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EDS ouvre le capital d'EDS PLM Solutions

Industrie et Technologies
EDS souhaite se désengager de sa division PLM Solutions en ouvrant une part minoritaire de son capital à des investisseurs qui restent à trouver. Une nouvelle volte-face dans une histoire déjà compliquée.

Les rumeurs allaient bon train depuis l'annonce en juin dernier du recentrage d'EDS sur ses activités de services et d'infogérance. Quid dans ces conditions de l'avenir d'EDS PLM Solutions ? Filialisation, cession … ?

EDS vient de lever une partie des doutes sur le futur de ses activités dans le domaine du PLM. Il a en effet annoncé qu'il étudiait actuellement deux possibilités afin d'ouvrir une part minoritaire du capital de cette activité. Soit laisser entrer un ou plusieurs investisseurs, soit proposer des actions en bourse.

En tout état de cause, EDS ne semble donc pas décidé à céder l'ensemble de cette activité, puisqu'il n'évoque que la mise en vente d'une partie minoritaire du capital. Notons toutefois qu'il se donne bien garde de donner un pourcentage. On peut toutefois penser quelle se situerait aux alentours de 15 à 20 %, car il avait déjà fait de même avec Unigraphics à hauteur de 14 %. Reste aussi à savoir quelle serait sa réaction si une offre raisonnable lui était faite pour la totalité ?

Lorsque 1 + 1 fait moins que 2

Cette mise sur le marché oblige EDS à donner des chiffres sur ses activités PLM. Ainsi apprend-t-on que EDS PLM Solutions aurait réalisé un chiffre d'affaires de 879 millions de dollars en 2002 et engrangé un bénéfice d'exploitation de 138 M$.

Ce chiffre d'affaires est nettement plus faible que les 1,1 milliard habituellement attribués par les analystes et même plus faible que les 978 M$ de chiffres d'affaires cumulés annoncés lors du mariage en mai 2001, sous la bannière EDS PLM Solutions, de SDRC et d'Unigraphics. Mais depuis la crise est passée par là et EDS PLM Solutions est passé de 5,1 % des revenus globaux d'EDS en 2000 à 4,1 % en 2002. Fâcheux pour une activité qui était présentée à l'époque comme stratégique par EDS.

Le temps où l'on clamait la synergie qui allait être mise en place entre les activités de services d'EDS Classic et d'éditeur d'EDS PLM Solutions semble bien loin.

Tony Affuso, CEO d'EDS PLM Solutions, dit maintenant que : 'cette initiative va nous donner plus de dynamique et plus de réactivité face aux évolutions et aux exigences du marché. Nous allons pouvoir nous appuyer sur notre cœur de métier et nous affirmer en tant que fournisseur de logiciels indépendant vis-à-vis de nos clients.'

Il tempère toutefois son propos libérateur en affirmant : 'dans le même temps, nous continuerons à bénéficier du support et de l'expertise d'EDS dans le domaine des services. Nous sommes dans une logique d'un scénario gagant-gagant '. Cela ne cacherait-il pas plutôt le constat d'un semi-échec d'une complémentarité qui n'a jamais correctement fonctionné ?

Et si, au-delà de ces discours marketing aussi changeants que le sens du vent, EDS cherchait tout bonnement à vendre ses activités PLM pour éponger une partie de ses pertes ?

Quels pourraient alors être les acheteurs potentiels ?

- Des petits porteurs ? Mais ont-ils encore des liquidités et surtout la volonté d'aller vers des valeurs technologiques après l'implosion de la bulle Internet.
- Des financiers ? Il y a alors fort à parier qu'ils vont tailler dans les dépenses pour augmenter la profitabilité, au détriment des employés et de la R&D, et donc à long terme des clients.
- Des acteurs du monde de l'informatique ? Comme on ne prête qu'aux riches on pense tout de suite à Oracle, Microsoft ou SAP. Mais ce serait alors se fâcher avec IBM/Dassault Systèmes en les concurrençant directement, alors que tous travaillent ensemble.

Et les clients dans tout cela ? Ils souhaitent avant tout avoir à faire à des interlocuteurs stables capables de s'engager à leurs côtés sur le long terme. Cela est-il possible dans un contexte aussi souvent évolutif ?

Une fois de plus dans son histoire, Unigraphics se voit ballotté par les événements sans être vraiment maître de son destin. Dommage pour cette solution performante.

Jean-François Prevéraud

Pour plus de renseignements
-Consulter le site internet à l'adresse : http://www.eds.com

 

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