Nous suivre Industrie Techno

EmTech : une dizaine de startup mises à l'honneur par le MIT

EmTech : une dizaine de startup mises à l'honneur par le MIT

Arnaud Pourredon, président et fondateur de la startup Meditect a reçu le prix de Best Tech Startup de l'année aux journées EmTech organisées à Toulouse.

© Marina Angel

La conférence EmTech Europe, organisée pour la quatrième année consécutive à Toulouse, a offert un coup de projecteur à une dizaine de startups invitées à pitcher en public et à rencontrer des investisseurs en capital-risque. Une mention spéciale pour la startup Meditect, qui décroche le titre de Best Tech Startup 2018.

La formule est dorénavant bien rodée. Sélectionnées en amont de l'évènement, 10 startups, censées représenter le meilleur de l'innovation technologique, ont été invitées à pitcher en public à l'occasion de la conférence EmTech France, organisée à Toulouse les 2 et 3 octobre par la revue du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology). Seules 9 d'entre elles ont finalement participé à cette séance de pitchs. « Parmi les principaux critères retenus pour cette sélection : le caractère innovant du projet, son impact sociétal et sa capacité à générer de l'emploi », précise Claire de Vogué, responsable marketing au sein de l'équipe d'organisation de l'événement. Au programme : blockchain, IA, nouvelles mobilités et foodtech. A l'arrivée, un joli coup de projecteur pour les startups amenées à présenter leurs projets devant un public international de chercheurs, entrepreneurs et investisseurs, réunis pour l'occasion à Toulouse. Pour cette nouvelle édition, ce Start&Meet up, événement dans l'événement, n'était plus réservé aux seules startups françaises. Parmi les lauréates de ce cru 2018, on dénombre deux sociétés américaines, une allemande, une britannique et une suédoise, avec en clôture la remise d'une mention spéciale, Best Tech Startup de l'année, à la toute jeune société bordelaise Meditect.

La blockchain contre la contre-façon de médicaments

« Nous avons su transformer en opportunité ce qui était initialement perçu comme u ne nouvelle contrainte par les laboratoires pharmaceutiques », résume Arnaud Pourredon, qui a fait le choix d'interrompre ses études de médecine pour développer son projet. Une nouvelle réglementation européenne impose à partir de février 2019 aux laboratoires de marquer chaque boîte de médicaments d'un numéro de série unique. Qu'à cela ne tienne, Meditect utilise ce numéro pour permettre, via une application qui utilise les technologies de la « blockchain », de garantir une traçabilité tout au long de la chaîne de distribution du produit. L’interopérabilité permet aux professionnels de santé et aux patients d'accéder à des bases de données décentralisées, sécurisées et partagées. « Un outil très concret de lutte contre la contre façon », se félicite Arnaud Pourredon. Créée en mars dernier, Meditect, qui démarre ses activités avec une équipe de 5 salariés, vient d'ouvrir un bureau à Paris et démarre en mode pilote avec plusieurs laboratoires pharmaceutiques français pour du suivi de médicaments exportés en Afrique de l'Ouest.

L'Intelligence Artificielle en pole position

Outre la technologie blockchain, l'Intelligence Artificielle (IA) a aussi fait une entrée remarquée dans la sélection 2018 du Start&Meet up avec des applications très diverses. La société américaine Bayes Impact est venue présenter son projet de développement de services sociaux capables de mieux personnaliser leurs interventions grâce à des algorithmes d'IA, tandis que pour une autre startup américaine, Biggerpan, l'IA permet de faciliter la vie quotidienne des consommateurs en anticipant sur leurs besoins. De son côté, la startup toulousaine EarthCube développe des solutions basées sur des modèles mathématiques et des algorithmes d'IA pour proposer de l'analyse automatique d'images satellitaires et d'images issues d'autres systèmes d'observation (photos aériennes, cartes, video...), pour des services applicatifs de surveillance d'infrastructures industrielles. Créée en 2016, la société entre en phase de déploiement de ses premières solutions. Egalement lancée en 2016, Hubware, spécialisée dans les solutions pour le e-commerce, développe des assistants digitaux qui utilisent des modes d'apprentissage automatique, capables de travailler en solo ou en tandem avec des opérateurs pour améliorer la qualité de la relation client et décharger les conseillers des tâches répétitives. La technologie développée par la société permet d'identifier des questions qui reviennent souvent, d’automatiser les réponses qui peuvent l’être et de suggérer aux conseillers des réponses plus personnalisées. Basée à Paris, la société vient tout juste de boucler une levée de fonds de 1,4 million d'euros qui va lui permettre d'accélérer le déploiement de ses solutions. Créée en 2017, ViiBe Communication, qui a intégré Station F à Paris en avril dernier, développe une solution de téléassistance augmentée. Accessible en un clic et sans téléchargement, la solution intègre toute une palette d'outils collaboratifs et de la réalité augmentée, pour une collaboration dynamique et à distance entre l'expert et son interlocuteur. L'interlocuteur peut échanger de vive voix avec un conseiller technique, tout en lui montrant exactement le problème qui se pose grâce à la caméra de son smartphone. De son côté, le conseiller va pouvoir le guider visuellement en retour. Plusieurs grands groupes industriels ont déjà été séduits, dont Total pour des interventions de maintenance sur des plateformes en mer ou Bouygues Construction pour du suivi de chantier à distance.

Transports et mobilité

Transports et mobilité n'étaient pas en reste dans cette sélection internationale de startups. La société suédoise AddMovement est ainsi venue présenter l'AddSeat, son nouveau concept de fauteuil roulant, électrique et doté d'une base gyroscopique. Très compact et positionné sur deux roues, le fauteuil permet d'accéder à des endroits parfois difficile d'accès aux fauteuils classiques (traversée d'une zone ensablée, ou enneigée). Une fonction permet d'accélérer ou de freiner par simple déplacement du buste et une fonction « stationnement » améliore la stabilité du véhicule à l'arrêt. La startup allemande Unu, créée en 2013, a aussi fait le déplacement à Toulouse pour vanter les mérites de ses scooters électriques de 50 cm3, commercialisés en vente directe sur internet. Equipés d'une batterie portable qui permet une recharge à partir de n'importe quelle prise électrique, il est aussi doté d'un système de récupération d'énergie au freinage. Après son lancement sur le marché allemand, ce scooter fait son entrée sur les marchés français, hollandais, suisse et autrichien.

Une alternative aux bouteilles en plastique

La foodtech de l'étape, la société londonienne Skipping rocks, créée en 2014, a mis au point une membrane biodégradable et parfaitement comestible à base d'algue, qui permet d'encapsuler en petite quantité (de l'ordre de quelques décilitres) de l'eau, mais aussi du ketchup, de la mayonnaise, des sauces et pourquoi pas des cosmétiques. Un nouveau concept de packaging, baptisé « Ooho », qui s'annonce clairement comme une alternative aux bouteilles en plastique. Après deux ans de développement, les premiers prototypes ont été testés. Reste maintenant à passer à l'échelle industrielle.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

L'intelligence artificielle pour viser le flux tendu

Focus

L'intelligence artificielle pour viser le flux tendu

Du pilotage de la production à la maintenance prédictive des équipements, l’intelligence artificielle s’immisce dans[…]

"Donner plus d'intelligence aux machines"

Dossiers

"Donner plus d'intelligence aux machines"

Les systèmes cyberphysiques s'autonomisent

Dossiers

Les systèmes cyberphysiques s'autonomisent

L'intelligence nomade

Analyse

L'intelligence nomade

Plus d'articles