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ESA : ce que le programme ATV a apporté au spatial

Julien Bergounhoux

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ESA : ce que le programme ATV a apporté au spatial

© ESA - M. Pedoussaut

Le programme ATV de l'agence spatiale européenne touche à sa fin avec le lancement ce 29 juillet de l'ATV-5. Retour sur ce cargo spatial ravitailleur de la Station spatiale internationale et sur les innovations qu'il aura vu naître.

Le programme ATV (Automated Transfer Vehicle) de l'agence spatiale européenne (ESA) prend fin avec le lancement dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 juillet de l'ATV-5 Georges Lemaître (baptisé ainsi en l'honneur du "père" méconnu de la théorie du Big Bang), cinquième et dernier véhicule de ce type. Cette missions finale verra l'ATV-5 emporter 6,6 tonnes de cargo jusqu'à la Station spatiale internationale (ISS), un record de poids pour le lanceur Ariane 5 qui le propulsera dans l'espace. Il transportera entre autres un lévitateur électromagnétique développé par l'ESA, capable de maintenir des métaux en micropensateur pour étudier leur comportement à haute température (1600 °C), ainsi qu'un joystick procurant des sensations tactiles, qui devra évaluer ce type de sensations dans l'espace (à l'aide d'une version modifiée de Pong, le doyen du jeu vidéo) et permettre à terme l'opération à distance de robots depuis la station.

Développé dans le cadre du programme collaboratif de ravitaillement de l'ISS, l'ATV aura été le berceau de plusieurs innovations technologiques qui ont su le différencier des autres véhicules de transport de matériel : le HTV japonais et la capsule Dragon de SpaceX. Son innovation principale reste, comme son nom l'indique, le fait que ce véhicule de transfert soit automatisé : une fois dans l'espace, il effectue ses manoeuvres pour rejoindre la Station spatiale internationale (vol, approche et amarrage) de manière complètement automatique (et ce alors que la station tourne autour de la Terre à une vitesse moyenne de 27 500 km/h), avec un contrôle à distance effectué depuis les locaux du CNES à Toulouse.

Un système de guidage affiné

Par rapport à ses ainés ce cinquième opus utilisera un nouveau système de guidage lors de son approche de la station, dénommé Liris (Laser InfraRed Imaging Sensors), qui consiste en une combinaison de caméras infrarouges, fabriquées par la société française Sodern, et de capteurs Lidar (LIght Detection And Ranging), conçus par l'Allemand Jena-Optronik. L'ATV-5 testera l'efficacité de ce système par rapport aux technologies utilisées par les précédents ATV (navigation par satellite pour l'approche à distance, puis utilisation de capteurs optiques une fois à proximité de l'ISS). Les données seront conservées pour être analysées, en vue d'un possible déploiement sur de futurs véhicules. S'il fonctionne correctement, Liris permettra à ces véhicules d’effectuer des rendez-vous avec des cibles dites non coopératives, par exemple des satellites abandonnés ou des conteneurs d’échantillons non manoeuvrables (par exemple envoyés depuis Mars).

Ce programme aura duré 20 ans. Le premier vol a eu lieu en 2008, les suivants prenant place chacun à un intervalle de 18 mois. L'ESA s'estime très satisfaite de ce programme, dont chaque mission s'est déroulée sans accroc. Elle voit dans ses projets de création avec la NASA d'un module de service pour le vaisseau Orion qu'elle considère comme dérivatif de l'ATV, le signe qu'il aura jouer un rôle important dans l'évolution des technologies spatiales.

Ci-dessous, la vidéo live du lancement de l'ATV-5, qui aura lieu le 30 juillet, à 1 heure du matin (heure française) :

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