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Ecologie industrielle : le coup de pub de Veolia et Lesieur

Industrie et  Technologies
Le géant de l'environnement et le spécialiste des huiles alimentaires s'associent autour d'un projet d'écologie industrielle. Le principe : récupérer les huiles usagées pour alimenter une usine de fabrication de biocarburants. Un contrat plus marketing qu


Annoncé le 15 octobre lors d'une conférence de presse dans une salle louée au ministère de l'environnement, le contrat exclusif Ecopack qui lie Veolia et Lesieur est présenté comme l'un des premiers projets d'écologie industrielle en France. Stanislas Dupré, directeur général d'Utopie, une agence de conseil spécialisée dans le développement durable, résume ainsi ce concept : « l'écologie industrielle consiste à passer d'une économie linéaire à une économie circulaire ». En clair, les déchets de certaines entreprises deviennent les ressources d'autres. Assez nouvelle en France, l'écologie industrielle existe depuis quelques années, notamment au Danemark.

Avec Ecopack, Veolia Propreté (via Sarp Industries) s'engage à récupérer les huiles alimentaires usagées (HAU) de la marque Frial Excellence, l'huile de friture de Lesieur, pour les transformer en biodiésel dans une usine en cours de construction à Limay (78). Précisions qu'à cause du caractère polluant de ces huiles, leur collecte est obligatoire pour les restaurateurs.

L'usine, dont la capacité de production annuelle sera de 60 000 tonnes, doit démarrer en 2009 et produire la première année 20 000 tonnes de biodiésel. Les HAU proviendront d'Ecogras, la filiale collectrice des HAU de Veolia Propreté, mais aussi d'autres collecteurs. En cas de besoin (collecte d'HAU insuffisante), elle pourra être alimentée par des huiles non usagées, « en complément minime et dans le cadre de l'agrément ministériel », précise Fabrice Lefebvre, directeur général d'Ecogras.

Augmenter la collecte de 10 %

Actuellement, Ecogras facture 20 euros aux restaurateurs le ramassage de leurs bidons de 150 litres d'HAU. Elle les expédie ensuite à l'étranger pour l'étape de valorisation des huiles, après un pré-traitement en France. Ecopack va désormais offrir la gratuité de la collecte aux utilisateurs de la marque Frial Excellence, et seulement à eux. Pour Veolia Propreté, cela devrait permettre d'augmenter les volumes collectés. En 2008, ils s'élevaient à 11 000 tonnes. « Nous espérons collecter 1 000 tonnes supplémentaires », indique Fabrice Lefebvre.

Pour Lesieur, ce partenariat est intéressant car exclusif. Signé pour un an, il devrait être reconduit chaque année. Les 20 euros d'économisés par bidon d'HAU pourraient inciter nombre de restaurateurs à passer à l'huile Frial. En effet, quelle que soit la société collectrice, le ramassage est le plus souvent payant. « La collecte gratuite se développe de façon sporadique, mais elle coûte trop chère pour perdurer de façon rentable », affirme Jean-Marie Vidal, fondateur de Neobiol, une entreprise de collecte des HAU.

Suivant la périodicité, les volumes, et la société collectrice, le restaurateur doit donc pour l'instant débourser entre 15 et 30 euros par bidon d'huile usagée. Lesieur vend environ 70 millions de litres d'huile de friture par an. « Avec Ecopack, nous nous sommes fixés de vendre 1 million de litres supplémentaire sur la première année », indique David Garbous, directeur des ventes restauration hors foyer de Lesieur. « Les volumes gagnés devraient couvrir les frais liés à la collecte gratuite », précise-t-il.

Lesieur favorisé

Au final, ce projet offre une opportunité à Lesieur d'augmenter sa clientèle professionnelle, mais n'apporte rien de nouveau sur le plan de la valorisation des déchets. La décision de construire une usine de production de biodiésel à partir des HAU avait déjà été prise en 2006. Mais en favorisant les clients d'une seule marque, Veolia Propreté est plus au service de Lesieur "qu'au service de l'environnement", puisque Ecopack ne va inciter qu'une partie des restaurateurs à participer au recyclage des huiles.

Alors que l'écologie industrielle peine déjà à s'imposer en France, pas sûr que ce partenariat, essentiellement marketing, vienne à son secours. Seul point positif : cette idée pourrait faire boule de neige. « Ecopack fera bouger les choses. La logique, c'est qu'un autre acteur lance la même chose, et que cette pratique devienne classique », espère Stanislas Dupré.

Sonia Pignet

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