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Editorial : 4 chiffres glanés au Mondial qui en disent long sur le futur de l'automobile

Thibaut De Jaegher

Mis à jour le 04/10/2014 à 12h51

2 commentaires

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- 01/10/2014 11h:37

"L'erreur serait de croire qu'il dépend de ruptures technologiques" écrivez vous! C'est totalement Faux! Une batterie permettant 800 Km d'autonomie avec tous les accessoires et pour un coût acceptable permettrait au contraire un usage identique aux voitures thermiques actuelles. Que les usages évoluent c'est autre chose. Curieux comme la rupture envisageable en matière de batteries n'est jamais considérée? Sous quelles influence conservatrices? DL

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- 03/10/2014 19h:12

Disons que la rupture technologique dans le domaine de la batterie semble moins probable du fait des investissements et des Chiffres d'affaire dans le secteur versus ceux dans l'automobile à moteur à explosion... Et encore il faudrait sans doute regarder les chiffres en détails, car l'industrie solaire / Eolienne vont sans nul doute pousser pour le chiffre d'affaire du secteur des batteries.

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Editorial : 4 chiffres glanés au Mondial qui en disent long sur le futur de l'automobile

La marque DS, qui présente au salon de l'automobile de Paris le concept Divine, développe d'abord ses voitures pour le marché chinois. Une tendance lourde qui va modifier durablement les stratégies d'innovation de tous les constructeurs.

© DR

Alors que s'ouvre le Mondial de l'automobile de Paris, Industrie & Technologies dresse le futur de l'automobile en s'appuyant sur 4 chiffres emblématiques de la voiture d'aujourd'hui, mais surtout riches d'enseignement pour son avenir.

1. 95 grammes
Ce chiffre, c'est évidemment le niveau d'émissions de CO2 que la Commission européenne a fixé pour objectif aux constructeurs. D'ici 2020, ils devront commercialiser un parc respectant (en moyenne) ce seuil. Cet objectif a un impact majeur sur le développement des nouveaux modèles. La tendance au downsizing des moteurs (réduction de cylindrée), la chasse aux kilos en trop et l'avènement de voitures plus dépouillées sont la conséquence directe de cette injonction bruxelloise. Si les puristes des grosses mécaniques regrettent ces changements, force est de constater qu'ils ont poussé les constructeurs à relancer leur machine à innover. De la «light weight strategy» d'Audi à la Cactus, voiture essentielle signée Citroën, en passant par le développement des motorisations hybrides, les centres R&D des industriels ont sans doute plus fait bouger l'automobile ces dernières années que les 30 années précédentes. Et ce n'est pas fini ! Les réglementations ne cessant de se durcir, les ingénieurs sont condamnés à la résolution du nouveau théorème de l'innovation (symbole : i) automobile : i=CO2 !

2. 40 % digital
Le numérique représente désormais 40% de la valeur d'une automobile moderne. En incluant le hardware et le software, les systèmes embarqués sont devenus des éléments stratégiques pour contrôler moteurs, freins, roues...
Si le poids des logiciels et de l'électronique est déjà important, il devrait encore progresser. A l'heure où fleurissent les projets de voiture autonome et connectée, les prochains champs d'innovation se trouvent sur le terrain de l'automatisation et de «l'entertainment». Et là, les constructeurs se font bousculer par Google (avec son Android), Apple (avec son Carplay) ou Microsoft (et son Windows in the car). S'ils apparaissent désormais comme des partenaires incontournables de la numérisation de la voiture, ils sont aussi de nouveaux concurrents pour les constructeurs. L'enjeu pour ces derniers est de réussir à embarquer ces nouvelles technologies dans l'habitacle sans perdre le contrôle de leur destinée, c'est-à-dire le lien avec le client.

3. 100 millions d'unités
Dans trois ans, il se vendra 100 millions de voitures par an dans le monde. Essentiellement en Asie. Ce basculement (la Chine est déjà le premier marché mondial) va continuer à modifier profondément la stratégie d'innovation des constructeurs. La manière de conduire, le regard porté sur le design, les usages de l'automobile dans ces régions de l'Extrême-Orient (souvent embouteillées) sont très différentes des nôtres. Comme le montre PSA avec sa marque premium DS, on verra de plus en plus de modèles conçus spécifiquement pour ces régions.

4. 2 (grosses) usines
La voiture électrique a un avenir... de niche. Si l'on regarde les statistiques de vente à l'échelle du globe cette année (on prédit 800 000 voitures 100 % électrique vendues), ce segment ne chargerait «que» 2 grosses usines. La question n'est donc pas de savoir si la voiture électrique a un avenir (ce sera le cas) mais bien quel sera l'ampleur de son développement. L'erreur serait de croire qu'il dépend de ruptures technologiques. En l'espèce, comme l'a montré Bolloré avec son système Autolib, le véritable enjeu est celui des usages. Pour se jouer des désavantages compétitifs que présente toute voiture zéro émission (le coût et l'autonomie), l'innovation se niche donc plutôt dans les services.

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