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[Portrait] Amélie Cordier inculque la curiosité aux machines

Floriane Leclerc
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[Portrait] Amélie Cordier inculque la curiosité aux machines

Amelie Cordier est directrice scientifique d'Hoomano, start-up spécialisée dans les robots sociaux.

© Guittet Pascal

Chercheuse et directrice scientifique de la start-up Hoomano, Amélie Cordier développe des intelligences artificielles capables d’apprendre par elles-mêmes de leur environnement. Implantée dans des robots sociaux, la technologie vise à améliorer les interactions homme-machine.

Apprendre aux machines à apprendre. C’est l’étrange défi que s’est lancé Amélie Cordier. Directrice scientifique de la start-up Hoomano, qui développe des logiciels pour robots sociaux, cette chercheuse en intelligence artificielle (IA) travaille à améliorer les interactions hommes-machines en inculquant aux deux robots Pepper qui l’entourent la curiosité.

« Il s’agit de fabriquer des IA dont l’efficacité reposera moins sur l’entraînement qu’elles auront reçu grâce à des méthodes comme le deep learning que sur leur capacité à apprendre par elles-mêmes les connaissances dont elles auront besoin pour évoluer dans leur environnement », explique Amélie Cordier. Si ses IA comportent un système de prédiction classique qui permet au robot d’atteindre des buts fixés, il s’y ajoute une motivation intrinsèque. « Une forme de curiosité qui pousse le robot, une fois ses objectifs remplis, à délaisser les situations désormais familières au profit de nouvelles qui lui permettront d’apprendre davantage. »

La chercheuse s’est intéressée à cette approche dite développementale assez tardivement, alors qu’elle enseignait à l’université Lyon 1 et au Laboratoire d’informatique en image et systèmes d’information (Liris). « Quand j’ai effectué ma thèse en IA, il s’agissait encore d’une IA orientée vers la représentation des connaissances et le raisonnement. J’ai élargi mon approche en découvrant les travaux d’un collègue. »

IA développementale

À l’époque, l’IA développementale était perçue par certains comme avant-gardiste. « Pourtant, en 1950, Alan Turing se demandait déjà si, pour reproduire le fonctionnement d’une intelligence humaine, il ne serait pas plus astucieux de programmer une intelligence proche de celle d’un enfant puis de l’éduquer, plutôt que de reproduire directement celle d’un adulte », résume-t-elle.

Séduite par cette dimension bio-inspirée, Amélie Cordier s’attache pendant quatre ans à mettre en œuvre ses modèles dans des simulations numériques. En 2017, elle rejoint Hoomano. Aujourd’hui, elle codirige Behaviors.ai., le laboratoire commun entre cette start-up lyonnaise et le Liris. La structure vise à transférer les résultats de la recherche fondamentale dans des applications grand public pour la robotique. Implémenter ses modèles dans des robots permet à[…]

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