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Ethylotests : le risque de pollution surestimé

Hugo Leroux
Ethylotests : le risque de pollution surestimé

Les éthylotests sont obligatoires depuis le 1er juillet dans tous les véhicules à moteur circulant sur les routes

© DR

L’association Robin des bois a largement surestimé la quantité de chrome VI cancérigène contenue dans les éthylotests. Pour autant, cette quantité demeure suffisante pour poser la question d’une filière de collecte spécifique. Décryptage.

La quantité de substance cancérigène était 500 fois surestimée. Ce ne sont pas 30 tonnes, mais 60 kg de chrome VI qui seront produits annuellement dans le cadre de la généralisation des éthylotests. Lorsqu’elle a lancé, vendredi dernier, un cri d’alarme sur le sujet, l'ssociation Robin des Bois a effectué un amalgame entre la quantité totale de réactif contenue dans l’éthylotest, et la quantité de substance chrome VI.

Selon elle, chaque éthylotest contienait 1 gramme de chrome VI. Une affirmation qui a offert à l'association une tribune médiatique, mais qui a été corrigée par le fabricant Contralco, qui a dévoilé une quantité réelle de 0.002 grammes par éthylotest.

Le risque subsiste

L’association Robin des Bois, qui reconnaît son erreur, insiste sur le manque de transparence des fabricants «  Le site de Contralco n’indique pas la véritable teneur en chrome VI, mais seulement une quantité de réactif. Cette imprécision a donc entraîné une imprécision de notre part », se défend Jacky Bonnemain, président de Robin des Bois.

Fausse alerte ? Pas complètement. Même faibles rapportés aux 30 tonnes initialement annoncés, 60kg de chrome VI ne sont pas négligeables. Ils représentent 10% des rejets de chrome générés annuellement annuels par l’industrie française (622 kg en 2010, selon le Registre français des Emissions Polluantes sur itnernet, iREP). Cancérigène, le chrome VI est candidat à la liste des substances très préoccupantes du règlement Reach. A terme, son usage industriel se trouve sur la sellette.

Une collecte dédiée

Si les éthylotests de Contralco n’entrent pas sous la coupe du règlement Reach, c’est parce qu’ils bénéficient pour l'instant d'une exemption accordée aux articles contenant moins de 0.1% en masse de substance préoccupante. « La faible quantité de polluant par produit peut devenir globalement importante si le nombre de produit explose. Par ailleurs, les éthylotests sont  des produits qui se périment rapidement et qui sont facilement disséminés », observe Jacky Bonnemain.

L’association Robin des Bois persiste donc à dénoncer un risque de contamination de l’environnement si les éthylotests sont traités avec les ordures classiques – incinération ou mise en décharge. « Il faut absolument créer une filière de collecte dédiée de responsabilité élargie au producteur [ndlr : où le producteur est tenu d’organiser la collecte et le recyclage des produits, comme dans le cas des déchets électroniques ou des piles] », affirme Jacky Bonnemain.

Du côté de Contralco, on estime la demande prématurée. "Pour mettre en place une filière Rep, il faut évaluer les coûts de concentration et de collecte. Ce qui fonctionne pour la filière des piles et accumulateur n'est pas évident pour les éthylotests car les volumes en jeu ne sont pas comparables", estime Daniel Calas, responsable production et qualité chez Contralco.

La balle est maintenant dans le camp de l’Ademe et le Ministère du développement durable, interpellés par l’association Robin des Bois pour lancer une réflexion sur la question.

Hugo Leroux
 

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