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EDF tenu d'améliorer la sécurité de ses centrales

EDF tenu d'améliorer la sécurité de ses centrales

Inspecteur de l'ASN sous un GV de la centrale de Tricastin

© DR : http://sciences.blogs.liberation.fr

Des militants de Greenpeace se sont introduits, mardi 18 mars vers 6 heures du matin, sur le site de Fessenheim (Alsace). Par cette action, ils entendent montrer les risques liés à l’énergie nucléaire en France. Au-delà des risques d’attentat terroriste, l’accident de Fukushima a pourtant permis au nucléaire français de revoir à la hausse ses exigences en matière de sécurité, qui devraient intervenir dans les travaux à entreprendre pour la prolongation de la durée de vie des centrales.

En pénétrant une nouvelle fois mardi 18 mars au matin dans la centrale de Fessenheim, la plus vieille en France, les militants de Greenpeace voulaient pointer du doigt le manque de sécurité des centrales nucléaires françaises. Selon la direction d’EDF, l’intrusion des militants n’a pourtant pas remis en cause « ni la sûreté, ni la production » de la centrale, tandis que le renforcement de l’arsenal juridique sur la protection des sites dans le cadre de la loi de programmation militaire devrait de son côté permettre d’améliorer les capacités de protection des sites nucléaires. Toutefois, au-delà des risques liés aux actions terroristes, l’action des militants de Greenpeace veut mettre en avant l’ensemble des problèmes de sécurité liés au nucléaire. Comment faire face à des séismes, inondations ou tempêtes d’une puissance dépassant celle considérée lors de la conception des centrales ? Suite à la catastrophe de Fukushima Daichi en mars 2011, de nouvelles prescriptions de sécurité ont été imposées à EDF en juin 2012 par l’ASN. L’électricien doit mettre en place dans les années qui viennent un « noyau dur », dont le concept vise à disposer autour de la centrale des équipements assurant les fonctions vitales pour la sécurité en cas de d’événement extrême. Il comprend un centre de crise bunkerisé, un générateur diesel d’ultime secours ou encore une source ultime d’eau froide (voir schéma). EDF a également mis en place une Force d’action rapide nucléaire, la Farn, dotée des moyens adaptés.

Une démonstration de force de l’ASN et l’IRSN

Plus récemment, le 21 janvier 2014, l’ASN a adopté 19 décisions fixant des exigences complémentaires pour la mise en place du « noyau dur » sur les centrales nucléaires. Si la réaction des acteurs du nucléaire français suite à l’accident de Fukushima est à saluer, le blog Sciences au carré note cependant que les nouvelles exigences décrétées le 21 janvier ont demandé d’âpres discussions entre EDF, l’ASN et l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Celui-ci a qualifié d’ « insuffisante » la stratégie de gestion d’un début d’accident proposé par EDF dans un rapport paru le 13 décembre 2012, resté non public jusqu’au 3 février 2014. EDF avait en effet d’abord opté pour une ouverture volontaire du circuit primaire pour refroidir la cuve du réacteur en cas d’accident. Puis préconisait de piéger le césium radioactif avec des soupapes et des filtres à sable. Selon l’IRSN, la solution ne permet pas d’éviter la fusion du cœur du réacteur. L’institut a donc proposé d’utiliser des générateurs de vapeur (GV) pour refroidir le cœur des réacteurs et éviter leur fusion, en rejetant la vapeur des GV, non contaminée, dans l’atmosphère. EDF doit donc durcir l’alimentation électrique et en eau froide des GV en conséquence. En outre, EDF devra revoir la conception des radiers situés en dessous de la cuve du réacteur pour qu’elle résiste à la chute si elle devait être percée. Des propositions auxquelles s’est rallié EDF, et qui sont autant de travaux qui s’inscriront en plus pour la prolongation de la durée de vie des centrales.

 

Schéma du "noyau dur" décidé pour les centrales nucléaires

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