Nous suivre Industrie Techno

Étendre notre réseau d'experts à l'international

Propos recueillis par Thomas Blosseville Photo Thomas Gogny

Sujets relatifs :

,
Ancré sur la transmission hydraulique (moteurs, pompes, valves), son coeur de métier historique, Poclain Hydraulics accentue sa politique d'innovation. Après les matériels pour les travaux publics, l'agriculture et la manutention, l'industriel s'attaque notamment aux équipements pour les bus et les poids lourds. Une stratégie de diversification qui repose sur une R & D structurée et collaborative.

Industrie et Technologies. À quoi ressemblera, demain, la recherche et développement de Poclain Hydraulics ?

Luciano Di Fabrizio. Alors que nos sites de production sont répartis dans le monde entier, notre R & D reste aujourd'hui fortement centralisée sur notre siège social, dans l'Oise. Nous possédons certes une usine en France, mais aussi en République tchèque, en Slovénie, en Inde et aux États-Unis. Pour l'avenir, il nous semble beaucoup plus judicieux de disposer d'un soutien technique dans chacune de ses unités. Nous travaillons donc à la diffusion, à l'international, d'un réseau d'experts sur nos produits. Il s'agira d'équipes de conception. Le coeur de la R & D sera toujours français et remplira le rôle de soutien technique. Depuis deux ans, nous avons déjà un groupe aux États-Unis. Cette année, nous allons en structurer un en Inde. Une équipe tchèque sera opérationnelle en 2010. À terme, nous prévoyons d'avoir 10 à 15 % de l'effectif de R & D à l'étranger, dans chaque usine, au plus près de nos clients.

I & T. Quels défis vous faut-il relever ?

L. D. F. Nous avons absolument besoin de capter de nouveaux talents. C'est pourquoi nous avons participé à la création d'une chaire de mécatronique à l'Université de technologie de Compiègne. Elle devrait démarrer en septembre prochain et nous offrir des ingénieurs spécialistes de l'hydraulique de puissance. Mais nous devrons aussi faire fonctionner ce réseau mondial d'experts. L'enjeu sera de respecter notre plan de diversification. Tout en restant sur le métier de la transmission hydraulique, nous voulons percer à l'horizon 2015 sur les marchés des poids lourds, des bus urbains, des balayeuses...

I & T. Pour y parvenir, quelles sont vos priorités de recherche ?

L. D. F. Ces cibles nous amènent à décliner des axes de réflexion particuliers. Par exemple, le secteur du transport urbain nous encourage à réduire les vibrations et le niveau sonore de nos équipements. Pour les camions, il s'agit aussi de développer des moyens d'assistance pour sortir d'un terrain difficile. Plutôt que d'avoir recours à quatre roues motrices, l'idée serait d'ajouter un couple hydraulique complémentaire sur le pont avant. Ces pistes de recherche viennent compléter nos travaux sur l'amélioration de nos performances environnementales. Cela passe par une réduction de la consommation des moteurs diesel, avec notamment un actionneur hydraulique analogue au Stop and Start automobile. Mais aussi une baisse des émissions polluantes : nos fluides à base végétale en sont à la phase des essais sur bancs.

I & T. Comment coordonnez-vous votre activité R & D ?

L. D. F. Depuis quelques années, nous utilisons le logiciel PDMLink de PTC pour la gestion collaborative multisites. Pour l'instant, elle ne concerne que les États-Unis et la France. Mais, avec notre futur réseau international d'experts, un tel outil s'affirme comme essentiel ! Sur le plan de l'organisation, notre division R & D réunit six services distincts. Le bureau d'études et les essais en sont les deux piliers. Mais, en complément, il existe des équipes supports : une pour la propriété intellectuelle, une autre pour la prospective et la veille technologique. Une cellule scientifique regroupe les métiers du calcul, de la simulation, des laboratoires en métallurgie et en mesure géométrique. Un service, enfin, s'occupe des maquettes. Attention, il ne s'agit pas de prototypes pour le développement de nouveaux produits. Ceux-ci sont fabriqués directement dans les usines. Dans cet atelier, l'idée est plutôt de disposer rapidement de pièces pour des études techniques de fond, ou pour vérifier si une technologie fonctionne dans une classe de produits supérieure à celle initialement prévue. Au final, les travaux de recherche appliquée proprement dits concernent 12 % des effectifs de la division R & D.

I & T. Comment naissent vos nouvelles idées ?

L. D. F. Le principal facteur qui fait démarrer un projet reste les demandes clients. Mais, depuis trois ans, nous disposons aussi d'un processus de management de l'innovation. L'un des objectifs est évidemment de faire en sorte que la genèse d'une idée débouche au plus vite, si possible, sur une innovation produit. Les propositions sont collectées en provenance des membres du bureau d'études, mais aussi du commercial, du marketing... Un comité se réunit chaque mois pour évaluer les idées et éventuellement leur donner suite. Au final, certaines peuvent rester dans les étagères. J'estime même que l'on génère jusqu'à trois projets seulement par an, sur une vingtaine. Dans le cadre de notre plan de diversification à l'horizon 2015, le but du management de l'innovation est avant tout d'explorer les voies qui pourraient, un jour, constituer un obstacle. Nous réalisons en plus des études avancées. Ce sont des travaux technologiques de fond, comme la simulation d'un phénomène physique particulier dans nos équipements. Il ne s'agit pas nécessairement d'obtenir une application immédiate, mais de posséder une connaissance poussée de notre offre.

LES CHIFFRES CLÉS

La R&D Chez Poclain Hydraulics - Effectif : 1 500 personnes dont 10 % en R & D - Part de la R & D dans le chiffre d'affaires : 5 % - Nombre d'inventions protégées dans le monde : 91

RENCONTRE AVEC LUCIANO DI FABRIZIO

DIRECTEUR RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT DE POCLAIN HYDRAULICS

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0909

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2009 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Dassault Systèmes rapproche l'ingénierie et la production

Dassault Systèmes rapproche l'ingénierie et la production

Le spécialiste du PLM pourra, en entrant dans le capital d'Intercim, gérer en temps réel les échanges entre les deux communautés.Dassault Systèmes,[…]

L'informatique "verte" à l'heure des économies

L'informatique "verte" à l'heure des économies

Le papier électronique prend des couleurs

Le papier électronique prend des couleurs

Quand l'environnement stimule l'innovation

Quand l'environnement stimule l'innovation

Plus d'articles