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Enrgies marines renouvelables : l'IRT Jules Verne invente le futur de la filière

C'est à Nantes, au sein de l'Institut de recherche technologique (IRT) Jules Verne, que la filière française des énergies marines renouvelables (EMR) est en train de plancher sur plusieurs innovations. Ce pôle nantais vient de s'enrichir du technocampus Ocean entièrement dédié aux EMR.

Jouxtant l'énorme site d'Airbus de Bouguennais, dans la banlieue sud de Nantes, se trouvent des bâtiments qui ressemblent plus à une usine qu'à un laboratoire de R&D industriel. Bienvenue à l'IRT Jules Verne, le technocampus dédié à quatre secteurs principaux : l'automobile, l'aéronautique, le naval, et, de plus en plus, les énergies marines renouvelables (EMR). « Notre sujet principal à l'IRT, c'est l'élaboration et l'industrialisation de structures de grandes dimensions. Il est donc logique que les EMR fassent partie de nos domaines d'intervention », lance Stéphane Cassereau, directeur général de l'IRT.

 

Au coeur des projets : l'automatisation et la robotique

 

Le technocampus nantais travaille avec la plupart des industriels du secteur, de DCNS à GE-Alstom en passant par STX Europe ou Adwen (Areva-Gamesa). Ici des projets d'études sont en cours sur le vieillissement des structures composites, la tenue face à la corrosion ou l'encrassement (biofouling), l'allégement des matériaux, l'automatisation et la robotique. « Dans les EMR, la majorité des projets concernent la conception intégrée des produits ou process », ajoute Herveline Robidou, directrice des programmes et projets de l'IRT. Exemple, un groupe de PME emmené par la société Loiretech travaille sur la mise au point de procédés pour fabriquer des matériaux composites à faible coût. Cela passera par plus d'automatisation, et par un procédé unique de pales creuses, avec des renforts internes pour leur tenue mécanique. Ce projet, baptisé Hobit, doit déboucher mi-2017 sur un procédé automatisé pour la grande série.

L'automatisation et la robotique sont souvent au coeur des projets. Comme pour l'automobile ou l'aéronautique, les industriels de l'EMR vont de plus en plus souvent utiliser des cobots. C'est l'objet du projet Mascot, qui vise à aider les opérateurs à visser les grandes brides via une plate-forme mobile et un bras articulé. Un autre projet, développé par des ingénieurs de l'IRT au sein du technocampus, vise à évaluer les capacités des robots parallèles à câbles (Acrobot). Ces machines transportent par exemple un outil (à peinture ou à grenaillage). Ils se déplacent dans l'espace un peu comme les caméras des stades de football. Toute la difficulté est de modéliser le positionnement et le système d'attache des câbles pour que le robot puisse évoluer dans toutes les directions, et soit reconfigurable. Un petit prototype a été construit à l'IRT, mais à terme, le démonstrateur fera 7 mètres de long et 4 mètres de large. Rendez-vous début 2017 pour voir cette merveille.

Un technocampus dédié au maritime

Cette plateforme de recherche mutualisée pour les énergies marines et la filière navale a ouvert ses portes le 15 octobre 2015 sur 18 000 m2, à Bouguennais, au sud de Nantes. Et déjà, les surfaces sont quasiment pleines. DCNS, l'IRT Jules Verne et le CEA Tech Pays de la Loire se sont adjugé la part du lion. Plusieurs écoles ou laboratoires sont également présents. Les objectifs de ce nouveau technocampus, qui a nécessité 40 millions d'euros d'investissement, sont multiples : développements de nouveaux alliages métalliques, de nouvelles méthodes d'assemblage et de soudage, utilisation croissante de la simulation numérique, amélioration de la durabilité des structures métalliques. Et, comme toujours dans les technocampus, l'un des objectifs est de favoriser la fertilisation croisée. En l'occurrence entre le naval et l'aéronautique.

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