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Selon l’AIE, le captage de CO2 est indispensable pour décarboner l’industrie mais reste trop cher

Selon l’AIE, le captage de CO2 est indispensable pour décarboner l’industrie mais reste trop cher

Le projet 3D de l'IFPEN vise à capter le CO2 des fumées du site ArcelorMittal à Dunkerque. Le début des travaux est prévu en 2020.

© Maxppp

Lors d’une table ronde organisée par l’IFP Energies nouvelles (IFPEN) le 15 novembre, l'Agence internationale de l’énergie (AIE) a rappelé que la combinaison du captage, du stockage et de l’utilisation du CO2 (CCUS) est indispensable pour limiter les émissions de CO2 dans l'atmosphère, notamment dans l’industrie intensive européenne. Mais le coût de cette technologie reste trop élevé par rapport au prix du CO2.

 

Invitée à une table ronde organisée le 15 novembre par l’IFP Énergies nouvelles (IFPEN) sur le captage, le stockage et la valorisation du CO2 (CCUS), la directrice du développement durable, des technologies et des perspectives énergétiques à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Mechthild Wörsdörfer, a été catégorique : « Sans CCUS, nous ne parviendrons pas à tenir les objectifs fixés par l’Accord de Paris ni à atteindre la neutralité carbone. » Responsable de programme CCUS à l’IFPEN, Florence Delprat-Jannaud a enfoncé le clou : « Plus l'Accord de Paris tarde à être mis en place, plus l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°C tardera à être atteint, et plus le captage et le stockage du CO2 seront indispensables. »

Du charbon à l'industrie

Si les enjeux sont désormais bien compris, les stratégies différent selon les continents. « En Europe, l’attention se porte plus sur l’utilisation de cette technologie pour les industries intensives en énergie, relève M. Wörsdörfer. A l’inverse, en Asie il y a des perspectives pour le CCUS dans les centrales à charbon dans la mesure où on continue à en construire et leur durée de vie moyenne est de 12 ans. » « En Europe, c’est un changement par rapport aux années 2000, ajoute Fabrice Del Corso, expert international dans la production des gaz et l’énergie chez Air Liquide. A cette époque, nous pensions que les producteurs d’énergie avec des centrales à charbon seraient ceux qui bénéficieraient le plus du CCUS. »

Coût de captage de 20 à 150 euros par tonne

Mais capter du CO2 reste cher, alors que le CO2 lui-même ne l’est pas, souligne Florence Delprat-Jannaud : « Il faut diminuer le coût du captage de CO2 qui peut aller de 20 euros/tonne (€/t) pour des fumées très concentrées à 150 €/t pour des industries moins fortement émettrices avec des concentrations en CO2 plus faibles et la présence d'impuretés. » Or aujourd'hui, le prix du CO2 est de 25 €/t et le seuil affiché pour une rentabilité des projets associés à son captage et son stockage est au moins de 80 €/t, explique Florence Delprat-Jannaud.

Toutefois, si le prix du CO2 est un critère important pour développer la filière, il est insuffisant selon Mechthild Wörsdörfer : « Un appui des gouvernements et des financements supplémentaires sont nécessaires », souligne-t-elle.

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