus rapides, plus précises et plus compactes. La machine de formage sans matrice japonaise a été un des points d'attractio

Malgré la mauvaise passe que traverse l'économie allemande, l'industrie du moule ne semble pas avoir été touchée. Preuve en est de l'extraordinaire vitalité en matière d'innovation du salon Euromold qui a attiré fin novembre de nombreux spécialistes du moule au parc des expositions de Francfort.

Les industriels français ont voulu eux aussi profiter de la plus importante manifestation mondiale du domaine pour démontrer leurs capacités. Que ce soit dans l'industrialisation de A à Z des prototypes automobiles, comme le Groupe Duarte, ou dans la fabrication des moules avec les moyens les plus avancés comme les machines d'usinage à grande vitesse qu'utilise le Groupe Sermo. Une société lancée dans une ambitieuse stratégie de conquête de nouveaux marchés aussi bien en Amérique Latine qu'en Europe (Pologne, Allemagne, etc.).

Les acteurs français du prototypage rapide (PR) n'étaient pas en reste, comme l'a prouvé RP2I avec une nouvelle machine de stratoconception. Ou la société de service sarthoise CEP, dont les pièces de très haute technicité (frittées ou réalisées par stéréolithographie) ont été remarquées par Terry Wohlers, le pape du PR et président du cabinet d'étude de marche homonyme.

MMB n'est pas venu non plus les mains vides : il a participé au développement par la société allemande F & S d'une nouvelle machine de fusion laser de poudre d'acier qui réduit le temps de fabrication de 30%. Un équipement installé dans plusieurs centres de recherches allemand qui confirme l'avancée vers des procédés capables de fabriquer directement des pièces métalliques ou plastiques.
Tel celui présenté par la société suisse Phonak. Appelé NemoTech, ce processus développé en collaboration avec Siemens Hearing Instruments assure la fabrication rapide des prothèses auditives grâce à une chaîne numérique qui comprend la scanérisation laser du circuit auditif du patient, la modélisation virtuelle de la prothèse, la fabrication de ce modèle par frittage ou stéréolithographie de la prothèse... Avantages : gains de temps et meilleure adaptation aux cas médicaux.

3D Systems ne pouvait pas rater le tournant de la fabrication rapide des pièces métalliques, ce qui explique le rachat de DTM (même s'il doit maintenant assurer la cohérence entre ses procédés et ceux de ce dernier, sans parler d'une compliquée affaire de brevets sur le frittage qui reste à régler avec EOS).
L'inventeur du PR démontrait à Euromold l'étendue de ses capacités, avec par exemple, des très intéressantes pièces d'électrotechnique fabriquées par Moeller grâce au procédé d'outillage rapide indirect Keltool.

Les procédés classiques de PR s'améliorent toujours en capacité, précision et productivité. Comme le démontre la machine de frittage P 380 d'EOS (spécialiste lui aussi de la fabrication rapide), 30% plus productive grâce à un nouveau logiciel de traitement EOSSpace, une tête de scannérisation plus rapide et une nouvelle poudre. Elle est dotée aussi d'un système d'alimentation automatique de poudre qui autorise le travail autonome.

A signaler aussi la Z810 dévoilée par Zcorp avec un volume de fabrication agrandi (600 x 500 x 400 mm, au prix de 220 000 euros) et la machine de coulée sous vide pour pièces métalliques (y compris le magnésium) de MCP.

L'imprimante 3D Quadra d'Objet Geometries, dévoilée en 2000, est enfin prête à être commercialisée : sa vitesse a été améliorée de 30% ainsi que sa précision. En revanche son prix a été multiplié par deux, à environ 91000 euros. Premier à l'installer en France, CEP lance un travail de comparaison avec les autres procédés et dévoilera les résultats sur son stand au prochain salon Micad à Paris.

La miniaturisation touche ces imprimantes 3D. C'est le cas par exemple, d'une des trois machines de PR conçues au Japon et commercialisée en Europe par la société italienne Next Factory qui ont surpris les visiteurs : l'imprimante 3D E-Darts a une taille comparable à un moniteur d'ordinateur.

Les autres équipements étant la BIPS qui réalise des modèles grandeur nature grâce à un procédé similaire à celui de Stratasys (enroulement d'un filament) et surtout, la machine de formage de pièces en tôle Amino qui élimine les modèles. Cet étonnant équipement à trois axes piloté par une CN assure la déformation rapide de la tôle grâce à un outil à mouvement vertical de va-et-vient. Un procédé idéal pour rentabiliser une fabrication en petite série (jusqu'à 500 pièces), la production des prototypes voire des pièces de rechange.

La machine-outil occupe une place de plus en plus importante depuis deux ans , usinage des moules oblige. Commandée par Audi pour l'usinage des outillages d'emboutissage prototypes, la nouvelle fraiseuse à portique 5 axes continus EZ37 présentée par Zimmermann fait appel à une conception originale (les deux piliers sont fixes) qui améliore la rigidité (prix : environ 700000 euros) .

Le constructeur allemand dévoilait aussi un centre de fraisage, le Layer Milling Center, qui adopte le processus de construction couche par couche utilisé en stéréolithographie. Objectif : éliminer les inconvénients de l'usinage des géométries complexes et des pièces creuses, comme la nécessité d'avoir des axes additionnels, une programmation compliquée, le risque de collision, qualité insuffisante due aux outils longs et de petit diamètre, la finition manuelle indispensable, etc. Seul problème : ce système intégré ressemble comme deux goûtes d'eau aux machines de stratoconception inventées et brevetées par le Cirtes (centre européen de PR de St.-Dié-des-Vosges). Encore une bataille de brevets en perspective donc, à moins que cela ne se termine par un accord à l'amiable...M.S

 

Trois procédés, une seule machine !

L'équipement conçu par la jeune société Concept Laser   est sans doute l'innovation phare de l'édition 2001 d'Euromold. La machine trois axes M3 linear (car dotée de moteurs linéaires) réalise trois opérations différentes avec une seule source laser et trois plates-formes interchangeables : construction par fusion de la pièce en acier (matériau maison acier X2 CrNiMo 17 13 2, épaisseur des couches de 10 µm), l'usinage par érosion piloté par un système expert et le marquage des pièces plastique ou de métal.

Ce qui réduit à la fois l'investissement initial (la machine coûte environ 500 000 euros) et les temps de cycle (de l'ordre de quatre à cinq fois en fonction de la complexité de la pièce). La machine peut construire des pièces de 250 x 250 x 170 mm, éroder des pièces de 800 x 500 x 40 mm et marquer des pièces de 450 x 450 mm.

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