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Embodme, le corps comme instrument

Floriane Leclerc
Embodme, le corps comme instrument

Les cameras intégrées à Embodme captent les gestes et les retranscrivent en sons.

© Industrie et technologies

L'interface musicale numérique Embodme permet de jouer de la musique sans instrument, juste avec des gestes. Son inventeur, le doctorant Edgar Hemery, présentait cette technologie surprenante jeudi 6 juillet lors du ParisTech Research Day, organisé par les Mines ParisTech à l'occasion du cinquantenaire de la création de sa structure dédiée à la recherche partenariale, Armines.
 
 

Jouer de la musique intuitivement, en laissant parler son corps plutôt qu’en suivant (trop) sérieusement une partition. L’idée d’Edgar Hemery, doctorant au centre de robotique de MinesParisTech, pourrait séduire plus d’un DJ. Baptisée “La Table”, l’interface numérique de musique expressive qu’il a développée entend valoriser l’importance du geste dans la performance musicale. Plus besoin de manier curseurs, souris ou boutons en tous genres pour produire et moduler le son, il suffira de tapoter, caresser, pianoter sur l’interface… En somme, de manipuler les sonorités. “Le but est de gagner en liberté et en fluidité”, se réjouit ce musicien de la première heure.

Gérer la réverbération

Comment ? Concrètement, le mécanisme repose sur deux niveaux d'interactions. Tout d’abord, un système de reconnaissance des gestes de la main à partir d’une camera stéreoscopique, logée dans le caisson de la table. En pianotant sur la surface vitrée, le musicien génère ainsi des sons de synthétiseur variés, dont il peut d’ailleurs contrôler les accords avec la main droite et les effets avec la main gauche. A un second niveau, une camera kinect, placée devant lui, capture plus largement le mouvement du corps : que le musicien avance et le son fuse sec ; qu’il recule, et il se dégrade. “Cela permet en fait de gérer la réverbation”, précise le jeune homme. Micro-gestes et macro-gestes sont ensuite unifiés par mapping, un procédé permettant de faire correspondre deux modèles de données, et transformés en son.

Adopté en 30 minutes

Dans la grande salle de l’école des Mines, où les visiteurs peuvent tester cette surprenante technologie, les premiers essais, s’ils font sourire, s’avèrent pour l’instant peu concluants. Et pour cause : “il est assez difficile de s’y repérer et de savoir ou placer ses mains. Cela demande une certaine dextérité, reconnaît l’inventeur. Mais le système reste tout de même très intuitif. Il ne faut pas plus de 30 minutes à un novice pour apprendre à s’en servir”. A terme cependant, le système semble davantage destiné aux professionnels. “L’objectif désormais, c’est de le développer avec les artistes et de le personnaliser selon leurs attentes”, révèle le jeune homme qui, en attendant de monter sa start-up, envisage déjà des collaborations avec des poids lourds de la scène electro cette année.

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