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Energie : le photovoltaïque monte en puissance

Energie : le photovoltaïque monte en puissance

Les panneaux solaires progressent à une vitesse fulgurante. Le photovoltaïque pourrait même passer devant l’éolien en termes de puissance installée. Plusieurs défis restent toutefois à relever pour accélérer son déploiement en France.

Au XIXe siècle, les pionniers du photovoltaïque ne faisaient pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Observée mais incomprise, la production d’électricité à partir d’un matériau exposé à la lumière était quasiment perçue comme un phénomène magique. Deux siècles plus tard, le photovoltaïque s’impose comme un pilier du mix énergétique. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), il est amené à devenir l’énergie renouvelable détentrice du record de puissance installée. D’ici à 2040, il devrait atteindre plus de 2 000 GW dans le monde, et plus de 3 200 GW selon le scénario le plus optimiste.

En France, si c’est l’éolien qui arrive en haut du podium dans les prévisions, le solaire a, lui aussi, de beaux jours devant lui. Dans son scénario de mix électrique 100 % renouvelable en 2050, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) envisage 63 GW de puissance installée de solaire photovoltaïque, au sol et sur toitures, juste derrière l’éolien, avec 106 GW. « Le photovoltaïque et l’éolien sont les deux énergies renouvelables qui vont prendre le plus de place dans le mix électrique d’ici à 2030-2050, assure Tristan Carrère, ingénieur photovoltaïque à l’Ademe. Aujourd’hui, le rythme d’installation et le volume déjà installé sont beaucoup plus importants pour l’éolien. Mais cette tendance va s’inverser dans les années à venir, et le photovoltaïque est l’énergie qui montera le plus en puissance. »

Ces projections conservent une part d’incertitude et leurs hypothèses sont à prendre avec précaution. Néanmoins, les annonces des officiels et des industriels vont dans le même sens. Selon la programmation pluriannuelle de l’énergie de 2016, l’objectif est d’atteindre 10,2 GW de solaire photovoltaïque installés fin 2018, et entre 18,2 et 20,2 GW d’ici à 2023. De son côté, EDF a fait part de son plan solaire : un investissement de 25 milliards d’euros pour développer 30 GW d’énergie photovoltaïque au sol en France d’ici à 2035. Ces chiffres sont à comparer aux 7,7 GW de puissance photovoltaïque totale installée en France en septembre 2017 d’après le baromètre de l’Observatoire des énergies renouvelables.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement a ouvert, le 18 avril, un groupe de travail sur le solaire dans le cadre du plan de libération des énergies renouvelables. En réunissant différents acteurs autour de la table, il espère « simplifier et consolider le cadre administratif et massifier la filière ». Association spécialisée dans la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, Hespul est partie prenante des discussions. La coordinatrice de son pôle photovoltaïque, Mélodie de l’épine, reste sceptique. « L’état a une préférence pour la production centralisée. Or il faudrait adapter les mécanismes de soutien à l’échelle régionale, pour que les territoires puissent vraiment s’engager dans la transition énergétique. » La production centralisée à partir de grandes fermes photovoltaïques au sol est certes plus rentable que la production répartie sur les habitations. Toutefois, ces dernières représentent un gisement immense. Dans ses travaux pour estimer la possibilité d’un mix énergétique 100 % renouvelable d’ici à 2050, l’Ademe place les toitures largement en tête des gisements de puissance disponible sur le territoire français, avec 364 GW.

C’est d’ailleurs l’un des gros avantages qui fait le succès du photovoltaïque : la possibilité d’en mettre partout. « Le potentiel est énorme », indique Tristan Carrère. Daniel Lincot, le directeur scientifique de l’Institut photovoltaïque d’Ile-de-France (IPVF), confirme : « Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Le photovoltaïque intégré à l’habitat sur les façades ou les toitures permet d’aboutir à une capacité énergétique très importante. »

Un coût de production réduit par dix en dix ans

De plus, en travaillant sur leurs procédés, les filières silicium ont permis de réduire fortement les coûts de fabrication des modules. Fin 2016, le programme de recherche de l’AIE dans ce domaine faisait état de 0,30 dollar/W chez plusieurs fabricants, soit[…]

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