Nous suivre Industrie Techno

Environnement Marée noire : les procédés pour dépolluer

Sujets relatifs :

Dans le golfe du Mexique, British Petroleum n'en a pas fini avec sa marée noire. Colmater la fuite n'est pas son ultime défi. Quelle que soit l'étendue des dégâts, BP devra dépolluer au plus vite. Inventaire des procédés à sa disposition.

Depuis le naufrage de sa plate-forme Deepwater Horizon, la dépollution reste un défi colossal. Au gré des courants, le mélange d'hydrocarbures s'étend dans le golfe du Mexique. Sa composition et sa texture évoluent sous l'action de l'eau, des vagues et du soleil. L'émulsion d'eau dans l'huile devient de plus en plus caoutchouteuse. Pour la récupérer, BP n'a pas de solution miracle, mais peut s'appuyer sur une panoplie de procédés pour en limiter les dégâts.

Pomper le pétrole

En cas de marée noire, la priorité va aux barrages flottants ou aux bateaux munis de bras articulés. Le principe est de contenir la nappe et de pomper le mélange d'eau et d'hydrocarbures pour les séparer. Ce dispositif est limité par les conditions météorologiques. « En cas de houle supérieure à 1,5 mètre, le pétrole risque de passer sous ou par-dessus les barrages mis en place », prévient Frank Haeseler, chef du département géochimie à l'Institut français du pétrole.

Disperser la nappe

En cas d'échec des barrages flottants, les produits dispersants sont la seconde solution pour éviter que la nappe n'atteigne les côtes. « Répandus par avion ou par bateau, ils se dissolvent à la fois dans l'eau et dans le pétrole. Cette propriété leur permet, à l'interface, de réduire la tension de surface », précise Frank Haeseler. Ils ont pour effet d'étaler et d'affiner la nappe, donc de favoriser son évaporation, sa biodégradation et sa dissolution. Mais, à fortes doses, ils sont toxiques pour les cellules vivantes.

Traiter les déchets

Tôt ou tard, la nappe atteint les côtes. Le sable et les galets sont ramassés. Sur les rochers, le pétrole est décollé par des jets d'eau sous pression. Des produits absorbants, comme des copeaux de bois ou de paille, peuvent être jetés à l'eau pour agréger le pétrole. Tous les déchets récoltés sur les plages sont ensuite placés dans des cylindres rotatifs pour récupérer le pétrole et le valoriser en combustible. Les déchets sont soit mélangés à des solvants issus des raffineries, comme des kérosènes, soit oxydés, soit soumis à pyrolyse. Dans ce dernier cas, les vapeurs de pétrole sont réutilisées. Elles fournissent l'énergie nécessaire au fonctionnement des cylindres rotatifs.

Laisser agir la nature

« Dans les zones fragiles, comme les mangroves, il semble préférable de ne recueillir que le plus facile à récupérer. Pour le reste, pour limiter les dégâts, mieux vaut laisser faire la nature », annonce Frank Haeseler. Le pétrole finit par disparaître par évaporation, solubilisation, biodégradation et, sous les rayons du soleil, par oxydation. Mais en combien d'années ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0923

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2010 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

RGPD : les technos pour respecter la réglementation

RGPD : les technos pour respecter la réglementation

C'est un tournant majeur pour bon nombre d'entreprises ayant des activités numériques. Plus aucune fuite de données[…]

CYBERSECURITE : LE SECTEUR ÉNERGÉTIQUE SOUS TENSION

CYBERSECURITE : LE SECTEUR ÉNERGÉTIQUE SOUS TENSION

Enedis se mobilise après le passage d'Irma

Enedis se mobilise après le passage d'Irma

Le quantique entre dans l'ère industrielle

Le quantique entre dans l'ère industrielle

Plus d'articles