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Energie : c'est 8 milliards de tonnes équivalent pétrole qu'il faut remplacer

Industrie et  Technologies
Pour notre dossier Secrets de fabrication des nouvelles énergies, Bernard Besnainou fait le point sur la maturité des sources renouvelables. Le directeur adjoint du pôle de compétitivité Capenergies dévoile les technologies les plus avancées


Industrie &Technologies : Existe-t-il aujourd'hui une alternative compétitive aux ressources fossiles ?

Bernard Besnainou : La consommation mondiale d'énergies fossiles atteint 8 milliards de tonnes équivalent pétrole par an. C'est le potentiel énergétique de 8 000 réacteurs nucléaires EPR, ou de 18,4 millions d'éoliennes de 2 MW, ou encore de 800 000 km² de panneaux photovoltaïques ! Mis à part le nucléaire et l'hydraulique, aucune énergie ne rivalise encore avec les ressources fossiles, en termes de coût et de simplicité de mise en œuvre. La diversification s'impose.


I&T : Quelles énergies renouvelables sont prêtes pour un déploiement à grande échelle ?

BB : L'éolien terrestre de grandes puissances, supérieures à 2 MW, est arrivé à maturité. En matière d'innovation, les défis de la filière portent désormais sur l'off-shore et le micro-éolien. Le photovoltaïque est au stade de la rupture technologique. Alors que la recherche explore de nombreuses voies, le silicium cristallin standard dispose de nombreuses références.


I&T : Peut-on croire, un jour, à l'émergence d'autres filières ?

BB : La biomasse s'avère très pertinente dans des réseaux de chaleur locaux. Il faut encore optimiser les coûts aux faibles puissances, entre 5 et 15 MW. Les agro-carburants sont aussi à suivre. Si la première génération est presque abandonnée, des pilotes industriels existent pour les résidus agricoles et ménagers. L'utilisation d'algues reste expérimentale. A part quelques niches, comme la sortie des bateaux des ports, la filière hydrogène complète - production, transport, stockage, utilisation - doit encore drastiquement réduire ses coûts.


IT : Vagues, courants, énergie osmotique... Le recours au vaste potentiel des mers et océans est-il une utopie ?

BB : Au pôle de compétitivité Capenergies, nous croyons surtout aux solutions thermiques, par exemple par gradient de température dans les zones tropicales. Il faut une différence d'une vingtaine de degrés entre les sources chaudes et froides. Mais la principale voie marine que nous explorons est la pompe à chaleur : une unité démarrera cette année à La Seyne sur Mer (83). Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le nucléaire aura aussi un rôle à jouer. Nous étudions, grâce aux réacteurs à neutrons rapides, le couplage du dessalement de l'eau de mer avec l'hydrogène et la production de chaleur pour l'industrie.

Pour aller plus loin : dans son numéro de mai, la version papier d'Industrie & Technologies consacre un dossier spécial aux énergies renouvelables. Il dévoile les coulisses du déploiement de deux technologies leaders : l'éolien et le photovoltaïque.

Thomas Blosseville

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