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Etat d'urgence dans la recherche

Etat d'urgence dans la recherche

Un projet de décret vise à annuler 256 millions d'euros de crédit sur la mission "recherche et enseignement supérieur". Des organismes de recherche de renommée internationale, le CEA, CNRS, INRA et INRIA seront alors privés de 134 M€. Ce projet intervient dans un contexte ou d’autres pays comme l’Allemagne ou les Etats-Unis vont au contraire augmenter leurs efforts dans la recherche.

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et son secrétaire d'Etat Thierry Mandon ont déclaré dans un communiqué qu’il s’agissait de « mobiliser en particulier leurs fonds de roulement disponibles et leurs trésoreries, sans mettre en cause l'exécution des budgets prévus ». Dans une tribune que nous publions ci-dessous, les conseils scientifiques du CNRS, de l'INRA, de l'INSERM, de l'INED et de l’IRD se positionnent résolument contre cette décision "contre-productive".

Les conseils scientifiques du CNRS, de l'Inra, de l'Inserm, de l'Ined et de l’Ird s'indignent de l'annonce brutale du projet de suppression par décret de 256 millions d'euros de crédit 2016 pour la "Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur", qui porterait pour 134 millions sur les organismes de recherche (CNRS, Inra, Inserm, Ined, CEA, Inria, etc.).

Cette décision contredit radicalement les engagements pris en début d'année par le Secrétariat d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, et réaffirmés le 14 mars dernier par le Président de la République. Elle provoque stupeur et consternation dans l'ensemble du monde scientifique, comme en témoigne la prise de position commune de personnalités scientifiques de premier plan dans une tribune parue dans Le Monde du 24 mai 2016.

Cette coupe claire, qui arrive très tardivement en cours d'année, va complètement déstabiliser les projets en cours et la structuration des équipes et des laboratoires, dans un contexte où l'emploi scientifique (chercheurs, ingénieurs, techniciens) a déjà été durement touché ces dernières années. Des décisions prises en conséquence dans l'urgence risquent de coûter à terme très cher à la collectivité et de détourner les jeunes générations de la recherche. Les conseils scientifiques demandent au gouvernement de surseoir à ce projet contre-productif, et de considérer réellement la recherche et l'enseignement supérieur comme un investissement d'avenir.


 

A Paris, le 24 mai 2016

 

Bruno Chaudret, Président du Conseil Scientifique du CNRS

Alain Tedgui, Président du Conseil Scientifique de l'INSERM

Frédéric Dardel, Président du Conseil Scientifique de l'INRA

Gustavo de Santis, Président du Conseil Scientifique de l'INED

Giles Pison, Président du Conseil Scientifique de l'IRD
au nom de leurs Conseils Scientifiques respectifs

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