Nous suivre Industrie Techno

EMO 2005 : la machine-outil touchée par le pragmatisme

Industrie et Technologies
Marquée par une affluence soutenue, la principale manifestation mondiale des équipements de production, qui se tenait à Hanovre la semaine dernière, a mis en avant les solutions qui réduisent les coûts de production. Sans fio

Même si la conjoncture Outre-Rhin n'est pas brillante, l'industrie allemande ne baisse pas les bras et continue à se déplacer en masse à l'EMO. Autre bonne surprise : la bonne santé des constructeurs de machines-outils dont certains n'ont pas hésité à s'exposer sur des stands "à l'allemande : Kolossaux", à l'image d'un Mori Seiki, d'un Yamazaki ou de DMG qui occupait à lui seul presque la totalité du hall 2.

Côté technologique, pas de révolution importante mais une série d'améliorations ponctuelles qui vont toutes dans le même sens : doper la productivité et baisser les coûts pour contrecarrer la concurrence des pays à bas coût de main d'œuvre. L'automatisation revient ainsi sur le devant de la scène. Ces installations automatisées mettent souvent en œuvre des processus multiples comme le démontre le système Foba Vario S50 de Mitsubishi Electric qui regroupe une machine d'électroérosion, un équipement de marquage laser et un magasin pour les pièces à usiner mis au point par Erowa. Ce dernier, baptisé MultiTwin, améliore selon le constructeur de 52 % le temps d'usinage.

C'est ainsi que l'on revient aux cellules flexibles, qui pourvues de composants mécaniques, électroniques et logiciels dernier cri font merveille. Chiron a ainsi réunit quatre machines dans une cellule robotisée baptisée Quatrocell, qui allie flexibilité et productivité avec un temps de changement d'outil copeaux à copeaux de 0,5 s. C'est l'approche choisie également par Heller pour sa cellule RFK 300 destinée à l'usinage des vilebrequins qui dispose d'un système de chargement/déchargement efficace ou par Hermle avec sa machine C20UP dotée d'un système de palettisation original. Annoncé à 160 000 euros, ce dernier transforme la cellule en un équipement qui peut travailler jour et nuit, en usinant les pièces sur leurs six faces et en changeant même de dispositif de prise de pièce… Responsable marketing d'Hermle, Udo Hipp indique que : ' la première livraison de cette solution sera réalisée en novembre chez un fabricant de petites pièces pour la chirurgie '.

Autre équipement performant dans la panoplie de Cross Huller : le Twin Flex MD, un système qui dispose de 2x2 broches et d'un magasin d'outil de 32 places par broche et peut usiner de A à Z un cube de 300 mm de coté. ' Plus de 300 000 pièces peuvent être usinées avec ce système par an ', indique Nicolas Laplaige. Pour améliorer encore la productivité de cette solution, le constructeur prévoit l'installation d'un robot de chargement/déchargement sur un portique. Doté de deux pinces pour les pièces finies et de deux autres pour les pièces brutes, ainsi que d'un convoyeur la future installation remplace selon le spécialiste allemand pas moins de cinq centres d'usinage. Avec un seul opérateur pour piloter l'ensemble, l'économie est loin d'être négligeable.

Dixi, dont le nom est synonyme de très haute précision, car ses machines s'installent dans des salles climatisées, a cherché les gains de productivité dans tous les coins et les recoins. Résultat : une machine, la DHP 50 CPC, qui assure des états de surface proches de la finition manuelle et qui élimine le préréglage des outils grâce à un système adapté. Cet équipement de 600 000 euros peut travailler jour et nuit grâce à un magasin de pièces brutes modulaire qui peut recevoir des pièces de taille, forme et poids différents. Flexibilité et encours réduits sont ici au rendez-vous.

Les constructeurs français ne sont pas absents de la bataille contre les temps improductifs comme le démontrait Huron avec deux nouveaux modèles de la famille K2X, le 20 et le 10 Five (5 axes), destinés aux pièces de forme complexe. Parmi leurs atouts : une dynamique élevée et la possibilité d'usiner des métaux difficiles comme les aciers rapides 65 Hrc. Ou Realmeca, le maître de petits centres d'usinage à grande vitesse 5 axes très précis qui exposait sur le stand de son partenaire allemand Spinner une nouvelle machine, la RM7H. Une petite machine qui s'inscrit dans l'air du temps. En effet, la miniaturisation de produits pose un problème aux utilisateurs de machines-outils : comment fabriquer des pièces de plus en plus petites avec des machines dont la taille n'est pas ou plus adaptée ?

D'autres constructeurs ont donc montré à l'EMO qu'ils ont bien reçu ce message. A l'instar de Makino avec ses petites machines dédiées aux micro-usinages comme l'Hyper 2J qui peut percer 3 800 trous sur une petite plaque d'acier. La Pyramid Nano de Kern s'inscrit elle aussi dans cette miniaturisation rampante avec des usinages d'une précision de +/- 0,3 mm. Même Yamazaki s'est penché sur ce problème en donnant naissance aux machines de la série UN qui ne mesurent que 695 mm de large. Etonnante enfin, la micromachine d'électroérosion à cinématique parallèle Delta 3 développé par Agié en collaboration avec le Laboratoire de robotique de l'EPF de Lausanne. Les structures parallèles brillaient d'ailleurs par leur absence, à quelques exceptions prés comme un nouveau modèle chez DS Technologies qui reprend sa tête Sprint ou le prototype de recherche présenté par l'Institut Fraunhofer. Willemin-Macodel a préféré décaler la présentation de sa machine à structure hybride Hita-Dtr, un des meilleurs concepts du marché.

Les outils de FAO se perfectionnent avec la généralisation des modules permettant le passage automatique du 3 axes au 5 axes, le fraisage 3D, la gestion du posage multipièce, la simulation de la machine-outil, voire la mise au point des solutions destinées aux machines multifonctions comme le démontre le Top Solid Cam 2006 de Missler, le Work NC de Sescoi, l'Esprit de DP Technology, le GibbsCam de Gibbs, les NX Machining et NX Tooling d'UGS en sont quelques exemples. Sescoi propose également des stratégies d'usinage adaptées aux matériaux durs, comme l'ébauche trochoïdale adaptative et le tréflage. Foule de nouveautés chez Delcam aussi : module 2D très efficace, méthodes de perçage automatiques, stratégies d'usinage de finition 3D et de fraisage d'ébauche en plongée (tréflage) évoluées…

Même évolution pour les commandes numériques. La 840D de Siemens se métamorphose en une solution PC, la 840Di sl, qui intègre le réseau Profinet et la technologie client léger, tandis que GE Fanuc améliore l'interface homme-machine et que Num poursuit le développement de solutions dédiées pour sa commande Axium Power, comme celle destinée à la rectification cylindrique et de surfaces.

Enfin, améliorer la productivité ne serait pas possible sans un effort sensible pour prolonger la vie des outils de coupe. Surtout dans les usinages à grande vitesse. Outils diamantés pour Dixi, capables d'usiner les fontes pour Seco, d'alésage tangentiel chez Mapal, revêtement d'une nouvelle race pour Balzers, fraise adaptée aux usinages rapides chez Mitsubishi, fraises à revêtement nano pour Hitachi Tool, forets pour minipercages de précision… il y a en a pour tous les goûts et surtout, les besoins…

Mirel Scherer

Pour encore plus de détails reportez vous au numéro d'Octobre d'Industrie & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

[Vidéo] Naïo Technologies veille au grain avec son robot Dino

[Vidéo] Naïo Technologies veille au grain avec son robot Dino

Pour désherber, biner et assister la récolte, l’entreprise française Naïo Technologies a développé des[…]

De l'Alfa Romeo 8C à la Ford Mustang de Fast & Furious 6

C’est pas nouveau, quoique !

De l'Alfa Romeo 8C à la Ford Mustang de Fast & Furious 6

+ grand + précis + rapide   : l'impression 3D repousse ses limites

Dossiers

+ grand + précis + rapide : l'impression 3D repousse ses limites

Les promesses de l'impression 3D métallique

Les promesses de l'impression 3D métallique

Plus d'articles